samedi 27 décembre 2008

Santa Claus aux Galapagos!





Mardi 23/12 - Mercredi 24

Retour au boulot : Bottes, mosquito net, gants, machette : Je me crois dans Apocalypse Now au milieu des bananiers, des ruisseaux boueux et des sempiternels moustiques... On va bousiller de la mure toute la journée. Un carnage. C'est ma guerre.
Ironie de la chose, de retour au port Mercredi midi (on a notre demi journée de break pour cause de Navidad), je m offre une glace a la mure.

Avant de quitter la station pour les fêtes de Noel, nous avons pour mission de bousiller les 3 coqs qui rodent dans le coin. Sauvages, ils vivent ici avec leurs harems respectifs et se nourissent du compost que nous produisons. Problème : De graves lacunes quand a l'éducation morale de ces galinacés couplé au peu de diversité de partenaires féminines mène ces coquins à honorer régulièrement jusqu'à leurs propres génitrices... On a vu mieux pour l'evolution de l'espèce sur les terres mêmes ou Darwin a mis au point sa célèbre théorie...
L'objectif est donc de renouveller la race en achetant un nouveau coq et de festoyer Noel autour de la dépouille des 3 autres pervers...

Comique, le trio. Miguel mets au point une strategie pour rabbatre les males avec Mathieu, le Franco-Suisse du groupe. Moi, je dois etre en embuscade plus en aval avec un carton pour chopper le fuyard... Un desastre. Malgré mes tentatives rugbystiques de placage les 3 coqs s'evanouissent dans la panique et dans les hautes herbes ... En aurait-il ete differemment avec une poule? Sans doute.
Pas grave, Miguel a un nouveau plan : De nuit, nous prenons son lance pierre de fabrication artisanale et nous rendons dans les arbres ou les emplumés roupillent. Agile, il dégomme un coq en plein bec qui s'écroule, KO. Nous n'aurons pas les autres qui, poules mouillées, se font la malle dans un bordel sans nom qui réveille tout le monde.


Jeudi 25/12 - Dimanche 28/12

De retour au port, plage. 30ºC.

Nous nous organisons pour le dîner du soir. Miguel nous a invité, Mathieu et moi pour cuisiner le Coq chez lui avec sa femme et son fils. Je prévois les courses après avoir vérifié sur le net le nécessaire pour un bon coq au vin... Le "supermarché" me ramène les pieds sur terre : Sur 3 étagères se cotoient le thon en boite, le PQ organique et les Pringles Crème et Oignon (ha ouais!, Pas de pinard mais des Pringles! nonded'! j'ai failli me mettre en colère...) Je révise mes ambitions royales et m'équipe d'origan, oignons, piments, ail et de quelques packs de bière.

Dans la modeste maison/cuisine de Miguel (une pièce), j'improvise donc un coq à la bière qui, ma foi, est loin d'être à remettre en liberté.
Le reste de la soirée se passera a discutter en regardant les étoiles et en sirottant nos cannettes dans les hamacs qui pendouillent dehors.

J'ai du mal à m'imaginer que vous etes tous en train de vous envoyer une tartine de foie gras - dinde farcie - buche au marrons - Veuve Clicquot. Il sont loin les "quand tu descendrrrrra du ciel" de Tino, le feu de bois humide, la traditionnelle scéance d'ouvrage d'huitre, l'apéro champagne ou l'on fini bourré et la messe de 2h tout endimanché! Heureux, je pense quand même bien a vous.

Le lendemain 25 décembre, re-plage et un soleil qui m'oblige a remettre de la crème. La vie est une chienne.

Pour Noel et mon anniversaire, je me fais un petit plaisir : un chouette tatouage sur l'avant bras et un percing dans l'oreille. Les gens me disent que ca me va pas mal...
Nan, je déconne pour le piercing.

Nous restons au port entre snorkeling, balade, baignade et buvage de coups jusqu'a dimanche ou mes ex collègues doivent repartir au turbin. Pour moi, c'était la dernière semaine et je m'en vais demain passer le nouvel an sur une autre ile : Santa Cruz.

mercredi 24 décembre 2008

Galapagos : Nature et Découverte




Je vous récupère après une trève d'internet pour cause d'envie de passer plus de temps avec les merveilles locales qu'avec un clavier QWERTY... Vous me pardonnerez j'espère cet élan d'égoisme. Mais n'ayez crainte, je ne vous épargnerai pas pour autant mes récentes élucubrations. Ou en étais-je ? Ah oui...


