lundi 16 mars 2009

Kiwi aventure : Testosterone et Adrenaline




Dimanche 8/03 – Samedi 22/03

Ca y est! J'ai récuperré Gab et Antoine (Alias 'Toine ou Bilout' ), deux amis de longue date qui ont fait le déplacement depuis le pays des coqs jusqu'à celui des kiwis l'espace de 2 semaines histoire d'en prendre plein les mirettes et d'oublier la crise.

Je les récupère un peu palots de leurs 30 heures de voyage et des longs mois du rude hiver qui a parait-il sevi severe tout la haut la haut dans l'grin nord...

J'ai cependant la delicieuse ambition de ne pas les ménager et de profiter avec eux de chaque instant. Ainsi, après d'émouvantes retrouvailles et les réflexions d'usage sur comment nous avons respectivement maigri/grossi/bronzé/la barbe/plus&moins de cheveux... je nous colle dans un taxi direction l'hotel et leur annonce que, dans 2 heures montre en main, on fera du « match racing » sur un Class America dans la baie d'Auckland...
Pour les non initiés, Auckland est LA ville mondiale de la voile (City of Sail) ou tout voilier rêve secrètement un jour de laisser glisser sa quille dans les eaux tranquilles de son port. Un « Class America » est la Rolls Royce du monocoque de course spécialement dessiné (à grand renfort de dollars) pour une epreuve mythique chez les régateurs, la Coupe de l'America. Le « Match Racing » correspond au type de duels que se livrent les 2 monstres en lice, ce qui consiste en gros a faire un maximum de coups de pute a son adversaire sur le plan d'eau. Un vrai sport de malins-pervers... Parfait donc pour les 2 spécimens qui viennent de descendre de l'avion....

Moment d'intense bonheur en moulinant sur des winches gros comme un tambour de machine a laver avec mes potes retrouves. Eux, la banane aux levres, ne realisent pas encore ce qui leur arrive : 30 heures de vol, 25° C (Contre 0°C quand ils ont décollé), décalage horaire de 12 heures qui fait qu'ils joueront du winch a l'équivalent de 4h du mat en France. Belle perf' les gars!

Après une nuit réparatrice, nous embarquons le lendemain matin tôt pour Queenstown, l'ile du sud, ou commencera notre périple Sud-Nord en Camping-car (ils appellent ça « Camper-Van » ici).
Récupération des clés, briefing sécurité/vidange, courses de première nécessité (tisanes et shortbreads evidemment) et yallllaaaa! C'est parti pour le grand sud!

A gauche. Surtout, rester a gauche.... C'est que nos amis Kiwis, Commonwealth oblige, ont commis la même erreur que nos voisins Grand-Britons, ils conduisent du « mauvais » côté. Concentration maximum donc sur les ronds points, carrefours et sorties de parking.

Direct, nous fonçons vers le sud, Milford Sound et ses fjords de renommee mondiale sont notre premier objectif. Au premier briefing-binouze sur le parking du supermarche, nous devons faire des coupes franches dans notre ambitieux programme car 2 petites semaines sont bien peu de temps pour traverser les 2 iles... Adieu donc Christchurch et les baleines de la cote Est. De toute facon c'est pas la saison.

Nous prenons nos marques dans notre roulotte : « Bon alors la c'est pour les bières, la c'est pour les chips, la c'est pour l'Ipod... euh, le reste on va tout fourrer par la... ».
Première nuit, premier repas, donc première vaisselle... Tout se joue a Pierre-Papier-Ciseaux : La pierre écrase les ciseaux, les ciseaux coupent le papier et le papier enveloppe la pierre. En un signe, tout le monde a sa chance pour échapper a la corvée... Bilout' adopte une tactique basee sur la "psychologie" que meme Confuscius aurait trouve douteuse mais qui, je dois l'admettre, au debut porte pas mal ses fruits. Dans les premiers jours, le coquin echappe a la pluspart des tournees de plonge. Nous prouverons que sa "psycho-tactique" marche aussi bien qu'un plan de sauvetage de la BCE quand quelques jours plus tard il se coltine toute la vaisselle de la journee. Jubilation extreme avec Gab surtout que l'indien, d'apres nos sources, n'est pas le plus assidu sur le Paic-citron dans ses penates parisiennes...

