jeudi 12 février 2009

Rapid'Chili & Rapa Nui



Oulaaa! je me suis fais severement redresser les bretelles par un paquet d'entre vous pour cause de pas de nouvelles pendant un petit bout de temps...
Alors, sachez que :
- Je suis tres flatte que vous soyez si ferus de mes nouvelles
- Internet, dans les iles, c'est rapide comme un corail Limoges-Perigueux
- Trop de choses a voir en trop peu de temps: Je profite un max.
- Trop de merveilles et peu de mots pour les exprimer

Allez, je m'y essaye quand meme maintenant que j'ai 2 minutes...


Vendredi 6/02 - Lundi 9/02

Iquique : Ville de peu d'intérêt touristique si ce n'est sa plage grouillante de monde. Ce lieu doit être sympa à vivre car, a partir de 18h, sortie de boulot, tout le monde se rejoint sur le sable pour s'amuser dans les rouleaux, se bronzer les fesses au soleil et déguster une glace vendue par les innombrables vendeurs ambulants .
On est loin du périph' et de l'heure et demi de bouchons pour revenir après 10 heures de clavier AZERTY... A bon entendeur, salut.

Je prends quelques heures de cours de surf avec, entre autre, des gamins de moins de 10 ans qui se démerdent mieux que moi (les p'tits cons). Je bois quelques tasses aromatisées a la méduse (elles pullulent ici) mais je pige assez vite et arrive a grimper sur le "longboard" en peu de temps. J'adore, je pourrai rester des heures a me faire brasser par les rouleaux, ca me rappelle mon enfance a Saint Malo!


Mardi 10/02 - Vendredi 13/02

Je m'envole pour Santiago ou je retrouve Ségo, une voisine de beautiful Saint Nom la Breteche qui habite la bas avec son mari, Tuca, et ses 3 superbes enfants. Ils sont en plein cartons car ils retournent en bloc pour de vrai dans 2 semaines au pays des grèves de taxi, du saucisson a l'ail et de Mireille Mathieu. Ils m'accueillent comme un prince avec un "asado" (barbecue) garguantuesque dont Tuca est amoureux. Il m'apprend la recette trés élaborée du "Pisco Sour", un cocktail qui se boit comme du petit lait (Pisco, glace, jus de citron, blanc d'oeuf, sucre) mais qui vous fait danser les dervich-tourneurs des que vous commandez sa petite soeur... D'emblée, Santiago et Tuca me plaisent donc.

Je visite rapidos le centre de Santiago et pars sur la cote découvrir Valparaiso pour la journée du lendemain. Rien de bien excitant selon mon sentiment a part les célebres ascenseurs d'époque (fin 19eme) qui vous permettent encore d'arpenter sans tendinite les monts escarpés de la ville. Retour a Santiago, soirée avec Ségo et Tuca chez certains de leurs amis adorables: Asado, Pisco, Vino, 3h dodo et 6h tacos pour l'aéroport.

C'est un jour tres spécial ce 14 février 2009 : Je m'envole pour l'Ile de Paques. J'y crois a peine...


Samedi 14/02 - Mercredi 18/02

Sur mon petit moniteur personnel, la carte du monde indique en temps reel la position de l'avion qui se dirige lentement vers cette tache minuscule au milieu du grand bleu : "Easter Island", rien que son nom semble plus grand que sa superficie.

Rapa Nui, c'est le vrai nom d'origine de l'Ile de Paques car "decouverte" un jour de Paques 1722 par un Hollandais. Bon, ca vous pouvez l'apprendre en regardant Thalassa... il faut vraiment venir ici un jour si vous pouvez car c'est un endroit UNIQUE: les gens, l'atmosphere, les paysages, la mer, les animaux, la biere, tout.

Ca y et, j'ai quitte l'amerique Latine, le continent en tout cas, car l'ile de Paques appartient toujours au Chili... mais quel changement! A l'aeroport, on ressent instantanement l'influence Polynesienne : colliers de fleurs de bienvenue, les facies ont changes. Tout le monde est beau ici : Femmes, hommes, enfants. Incroyable quand on sait qu'ils sont a peine 4000 a repeupler, de generation en generation ce bout du monde depuis plus de 1000 ans! Pas un degenere, pas un estropie, tout le monde il a des biscotots a faire palir le plus costaud de la salle de muscu du 15eme, tout le monde elle a des silhouettes a faire passer l'election de miss France pour une foire a l'andouillette.

Comme d'habitude, je n'ai rien reserve et j'arrive a l'aeroport un peu a l'arrache. Martin, de la pension "Martin et Tina" me propose une chambre chez lui. Apres quelques negociations, me voila dans sa voiture avec Charlotte, une Franco-Suisse qui loge dans le meme endroit. Nous sympathisons et passerons les 4 prochains jours ensemble.