Lundi 15/12

Journée décisive dans ma vie de plongeur pour obtenir mon certificat "Advanced Open Water" : Plongée en eaux profondes et plongée sur épave. Notre instructeur nous donne toutes les précautions d'usage sur le bateau. Il chronomètre en outre le temps que nous mettons a résoudre une opération mathématique complexe a la surface. Nous devrons reproduire l'opération sous l'eau sur un panneau spécial. Cet exercice afin de nous prouver que notre cerveau fonctionne au ralenti a 40m de profondeur et qu'il faut donc redoubler de vigilance.
Une addition de 5 numéros a 10 chiffres. Puis le résultat doit être multiplié par 9. Arrrgl! La table de 9... Mon calvaire! (entre autres, avec la 6 et la 8). Je suis en vacances boudu! Bon, je m'en tire pas trop mal : 1 min 50. Sous l'eau je ne mettrai qu'1 min 26. Va comprendre? Serais-je Einstein a 40m de fond? Ca va pas être bien pratique de rédiger mes propales au fond de la piscine de l'Aquaboulevard.... En fait, de retour au bureau pour vérifier les résultats, je me rendrais compte que j'ai en quelque sorte... "adapté" la table de 9 a ma sauce une fois sous l'eau... pour économiser de l'air sans doute.

D'ailleurs on consomme beaucoup plus d'air en profondeur. Je m'en rends compte car je suis sur la réserve d'air de ma bouteille au bout de 30 minutes de plongée. Je dois donc changer de bouteille sous l'eau. Procédure normale mais un peu impressionnante car c'est la première fois que je la fais "pour de vrai". Pas de problème, je continue la plongée sur une autre bouteille.

Remonté sur le bateau nous nous dirigeons sur le site de notre deuxième plongée : L'épave d'un cargo qui date des années 50. Beaucoup de courant. Des otaries, curieuses, nous surprennent sous l'eau et s'amusent avec nos bulles d'air. J'adore ces bestioles. De retour a la surface, Jimbo, notre instructeur, nous officialise en tant qu'Advanced Divers! Yesss!

Dîner au port d'un homard que nous avons certainement croisé la veille sous l'eau. Je quitte le coeur lourd Bec & Chris mais je sais que le monde est petit et que nous nous reverons. La ou il y a de la volonté, il y a un chemin (fisolofe le mec!... 17 au bac les cocos, ca sert).

Je grimpe dans un taxi que je réveille chez lui afin qu'il me ramène a Jatun Sacha. Seulement certains taxis se déplacent aussi loin et nous les connaissons maintenant car ils dinent souvent avec nous a la station. J'adore discutter avec eux car ils ont toujours pleins d'histoires a raconter: leur embarquement sur les navires de l'armée lors de la guerre Equateur-Perou, l´histoire des iles, les fantômes du coin...

En effet la majeure partie des Equatoriens croient dur comme fer aux fantômes et passent leur temps a se protéger des mauvais esprits. Vous connaissez mon caractère un tantinet taquin et je me suis amusé a prendre une photo de nuit, exposition longue, d'une des volontaires en train de s'amuser avec le feu... Le résultat donne une photo assez surprenante que l'on peut facilement vendre a qui veux y croire comme un véritable fantome... Et je peux vous dire qu'il y a du chaland par ici... J'ai instantanément eu mon petit succès auprès des equatoriens du staff et la nouvelle a rapidement fait le tour si bien que j'ai du l'autre jour faire un détour en taxi pour montrer la photo a la patronne d'un bar qui en avait entendu parler... Succès garanti ponctué de gesticulations, cris, émeutes et exhaltations en tous genres. Je me garde bien de révéler le secret en espérant que ca leur fera des jolies histoires a raconter à leurs petits enfants...

Retour a la station, je mets sa patée au chef cuistot sur la table de ping-pong (pas gentil car il m'a gardé une part de son succulent gateau au citron) et vais me coucher, du nitrogène plein les poumons et des poissons plein la tête.


Mardi 16/12 - Jeudi 18/12

Il faut d'urgence construire un "vivier" pour plantes endémiques car les graines que nous avons récolté sont sur le point de germer. Nous nous mettons au boulot avec Miguel, l'homme a tout faire de la station. Ce type est un phénomène : Il vous décroche un régime de banane a 5m de haut, débouche les chiottes, construit des pièges pour les cochons sauvages, plomberie, maconnerie, electricité, jardinage et touche sa bille en biologie locale.