Je ne vais pas vous la faire chronologique, notre epopee... Les superlatifs manqueraient pour decrire la diversite et la beaute des paysages que nous devorons au cours de notre longue route... Je vais plutot vous presenter quelques "snapshots" parmis les 2653 moments inoubliables de notre "road-trip" :

- Photo souvenir a "Kaka Criek": Ca tombe bien pour une journee de merde! Notre campervan est tombe en rade et il flotte dru. Un allemand nous prend en stop et nous nous faisons remorquer par un garagiste. Changement de roulotte.

- Les cascades de plusieurs centaines de metres qui degueulent des torrents d'une eau limpide et glacee dans les fjords de Milford Sound. Les sourires d'imbeciles heureux de Gab et Bilout' qui se sont fait trempe au petit matin en voulant faire les malins a rester sur le pont alors que le capitaine manoeuvre le bateau sous une cascade.

- Les "suggestions d'activite" de Bilout'. En general Quad, Motocrosse ou Buggy, cette fois, mosieur nous a trouve dans la famille "je fais un max de bruit et j'en ai rien a branler du paysage", le Jetboat. En gros, une 1/2 heure de tape-cul a grande vitesse en frolant les rives d'un canyon dans 10 cm d'eau... Bien rigolo quand meme, comme si bien decrit en grosses lettres qui font peur sur la brochure : "Sensations uniques au monde". Vente de photos de nos frimousses et du film de notre periple a peine a-t-on sorti les fesses du bateau. Une vrai lecon de marketing.

- L'apero sous nos bonnets en face du couche de soleil a Haast sur la cote ouest dans une plage deserte jonchee de souches d'arbres enormes draguees par les crues. Les couleurs roses-pourpre-oranges-vertes dont je ne saisie evidemment qu'un fragment de mes yeux de daltonien mais qui suffisent deja a m'emerveiller.

- Les seracs du glacier Franz Josef vus d'en haut et la bouille aux anges de Gab quand je me retourne dans l'helico. Notre pilote "prive" nous explique dans le casque le paysage avant de nous deposer au milieu du glacier pour quelques heures de rando en crampons dans le bleu-blanc.

- Le coup de maitre de Bilout' qui applique la technique du mec qui ne sais pas souffler quand on se fait arreter par une patrouille en rentrant de la fete du village in the middle of nowhere. L'experience du ch'timi dira-t-il. Bienvenue.

- Un petage de plomb musical sur une alcove de la route et Gab qui sort du campervan accoutre dans l'un de ses deguisements dont lui seul a le secret : Ce garcon ne voyage jamais sans ses jouets. Le specimen est mysterieusement encore celibataire mesdemoiselles... Battez vous, y'en aura pas pour tout le monde.

- Bilout' qui se prend pour Stalone sur les chemins du parc National Abel Tasman, arme jusqu'aux dents d'une branche d'eucalyptus a l'assaut des feroces feuillages ennemis qui passent a sa portee. Ma galere en kayak sur les eaux emeraudes du parc quand j'herite en binome dudit Rambo qui n'en rame pas une ayant laisse toutes ses forces dans sa guerre a la fougere.

- Les "playlist" de l'Ipod de Gab dont l'eclectisme musical ne cessera jamais de me surprendre. Le mosieur peux passer sans rougir de la "5eme de Beethoven" a Bernard Minet en passant par de la flute de pan gothique du 12eme siecle... Oreilles sensibles s'abstenir...

- L'eclaircie sur le volcan Tongariro alors que la meteo nous annoncait "pourri" pour ces 7 heures de trek. Globalement, on aura tout du long le posterieur borde de canellonis pour la meteo.

- La porte du monomoteur qui s'ouvre, le vent qui s'engouffre dans le cockpit et je m'assois avec 15000 pieds de vide sous les arpions. Un, deux, trois... go.
Nos bananes respectives en essayant de mettre des mots sur notre chutte quand, simplement, il n'y en a pas.

- Nos nuques engourdies de scruter les milliers d'etoiles sur la voute des grottes de Waitomo, les fesses dans une bouee sur des torrents a 30 metres sous terre. Nous apprendrons que nous observons en fait la merde lumineuse d'asticots des cavernes. Moins glamour d'un coup.

- Nos cris de panique quand il n'y a plus que 2 binouzes au frigo...


...juste une mise au point sur les plus belles images chez les kiwis...


