mercredi 24 décembre 2008

Galapagos : Nature et Découverte




Je vous récupère après une trève d'internet pour cause d'envie de passer plus de temps avec les merveilles locales qu'avec un clavier QWERTY... Vous me pardonnerez j'espère cet élan d'égoisme. Mais n'ayez crainte, je ne vous épargnerai pas pour autant mes récentes élucubrations. Ou en étais-je ? Ah oui...


Lundi 15/12

Journée décisive dans ma vie de plongeur pour obtenir mon certificat "Advanced Open Water" : Plongée en eaux profondes et plongée sur épave. Notre instructeur nous donne toutes les précautions d'usage sur le bateau. Il chronomètre en outre le temps que nous mettons a résoudre une opération mathématique complexe a la surface. Nous devrons reproduire l'opération sous l'eau sur un panneau spécial. Cet exercice afin de nous prouver que notre cerveau fonctionne au ralenti a 40m de profondeur et qu'il faut donc redoubler de vigilance.
Une addition de 5 numéros a 10 chiffres. Puis le résultat doit être multiplié par 9. Arrrgl! La table de 9... Mon calvaire! (entre autres, avec la 6 et la 8). Je suis en vacances boudu! Bon, je m'en tire pas trop mal : 1 min 50. Sous l'eau je ne mettrai qu'1 min 26. Va comprendre? Serais-je Einstein a 40m de fond? Ca va pas être bien pratique de rédiger mes propales au fond de la piscine de l'Aquaboulevard.... En fait, de retour au bureau pour vérifier les résultats, je me rendrais compte que j'ai en quelque sorte... "adapté" la table de 9 a ma sauce une fois sous l'eau... pour économiser de l'air sans doute.

D'ailleurs on consomme beaucoup plus d'air en profondeur. Je m'en rends compte car je suis sur la réserve d'air de ma bouteille au bout de 30 minutes de plongée. Je dois donc changer de bouteille sous l'eau. Procédure normale mais un peu impressionnante car c'est la première fois que je la fais "pour de vrai". Pas de problème, je continue la plongée sur une autre bouteille.

Remonté sur le bateau nous nous dirigeons sur le site de notre deuxième plongée : L'épave d'un cargo qui date des années 50. Beaucoup de courant. Des otaries, curieuses, nous surprennent sous l'eau et s'amusent avec nos bulles d'air. J'adore ces bestioles. De retour a la surface, Jimbo, notre instructeur, nous officialise en tant qu'Advanced Divers! Yesss!

Dîner au port d'un homard que nous avons certainement croisé la veille sous l'eau. Je quitte le coeur lourd Bec & Chris mais je sais que le monde est petit et que nous nous reverons. La ou il y a de la volonté, il y a un chemin (fisolofe le mec!... 17 au bac les cocos, ca sert).

Je grimpe dans un taxi que je réveille chez lui afin qu'il me ramène a Jatun Sacha. Seulement certains taxis se déplacent aussi loin et nous les connaissons maintenant car ils dinent souvent avec nous a la station. J'adore discutter avec eux car ils ont toujours pleins d'histoires a raconter: leur embarquement sur les navires de l'armée lors de la guerre Equateur-Perou, l´histoire des iles, les fantômes du coin...

En effet la majeure partie des Equatoriens croient dur comme fer aux fantômes et passent leur temps a se protéger des mauvais esprits. Vous connaissez mon caractère un tantinet taquin et je me suis amusé a prendre une photo de nuit, exposition longue, d'une des volontaires en train de s'amuser avec le feu... Le résultat donne une photo assez surprenante que l'on peut facilement vendre a qui veux y croire comme un véritable fantome... Et je peux vous dire qu'il y a du chaland par ici... J'ai instantanément eu mon petit succès auprès des equatoriens du staff et la nouvelle a rapidement fait le tour si bien que j'ai du l'autre jour faire un détour en taxi pour montrer la photo a la patronne d'un bar qui en avait entendu parler... Succès garanti ponctué de gesticulations, cris, émeutes et exhaltations en tous genres. Je me garde bien de révéler le secret en espérant que ca leur fera des jolies histoires a raconter à leurs petits enfants...

Retour a la station, je mets sa patée au chef cuistot sur la table de ping-pong (pas gentil car il m'a gardé une part de son succulent gateau au citron) et vais me coucher, du nitrogène plein les poumons et des poissons plein la tête.


Mardi 16/12 - Jeudi 18/12

Il faut d'urgence construire un "vivier" pour plantes endémiques car les graines que nous avons récolté sont sur le point de germer. Nous nous mettons au boulot avec Miguel, l'homme a tout faire de la station. Ce type est un phénomène : Il vous décroche un régime de banane a 5m de haut, débouche les chiottes, construit des pièges pour les cochons sauvages, plomberie, maconnerie, electricité, jardinage et touche sa bille en biologie locale.