Aujourd'hui, il chausse sa casquette "bucheron", abat un arbre en 20 sec(d'une espèce introduite, bien sur) et va me couper a même l'arbre des planches parfaitement rectilignes de 3m de long avec la tronconneuse sans fil a plomb, mètre mesureur, niveau ou crayon ni rien du tout. Paf! Tout a l'oeil le mec. J'en reste sur le postérieur.

De mon côté, je dessine un plan du futur vivier : Nous disposons d'une surface de la taille d'une moitié de terrain de football. Il y aura une partie couverte pour les volontaires puissent travailler et pour que certaines plantes arides soient protégées des pluies abondantes de la région. Une dizaine de "lits" de bois de 3x1m remplis de terre doivent accueillir les graines. Une vingtaines d'autres doivent servir d'entrepot pour les pousses prêtes a être replantées dans les zones de reforestation définies. Je mesure et dessine les plans d'irrigation et prévoit les lieux de stockage de terre, sable et compost.
Nous discuttons du plan avec le directeur de la station et, une fois validé, nous nous mettons au boulot pour construire les fondations du toit. Les arbres tombent comme des allumettes sous les assauts précis de la tronconneuse et des machettes. Tous les volontaires se mettent a pied d'oeuvre pour terrasser le terrain, creuser de profonds trous, planter les pilones de bois, récolter le bambou pour le toit, dégager la terre pour les canaux d'irrigation, construire les "lits" de bois qui accueillerons les graines... C'est très gratifiant de voir tout avancer peu a peu et de se dire qu'au final nous n'avons utilisé, en plus des arbres des environs, qu'une cinquantaine de clous et un long tuyau d'arrosage.

Le vivier prend forme et peut déja accueillir le mélange savant de sable, compost et terre fertile, puis les premières graines qu'une seconde équipe a préparé entre temps.

5 volontaires et moi partons jeudi soir pour le port car nous avons réservé auprès d'une agence de voyage locale un tour de 4 jours pour découvrir quelques unes des autres iles des Galapagos.


Vendredi 19/12 - Lundi 22/12

Le programme ne s'annonce pas trop mal. L'objectif est de visiter 3 autres iles de l'archipel des Galapagos : Fernandina, Isabella et Santa Cruz. Toutes ces iles sont a environ 2 ou 3 heures de bateau tape-cul les unes les autres.

Impossible de vous détailler par le menu l'immensité des beautés que nous avons découvertes. Il faut venir voir par soi même. Mes photos ne vous donnerons qu'un pale apercu de l'incroyable densité de vie animale qui cohabite sur ces iles. En l'espace de 2 jours, nous aurons croisé :
- sur l'eau: pélicans, frégates, tortues terrestres géantes, iguanes marins, lézards des laves, otaries, pinguoins, blue footed boobies, crabes rouges, flamands roses...

- sous l'eau: requins a pointe blanche, raies aigles, otaries, raies pastenagues, poissons sergents, poissons perroquets, tortues de mer... et tant d'autres!

Je souffle mes 33èmes bougies sur Isabella, ce paradis. Ya pire. Le groupe a eu vent de mon anniversaire et m'offre un T-shirt "I love Boobies". Rigolo et touchant car complètement inattendu.

Retour a San Cristobal Lundi soir pour engager ma dernière semaine de boulot a Jatun Sacha...


Messages a caractères informatifs:
- Seb, ravi pour ta dem'. Te voila patron! Je te vendrai une ou deux missions a prix d'ami dès mon retour...
- Bilout', j'ai exporté avec panache aux Galapagos la "Chicken dance" qui remporte un franc succès sur l'ensemble des dance floors (merengue, salsa ou regetton)... Je ne peux m'expliquer pourquoi les locaux me regardent avec parfois quelques points d'interrogations dans les yeux...
- Martchine, dis a Laurent qu'il faut qu'il aille chez le coiffeur. C'est toujours vrai.
- Anne Lise, tu viens quand? T'es plus a un an sabbatique près non?

samedi 13 décembre 2008

Galapagos : Arbeit y diving



Lundi 8/12 - Jeudi 11/12

Coucou!

De retour a la civilisation après une semaine dans la jungle et sous la pluie. Il existe un réel microclimat ici qui procure de la pluie sur les hauteurs de l'ile (ou je travaille) et du grand soleil sur la côte. C'est une des raisons qui font que la flore et la faune sont si diversifiées sur une petite ile comme San Cristobal.