Samedi 22 au soir, je ramene les 2 ostrogoths a l'aeroport. Nos shi-fu-mi, nos jeux de mots debiles, nos discussions a la mort-moi-le-noeud, nos moments kodaks et nos reflexions eminament philosophiques resteront longtemps comme de grands instants de bonheur. Merci les gars, vous etes fabuleux.

Pour l'heure, je ramene le Campervan pour son dernier voyage en ma companie au parking de l'hotel pres de l'aeroport ou je dois laisser les cles. Je m'envole a 9h le lendemain matin direction Perth, Australie et vers "la sonrisa de mi querida hermana"!


Message a caractere personnel :

- Ces lignes seront vraisemblablement mes dernieres sur ce blog dont l'ephemere duree de vie coincide helas a celle de mon periple. Merci a vous tous et a vos commentaires touchants et rigolos... Je les ouvraient avec la meme impatience curieuse que l'on a quand la lumiere rouge du repondeur clignote quand on rentre a la maison.
Dans 2 semaines c'est bioutifoul Paris, je vous debrieferai du reste en live!



Esprit de sagesse et de temperance, dans la recherche de tous les plaisirs sains et naturels qu'offre la vie - Epicure

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mardi 3 mars 2009

Qui c'est Papeete?




Jeudi 19/02 - Dimanche 22/02

D'office l'arrivee a l'aeroport de Papeete est un choc : On parle francais! Ca fait drole apres 4 mois d'espagnol/anglais. Il est etrange aussi de retrouver tous les codes francais dans un environnement plage-cocotier-soleil : uniforme des gendarmes, cabines telephoniques, panneaux de circulation, Renaults et Peugeots...

Sarah, une tres bonne amie de Marion (ma tendre cousine) m'accueille avec un collier de Tiare, tradition de bienvenue a Tahiti... J'adore cette tradition, ca met instantanement de bonne humeur je trouve. D'office, elle propose a Charlotte qui a debarque avec moi de l'heberger chez elle et de la conduire a l'avion le lendemain matin. Il est 23h et son avion est a 6h du mat. Sarah, qui ne connaissait pas Charlotte il y a 2 minutes, se levera donc a 4h pour la conduire et enchainera pour sa journee de boulot... Elle est comme ca Sarah.

Tout de suite, elle me propose sa voiture perso bicoz elle en a une autre, de fonction. Elle a prepare mon lit, des cles pour moi, une note avec ses codes internet et un guide des meilleurs coins de Tahiti a visiter pendant la journee... Elle est comme ca Sarah.

Je me reveille. Soleil et 30 degres. Je vais sur le balcon qui donne sur une superbe vue sur le lagon et, au loin, sur la silhouette dechiquetee de Moorea... Je check internet en buvant mon cafe. Un mail m'attend de Sarah : "Ah oui, j'oubliais, tu peux aussi utiliser la piscine de la residence et j'ai fait un poulet pour toi que tu trouveras dans le frigo pour dejeuner". Elle est comme ca Sarah...

Marion a laisse une forte empreinte sur toutes les personnes qu'elle a croise pendant ces 6 ans a Tahiti et le simple fait de dire que je suis cousin fait office de miracle et m'attire la sympathie de tous ceux qui l'ont cotoyee. He ouais, c'est de famille, on est geniaux.

Bonheur, je suis donc libre d'organiser mes journees entre farniente, plongeons dans la piscine au reveil, visite de l'ile en voiture et organisation des jours qui vont suivre, car j'ai bien l'intention de m'offir un petit tour dans les autres iles de polynesie. Ce serait sot, puisque je suis dans le coin...

Le soir, Sarah organise diners sur diners chez elle ou ailleurs et je rencontre le tout "popaa" de Tahiti (les metropolitains exiles). Pas possible de se deplacer 3 metres en ville sans s'arreter pour dire bonjour a quelqu'un. J'apprends les bases de polynesien, a savoir "Aita" (Non), "E" (Oui), "Ia orana" (bonjour), "Mauru'uru" (merci), "nana" (au revoir) et, important, "Manuia!" (Sante!). Essentiel aussi, le mot "Fiu". Intraduisible, c'est en gros un etat de "boaaafff!" qui exprime une furieuse envie de n'absolument rien foutre parce que juste pas envie... Tres commun dans les relations de travail avec les polynesiens d'apres les "popaas".