Aujourd'hui, il chausse sa casquette "bucheron", abat un arbre en 20 sec(d'une espèce introduite, bien sur) et va me couper a même l'arbre des planches parfaitement rectilignes de 3m de long avec la tronconneuse sans fil a plomb, mètre mesureur, niveau ou crayon ni rien du tout. Paf! Tout a l'oeil le mec. J'en reste sur le postérieur.

De mon côté, je dessine un plan du futur vivier : Nous disposons d'une surface de la taille d'une moitié de terrain de football. Il y aura une partie couverte pour les volontaires puissent travailler et pour que certaines plantes arides soient protégées des pluies abondantes de la région. Une dizaine de "lits" de bois de 3x1m remplis de terre doivent accueillir les graines. Une vingtaines d'autres doivent servir d'entrepot pour les pousses prêtes a être replantées dans les zones de reforestation définies. Je mesure et dessine les plans d'irrigation et prévoit les lieux de stockage de terre, sable et compost.
Nous discuttons du plan avec le directeur de la station et, une fois validé, nous nous mettons au boulot pour construire les fondations du toit. Les arbres tombent comme des allumettes sous les assauts précis de la tronconneuse et des machettes. Tous les volontaires se mettent a pied d'oeuvre pour terrasser le terrain, creuser de profonds trous, planter les pilones de bois, récolter le bambou pour le toit, dégager la terre pour les canaux d'irrigation, construire les "lits" de bois qui accueillerons les graines... C'est très gratifiant de voir tout avancer peu a peu et de se dire qu'au final nous n'avons utilisé, en plus des arbres des environs, qu'une cinquantaine de clous et un long tuyau d'arrosage.

Le vivier prend forme et peut déja accueillir le mélange savant de sable, compost et terre fertile, puis les premières graines qu'une seconde équipe a préparé entre temps.

5 volontaires et moi partons jeudi soir pour le port car nous avons réservé auprès d'une agence de voyage locale un tour de 4 jours pour découvrir quelques unes des autres iles des Galapagos.


Vendredi 19/12 - Lundi 22/12

Le programme ne s'annonce pas trop mal. L'objectif est de visiter 3 autres iles de l'archipel des Galapagos : Fernandina, Isabella et Santa Cruz. Toutes ces iles sont a environ 2 ou 3 heures de bateau tape-cul les unes les autres.

Impossible de vous détailler par le menu l'immensité des beautés que nous avons découvertes. Il faut venir voir par soi même. Mes photos ne vous donnerons qu'un pale apercu de l'incroyable densité de vie animale qui cohabite sur ces iles. En l'espace de 2 jours, nous aurons croisé :
- sur l'eau: pélicans, frégates, tortues terrestres géantes, iguanes marins, lézards des laves, otaries, pinguoins, blue footed boobies, crabes rouges, flamands roses...

- sous l'eau: requins a pointe blanche, raies aigles, otaries, raies pastenagues, poissons sergents, poissons perroquets, tortues de mer... et tant d'autres!

Je souffle mes 33èmes bougies sur Isabella, ce paradis. Ya pire. Le groupe a eu vent de mon anniversaire et m'offre un T-shirt "I love Boobies". Rigolo et touchant car complètement inattendu.

Retour a San Cristobal Lundi soir pour engager ma dernière semaine de boulot a Jatun Sacha...


Messages a caractères informatifs:
- Seb, ravi pour ta dem'. Te voila patron! Je te vendrai une ou deux missions a prix d'ami dès mon retour...
- Bilout', j'ai exporté avec panache aux Galapagos la "Chicken dance" qui remporte un franc succès sur l'ensemble des dance floors (merengue, salsa ou regetton)... Je ne peux m'expliquer pourquoi les locaux me regardent avec parfois quelques points d'interrogations dans les yeux...
- Martchine, dis a Laurent qu'il faut qu'il aille chez le coiffeur. C'est toujours vrai.
- Anne Lise, tu viens quand? T'es plus a un an sabbatique près non?

1 commentaire:

seb a dit…

Salut Matmo!
Maintenant que les huitres, fois gras, dindes, chocolat et galettes sont digérés, je prends un peu de temps pour te souhaiter tout plein de bonnes choses pour 2009.
Je ne détaille pas les bonnes choses dans ce message peu confidentiel mais on se comprend!! En tout cas si 2009 commence aussi bien pour toi que 2008 c'est fini aux Galápagos, ça devrait le faire!
Effectivement, futur patron de moi même : il va falloir que j'apprenne à me manager, faire mes évaluations de fin d'année et décider de mes promos... j'adore!!
Gros bécots
Seb