Tres vite, je pose mes affaires et ne resiste pas a la tentation d'aller rencontrer mon premier Moai, une des fameuses statues au serieux facies representant (pour la majorite) les ancetres des "rapa nui". Il se dresse la, devant moi, dos a la mer, fixant des ses yeux blancs un vague horizon (j'apprendrais par la suite qu'ils regardent le village d'ou ils sont originaires). En toile de fond, des athletes surfent d'enormes vagues qui deferlent sur cette cote dechiquetee de "cailloux" (comme on dit dans ma famille bretonne pour dire que l'horizon n'est pas chiant comme une plage de la Costa Brava).

Si vous n'arrivez pas a voir de moaie sur cette ile, c'est pas des lunettes qu'il vous faut, c'est un chien.
Ils se conjugent en effet a tous les temps : Moaies debouts, moaies couches, moaies avec ou sans chapeau, moaie avec ou sans yeux, grandes oreilles a l'est, petites oreilles a l'ouest (ou l'inverse), moaie sur fond d'ocean, sur fond de volcan, a flanc de colline,... sans parler des moaie au Naise ou des moaie au Debain (Bigard, sors de ce corps).

Tous les moyens de transport sont bons pour visiter les 176km2 de l'ile : Cheval, VTT, quad, voiture. Avec Charlotte, nous opterons pour les 3 derniers. J'avoue que je regretterai un peu par la suite de ne pas avoir tente le bourrin: C'est l'inconvenient de ne rien avoir reserve a l'avance... Je reviendrais de toute facon!

VTT le 1er jour pour monter sur un volcan et dominer une vue somptueuse sur un cratere tachete de petites iles de bambous. Au second plan, la mer d'un bleu d'une intensite a guerir un daltonien.

Quad le 2eme jour. Rrraa Bilout'! J'ai tellement pense a toi mon coco quand, les cheveux au vent (expression idiomatique valant pour nous deux - no comment), j'arpente les pistes poussiereuses le long de la cote, odeur d'iode, quelques cumulus pour la photo et des lumieres de carte postale. Quel pied!

Pic Nic entre une statue et la mer qui se dechaine sur les rochers... Charlotte et moi flashons en fin de journee sur l'allignement de 15 moaies colossaux, dos a la mer... Assis en face, nous sirottons une biere que nous avons achete un peu plus tot dans une cabane (Bon vivant rime avec prevoyant!)... les couleurs rougeoyantes du soir en font un endroit profondement mystique... et nous sommes absolument seuls! Quel plaisir d'arpenter ces lieux mondialement connus comme si nous etions les premiers a les decouvrir...
Retour de nuit sur notre quad dont les faibles phares surprennent au detour de chaque virage, une vache, une poule, un cheval sauvage... cuidado Mateo!
Diner succulent de poisson cru et de Pisco Sour en bord de mer.

Les locations courent sur 24h. Du coup, ca nous laisse le temps de se faire le coucher ET le lever de soleil ou on veux sur l'ile. Nous decidons de revenir au petit matin sur les 15 Moaies. Plein est, le soleil va se lever juste derriere eux. Re-40 minutes de route de la cote dans la nuit du petit matin cette fois... Re-ciel du pre-leve aux lueurs emouvantes de beaute... Re-pied integral sur la route...
Re-couleurs de malade sur les moaies...

Voiture le 3eme jour. Qui a dit qu'on s'embettait a Rapa Nui? J'ai entendu ca quelques fois. Nous arpentons les pistes de l'ile en 4x4 pour aller jeter un oeil a tous les coins que nous n'avons pas encore "fait". Grottes, plages et moaies (ha bon, yen a?) nous comblent l'apres midi et la matinee du lendemain.

Je garderai vraiment un souvenir unique de ces 4 jours sur cette ile si reculee.
Une beaute tellement intense et preservee.


Mercredi soir, nous prenons l'avion les yeux remplis d'images inoubliables... direction Tahiti! Ca va, ya pas trop de quoi deprimer!

mercredi 4 février 2009

POUR l'augmentation des Salars!