Sur les conseils de tout ce petit monde, j'organise donc mon sejour dans les iles. Dur, car il faut faire un choix cornelien parmis une multiplicite d'iles plus magnifiques les unes que les autres. De plus, je n'ai "que" 5 jours. Mes criteres etant "Pas trop de touristes et de la plongee", j'opterai donc pour Maupiti et Rangiroa avec une escale a Bora-Bora...


Lundi 23/02 - Dimanche 01/03

L'avion d'air Tahiti est un petit bi-moteur quasiment vide. Il faut dire que j'ai pris le vol de 5h30 du mat. Nous sommes donc 2 a debarquer a Maupiti avec un autre type que j'apprendrais plus tard a connaitre car il est au meme hotel que moi. Ici, si on n'est pas en "voyage de noce" du genre suite sur piloti - seau a champagne - coussins en forme de coeur, on a la solution "pension". Ce sont en fait des etablissements du style Bed & Breakfast tenus par des familles polynesiennes avec bungalows tres confortables.
Pour moi, le voyage de noce ce sera pour une prochaine fois. On m'a conseille d'aller "chez Edna", une pension perchee seule sur un "Motu".
Parenthese pour les gros nazes qui n'ont jamais voyage a Tahiti ;) , une ile volcanique est constituee de 3 elements : Au centre, l'ile a proprement parler et ancien cratere erode du volcan ; autour, une ceinture de petites iles coraliennes (les "motus") et entre les 2, le "lagon", en general compose d'eaux cristallines facon carte postale.

Chez "Edna" est donc tenue par Edna, une polynesienne de 60 ans environ et Gilbert, son mari un peu plus jeune. C'est lui qui vient me chercher a l'aeroport en bateau et, apres avoir evite quelques "patates" qu'il semble connaitre par coeur (excroissances coraliennes a fleur d'eau), il echoue l'embarcation directement dans la soupe de corail immaculee, en face de mon bungalow.
C'est le paradis. La polynesie comme on l'imagine dans les images d'Epinal : cocotiers penches sur l'eau, l'eau d'une purete folle, le soleil qui martele, un ile verdoyante a cote, un ilot de cocotiers au loin.

Gilbert est bien embete car nous avons aussi embarque 2 hollandaises a l'aeroport et lui ne parle pas un mot d'anglais... Pour son plus grand soulagement, je me propose donc de lui servir d'interprete.
Quand je dis "hollandaises a Tahiti", bande de degueulasses, vous imaginez bien sur 2 blondes elancees gambadant en tenue legere sur le sable chaud, 1.5 metre de jambe, des petit minois tout charmant et des moeurs delurees...
Ca, c'est chez les Bisounours, parce que quand Matt il rencontre des Hollandaises a tahiti, c'est : Une borgne qui vous regarde comme le capitaine crochet et qui pue la gnole/sueur a 10m... accompagnee d'une vieille toute frippee, les seins qui pendouillent jusque la, des croutes des coups de soleil de la veille, des chaussettes de laine dans des sandalles en plastique et un sourire de chicots a faire bosser un dentiste non-stop jusqu'a Noel... Bref, la petite boutique des horreurs reincarnee en 2 bouffeuses de Gouda.

Gilbert se debat avec elles car elles n'ont pas pris la demi-pension et n'ont du coup rien pour diner, perdues sur ce petit motu de cocotiers.
Ha , il faut que je vous explique Gilbert aussi : Polynesien, ca fait 10 ans qu'il habite sur ce petit bout de paradis. Pas vraiment stresse deja de nature, ca fait 3 mois qu'il a trouve la solution pour faire pousser des la marie-jeanne au milieu de ses cocotiers... Du coup, il est defonce du soir au matin avec de la "locale", ce qui le rend dans un etat de zenitude proche du nirvana.
Moi, au milieu des 2 monstres et de Bob Marley, je m'arrange pour que Gilbert aille les conduire au supermarche de l'ile en bateau. Un sketch.

Ma BA accomplie, je m'installe pour une petite sieste sous un cocotier (gare aux chutes de coco!) car je me suis leve tot et je suis naze.

Le soir, je retrouve a la table en face de l'eau Jean-Marc, le voyageur avec qui j'ai debarque de notre vol pour matinaux. Il est formateur de son metier et est envoye d'ile en ile pour expliquer les metiers de l'hotellerie aux jeunes afin de leur offrir des debouches et les desenclaver un peu. Tres sympa, nous discuttons en devorant le carpaccio de poisson cru fraichement peche d'Edna.
La dessus, Gilbert arrive, embette comme tout car les hollandaises se sont achetees de la choucroute (!!!!) et veulent conserver les restes dans son frigo... il a peur que le plomb de la boite de conserve bousille son frigo.