La vie au campement se passe toujours très bien et je pratique mon espagnol avec les locaux. On mange très bien et copieusement même si c'est un peu répétitif. Le chef cuistot qui était en vacances jusque la revient ce week end et j'espère qu'il va nous procurer des bons petits plats pour Noel... Je pense que le foie gras n'est cependant pas eu programme... J'en prendrai double ration a mon retour!

L'ambiance entre volontaires est toujours au top même s'il y a toujours quelques brebies galeuses. Cet isolement multiculturel en constant renouvellement (départ et arrivée de volontaires toutes les semaines) est très intéressant sur l’aspect sociologique (certainement très chèr!). On peut observer comment les personnes s'intègrent plus ou moins et quels sous-groupes se forment naturellement. Les affinités se font clairement au début entre personnes de la même langue. 2 personnes qui ne se seraient pas adressees la parole dans leur pays (différences sociales, styles vestimentaires, religion…) sont ici liées par le lien de la communication et attirés par le confort de “comprendre”.
On constate aussi que certains stéréotypes dont on affuble souvent les ressortissants de tel ou tel pays se vérifient: Par exemple, Les allemands sont rigides comme des mules et les ecuatoriens sont bordéliques comme jamais... Du bon gros cliché que je constate au quotidien... Il n’y a pas de fumée sans feu!
Dans la famille cliché on dit aussi que les francais sont sexy et ca m’arrange pas mal car je suis le seul mangeur d’escargot a bord… Je me fais donc un devoir de préserver notre réputation du mieux possible. La patrie avant tout!

Je n'ai quand a moi pas trop de problème d'adaptation et je sers souvent d'interprète francais-anglais-espagnol entre les différentes parties présentes.

Pour vous éviter les récits chronologiques de cette semaine de travail, je vais plutôt dresser la liste des 10 choses que je fais ici et que je ne ferai pas a Paris:

1 - Je croise des phoques en allant petit déjeuner
2 - Il n'y a aucune vitre dans tous les batiments ou je vis
3 - Je fais la vaisselle
4 - Je vais au bistrot en bottes en caoutchouc
5 - Je mange les fruits que je cueille sur des arbres (oui, c'est de la qu'ils viennent en fait, et pas de la porte du fond du Monop')
6 - Je vérifie qu'il n'y a pas de bestioles dans mes chaussures avant de les mettre.
7 - Une araignée de 15cm partage ma chambre et je m'en fout.
8 - Je porte des tongs
9 - Aux toilettes, je mets le papier dans la poubelle et pas dans le bol
10 - Je parle a des anglais et a des végétariens


Vendredi 12/12 - Lundi 15/12

Vendredi, jour de marche, nous partons pour 4 heures de marche a la "Galapera", un site de reproduction de Tortues sur la côte. La soirée de départ de quelques volontaires la veille a été arrosée et j'en bave pas mal. Arrivé sur les lieux, nous découvrons ces monstres préhistoriques a la tête d'E.T. Ces tortues de terre ne peuvent pas nager, par opposition aux tortues de mer que l'on croise très souvent dans les eaux environnantes et qui, elles, ne viennent sur terre que pour la ponte.

Nous enchainons ensuite par un petit plongeons sur une plage paradisiaque digne du film "The Beach" et nous partons ensuite pour aller au sommet du volcan de San Cristobal. Les changements climatiques soudains aidant, je choppe une petite crève pas bien grave.

Je reste jusqu'a lundi au port ce week end car j'ai décidé de passer mon niveau 2 de plongée sur l'ile et cela va prendre 3 jours. Bec et Chris, un couple d'Australiens m'accompagnent. Au programme : plongée de nuit, plongée sur épave, orientation sous marine avec une boussole, recherche sous-marine et plongée profonde entre 20 et 40m de profondeur.
J'ai fait la plongée de nuit hier (Dimanche) : Incroyable et terrifiant. La faune apparait soudain devant les faisceaux de nos lampes et on s'attend a chaque instant a encontrer un requin marteau a 1 mètre de nos masques... Je n'aurai pas cette chance(?) cette fois ci. On découvre en revanche des merveilles comme un serpent de mer, de poissons lunes, murènes, anémones et des coquillages phosphorescents...

Cette après-midi, plongée profonde et plongée sur épave. Je vous raconterai plus tard bicoz je dois repartir directement après au campement...