Vendredi 30/01 - Mardi 3/02

Put... Umberto Eco il faut se le taper quand même... Ca fait un baille que je suis sur le Pendule de Foucault et ca n'en finit pas... Ah ca Micki, tu me la recopiras ta balade!... Et puis c'est tellement rude que ce ne me pousse en plus pas à l'ouvrir ce satané bouquin... Et comme, chez les Morivaux, JAMAIS on n'abandonne un bouquin (c'est comme ca de père en fils depuis des générations), et ben il faut que je me le tape jusqu'à la dernière ligne... 10 pages pour décrire une pauvre pièce de musée, des théories théologiques par paquet de 200, roses-croix et templiers en veux tu, tiens c'est gratos...
Un extrait? : Les pauliciens sont ici. Celui la plane au milieu des coraux, longs battements d'ailes de lépidoptère, cent contre un qu'il a remarqué son foetus d'homonculus abandonné au fond d'un athanor désormais percé... et puis un poisson templier, tout loriqué de noir, il cherche Noffo Dei. Il effleure l'hésychaste asthmatique, qui navigue, absorbé et courroucé, vers l'Indicible... Tiens, vas y, fume! c'est du belge...

Je souffre donc sur ce "classique" dans le bus qui nous mène de Potosi a Uyuni. Pas trop quand mème car les paysages sont magnifiques.

Uyuni est une ville-étape créée au bord du Salar du même nom, au milieu d'un désert désertique ou ya rien de rien. Elle est cependant abreuvée chaque jour par des flots de touristes qui viennent élire l'une des 60 agences pour gouter aux joies d'un tour organisé dans la merveille naturelle à proximité.

Nous, avec Noemie et PA, on a le temps. Alors on s'organise la totale : un tour de 4 jours auprès d'une minette qui nous vend bien son affaire ("la voiture est une Toyota landcruiser neuve"). Nous serons 6 passagers dans le 4x4 avec une autre française, Laetitia et 2 Argentins très cools Natalia et Alexandro. Nous accompagnent le chauffeur et un cuisinier.

Impossible de décrire les paysages que nous croiserons pendant ces 4 jours. "Irréel", "incroyable", "lunaire", "fou", "magique" sont les mots qui reviennent le plus souvent à notre bouche...
Après un cimetière d'anciennes locomotives, nous arrivons sur l'immensité du désert de sel, puis escaladons un volcan sanctuaire de momies, passons des forets de cactus perdues au milieu du salar, arrivons dans un désert saharien, et puis hop! on s'envoie des lagons multicolores peuplés de flamands roses par centaines, des geysers, des arbres de pierre,... On absorbe comme des éponges en s'inventant la recette pour profiter pleinement de chaque seconde.
Il faut vraiment venir ici.

On m'appelle maintenant "Yann Arthus" dans le 4x4 car mon Nikon ne sait plus ou donner de l'objectif... Le blanc immaculé du désert permet de faire des prises de vues avec perspectives assez rigolotes...

Nous dormons dans des hotels de sel où tout, des murs aux lits en passant pas le bar sont construits de sel. Nous mangeons comme des ogres car le cuistot est bon. Dites moi si vous voulez partir, je vous recommanderai cette agence.

4ème jour : Nous arrivons vers 10 heures a la frontière Chilienne, Noemie et PA ont décidé de m'accompagner a San Pedro de Atacama au Chili, à une heure en bus. Les autres retournent a Uyuni.


Mercredi 4/02 - Vendredi 7/02

Que des Français! Nous entendons la langue de Molière à chaque coin de rue de San Pedro de Atacama. Je me renseigne pourquoi, et on me dit que c'est une destination "à la mode". ah. bon.
C'est vrai que c'est une petite ville agréable, au milieu du désert mais tout équipée d'hotels et restos plus ou moins chicos. Nous sommes d'ailleurs choqués de la différence si soudaine avec la Bolivie. A 1 heure de la frontière, les voitures sont ici rutilantes (oh une Twingo!), les toilettes sont propres, les gens ont effectivement des dents et sont habillés à l'"US-européenne".

Nous louons jeudi des VTT pour aller faire un tour dans le coin. 2 heures de piste défoncées sous le cagnard ou les selles nous meurtrissent l'arrière-cul. Nous rejoignons un le "lago Ceija", un petit lagon saturé de sel qui propose donc les mêmes vertues de flottabilité que la Mer Morte. Nous nous baignons en faisant naturellement les cons (Gab, tu m'as manqué pour faire la nat synchro). Retour via un "raccourci" qui nous remeurtri ce qui nous reste de post-train pendant 2h30...

La nuit nous allons découvrir les étoiles avec un français qui organise des conférences depuis plusieurs années au Chili. Super intéressant. Je connais maintenant tout sur Orion, le grand chien, le petit chien et la crotte du petit chien... "Tu vois petite... là... cette étoile?...Elle n'a pas de nom... Désormais ce sera la notre..." Ca va chopper je vous dis.

Vendredi, je dis à très bientôt a Paris a Noemi et PA qui s'en vont vers l'Argentine. Moi, j'attrape un bus pour Iquique, dans le nord du Chili.