Bon courage a tous pour cette dernière ligne droite avant Truffes, Dindes, Buches et Crises de foie!

samedi 6 décembre 2008

Galapagos : enfer et paradis


Dimanche 30/11 - Jeudi 4/12

Embarquement matinal pour les Galapagos. Nous apprenons que l'avion a une avarie et devons débarquer lors de notre escale a Guayaquil, la plus grande ville cotière du pays. Je voyage accompagné d'une danoise et d'une hollandaise qui étaient aussi a l'Académie et vont (aussi) passer un mois comme volontaires aux Galapagos pour la même organisation que moi : Jatun Sacha Foundacion.

Cette association a été créée en 1985 par 8 biologistes américains et equatoriens dont le principal objectif est de préserver la flore et la biodiversité de plusieurs sites considérés en danger en Equateur, dont celui des Galapagos. Le but de la station des Galapagos est, entre autres, d'erradiquer les espèces introduites invasives et reforester avec des espèces endémiques (qui n'existent qu'aux Galapagos) ou natives (qui existent a l'origine aux Galapagos et ailleurs). Voila, ca c'est fait. Ya des questions?

Nous changeons d'avion (ho chouette, un qui marche!) et décollons après 4 heures d'attente a Guayaquil. Nous sommes accueillis par Lidia et Suzanna, les responsables de la station en l'absence du chef, Cesar, qui est en vacances cette semaine.
Un 4x4 nous conduit sur les pistes cahotiques vers les hauteurs de San Cristobal, l'ile des Galapagos sur laquelle est basée la station : 8000 personnes vivent sur cette ile, une des seules qui a l'avantage de posséder de l'eau douce (pas besoin de déssalinisateur pour cultiver donc plus de population).

Après 45 minutes de piste et 2 vertèbres tassées, nous arrivons a la station en pleine jungle. 3 Batiments constituent le campement : La "casa vieja" - veille maison -, la "casa nueva" - nouvelle maison, et "el comedor" - le refectoire.
Suzanna m'indique ma chambre dans la Casa Vieja : Une cabane en bois, toit en tôle et cloisons de bambous. Dans ma chambre: un lit avec moustiquaire, une mini etagère et 2 araignées absolument monstrueuses. La casa vieja peut accueillir environ 15 personnes mais actuellement seulement 8 volontaires y habitent. En tout, le campement peut loger jusqu'a 45 personnes mais seulement 17 pensionnaires sont actuellement dans les murs: On est en basse saison pour le volontariat car beaucoup rentrent a la maison pour les fêtes de fin d'année.

Nous sommes les 5 "nouveaux" de la semaine, une danoise, une hollandaise, une norvégienne, un suisse-francais et moi-même. Nous rejoignons un groupe multiculturel de 12 volontaires ou Suede, USA, Canada, Allemagne, Angleterre sont représentés... Je me rend compte que ca ne parle pas beaucoup Espagnol et ca m'embete un peu. Le staff, lui ne parle qu'espagnol et j'ai bien l'intention de pratiquer avec eux.

Aussitôt, les volontaires et le staff nous mettent au parfum des "règles" du campement. Je pige instantanément que les préoccupations d'ici sont bien loin de celles d'une population "citadine-civilisée" : Les mots qui reviennent le plus souvent dans les bouches des "anciens" sont "carmelitas et bouffe". Je vais vite comprendre pourquoi...


Lundi, nous commencont le travail : J'ai acheté tout le matériel recommandé par Jatun Sacha a Quito : "Face-net" (une moustiquaire-chapeau), gants de jardinage bien costauds et bottes en caoutchouc. On comprend vite l'utilité de tout l'attirail en voyant les anciens arriver au briefing matinal dans leur tenue de travail tous boueux et dechirés. On est très loin de la fashion week... On nous fournis des machettes et nous apprendrons rapidement a nous en servir, a les chérir, les entretenir, et les aiguiser car elles sont notre partenaire de travail quotidien.

Le rythme des journées de la semaine est bien défini : Petit dej a 7h, début du travail a 8h, pause a 10h, reprise a 10h30, dej a 12h, reprise a 14h et fin des travaux a 16h. Douche (froide, pas d'eau chaude ici), hamac, lecture, guitare, repos. Dîner 6h. Repos, jeux, musique, dodo. L'ambiance est excellente entre les volontaires et avec le staff.

Les moustiques sont partout mais ce ne sont pas les pires. La faune de cette partie de l'Ile est bien achalandée en réjouissance du même type. Les "carmelitas" sont plus petits et plus féroces encore que les moustiques. Ils se faufilent partout et font des ravages. Les démangaisons sont, elles aussi, bien plus intenses. Il faut expulser un peu de sang de la piqure afin de couper l'effet "grattage". Je suis couvert de piqures et mon cou surtout ressemble aux photos médicales qu'on peut voir quand on ouvre l'Universalis a la page "Dermatologie". Les "Fire ants", traduisez "fourmies de feu" tombent sur vous quand vous touchez, coupez ou secouez un arbre et vous brulent le cou, dos, bras, jambe... Viennent ensuite les immondes araignées qui se faufilent dans vos poches pendant que vous prenez votre douche ou les milles pates que vous retrouvez dans vos bottes le matin. Sans parler des rats qui viennent gratter les cloisons la nuit...

Nous revenons au réféctoire pour chaque repas, esquintés, egratignés, coubaturés, transpirants et couverts de boue après avoir joué de la machette dans la jungle. La plus grande plaie des galapagos est bizarement la mûre. Ce petit arbustre épineux dont nous tirons en europe les meilleures confitures se propage comme une gangrène ici et empeche les espèces endémiques de survivre.

Nous mangeons comme des ogres les bons plats confectionnés par Suzanna, la cuisinière du campement : Riz, poulet, citrons et haricots doivent se conjuguer quasi quotidiennement... Ca fait une semaine. Je vais chopper des recettes ce week end sur internet pour varier un peu les plaisirs avec ces aliments de base car je sens que ca risque d'etre un peu répétitif... Toute proposition est bien sur la bienvenue!


Vendredi 5/12 - Dimanche 7/12

C'est le weekend!!! Les vendredis matins sont consacrés a la découverte de l'ile, de la faune et de la flore en se baladant. Nous partons ce matin vers une cascade récemment decouverte vers laquelle nous construisons un chemin a coup de machette.

Retour au campement pour partir "en ville" pour le weekend. 4 taxis 4x4 nous attendent pour passer 2 jours a Puerto Baquerizo Moreno. 1 Heure de route et nous sommes au Paradis: Le soleil nous ébloui, les phoques ("lobos del mar") sont partout jusque sur les porches des maisons et se contrefoutent de notre présence... Magique. Nous allons a la plage l'après midi ou des dizaines de phoques se prélassent avec nous. Coucher de soleil magnifique en sirotant une Pilsener avec les autres volontaires...

Le lendemain, nous partons avec 4 autres volontaires pour faire un tour de Snorkeling (Palmes-masque-tuba) aux alentours de San Cristobal. Le premier site ou nous entrons dans l'eau est simplement divin : "Sting raies", crabes rouges, iguanes,... Le bouquet: je passe 40 minutes a jouer sous l'eau avec un phoque avec qui j'ai simpatisé... Indescriptible comme ces animaux sont fascinants. On dirait un chien, agile, il me cherche, tourne autour de moi, m'observe droit dans le masque, j'ai meme l'impression qu'il cherche a m'imiter... Je rigole comme un con dans mon tuba, ca doit le faire marrer aussi.

Le prochain site est Kika Rock, un monticule rocheux au large de l'ile connu pour ses requins des galapagos et requins marteaux. Nous en apercevons 2 ou 3 de loin mais il faut que je revienne équipé de bouteilles. Sur le retour, nous croisons une baleine bleue... Hop!

Fiesta le soir dans la famille d'un de nos chauffeurs de taxi qui nous a invité pour le baptème de sa fille. Incroyable comme les gens sont gentils et accueillants. Le fait que l'on travaille pour Jatun Sacha aide un peu aussi. Au début un peu coincés, nous finissons finalement tous par danser le salsa avec les locaux qui se foutent de nous et nous observent un peu comme des bêtes de foire.

Aujourd'hui dimanche, je prend quelques heures pour vous écrire car je n'aurai plus accès a internet avant le weekend prochain. Retour ce soir au campemement et reprise du boulot demain... Back to hell!


Messages a caractères informatifs :
- Gab et Tom, dites m'en plus sur la fiesta-Vexin! Qui a fait Jésus? et l'Ane? Par contre, en terme d'innocence, coller Dieu a Laetitia c'est un peu blasphématoire...
- Un très bon anniversaire a ma Môman en avance car je n'aurai pas l'opportunité de le souhaiter le jour J!!! Que du bonheur jusqu'a mon retour et au delà!