Nous faisons ensuite un petit billard et Gilbert vient nous retrouver, defonce comme jamais. Il me fait gouter la biere "locale" (aussi) qu'il fabrique a base de jus d'ananas qu'il fait fermenter pendant quelques mois. Pas degueu du tout, je me laisse resservir volontier. La partie durera des heures... Un grand moment.
Nous finissons dans les bras les uns des autres en se disant que certaines personnes etaient definitivement faites pour se rencontrer.

Edna me conduit le lendemain pour chopper le bateau vers Bora-Bora. En chemin, nous croisons les hollandaises, dans l'eau, qui levent les bras la haut tres haut en me faisant des grands signes d'adieu... vision d'horreur... sous les bras c'est les Jacksons' Fives dans leur grande epoque Afro.

Il fait tres mauvais et je comprend pourquoi on appelle plus souvent ici cette coque en V qui rejoint Maupiti a Bora-Bora le "Vomiti Express" que le "Maupiti Express".
J'arrive a Bora-Bora sous la pluie battante et je ne verrai rien des couleurs bleutes du lagon a priori magnifique. Bora-Bora souffre d'ailleurs difficilement a mes yeux de mon experience magnifique a Maupiti et je suis content de ne rester qu'une nuit dans cette ambiance vraiment trop touristique.

Je m'envole des le lendemain pour Rangiroa. Vous dites "Rangi" a un plongeur et il a les yeux qui petillent. Les 2 passes de cette ile ont en effet la reputation d'offrir une faune aquatique extremement dense et diversifiee.
Accueilli dans une autre pension, "Chez Martine", je recupere mon bungalow super confort sur la plage: Petite fleur de Tiare sur l'oreiller.

Je fais du stop jusqu'au centre de plongee et m'organise pour plonger le lendemain dans les 2 passes. Une "passe", c'est en fait un passage entre 2 motus ou l'eau de l'ocean s'engouffre ou s'echappe dans le lagon au gres des marees. Requins, dauphins, raies mantas, barracudas viennent par centaines se nourrir dans ces endroits comme des americains dans un foodcourt.

Il flotte quand je me reveille mais nous rentrons dans l'eau de la passe d'Avatoru sous le soleil. C'est pas pour les debutants "Rangi", je ne plonge qu'avec des passionnes qui ont + de 200 plongees et des proprietaires de centres. Le briefing est expedie. Ca fait 2 secondes que je suis sous l'eau et j'apercois deja mon premier requin: Un aileron blanc du recif appele ici "Tapete". Moi je peux vous dire qu'il n'a pas l'air du tout d'une tapette et c'est pas moi qui irai lui dire (rrro c'est bon ca Matt!).
Fred, le divemaster a ammene des tetes de poisson pour aiguiser un peu l'apetit des squales car ils restent en general trop profond pour pouvoir etre observes. Ecologiquement discutable (n'est ce pas mon gros raisin?), mais bon, j'en prends plein les mirettes. Ces grosses bestioles passent a quelques centimetres de moi en se dandinant avec cette elegance qui leur est propre. Meme pas peur.

Deuxieme plongee dans la passe de Tiputa. Plongee derivante, c'est a dire qu'on se laisse aller avec le courant et on regarde. La plongee, c'est un gros sport de feignant. Requins, barracudas, carrangues, tortue.

Retour a la base, on me propose une troisieme plongee pour observer le ballet des poissons-sergents qui se reproduisent au coucher du soleil. J'accepte sans qu'on me force trop. Nous sommes 2 plongeurs et le divemaster. A peine suis-je rentre dans l'eau que je tombe nez a "nez" avec 3 dauphins... C'te joie! 2 femelles viennent tout pres de nous... je palme comme un dingue pour rester en contact et l'une d'elles me presente son ventre... Je la caresse doucement... C'est fabuleux... Sous l'emotion, je consomme mon air comme un malade. Au toucher, on dirait la texture du caoutchouc mouille tres lisse... un peu comme une chipolatta crue mais tres dense (je me suis creuse la tete pour trouver la comparaison figurez vous!). Du coup je me fout de l'orgie reproductrice des poissons sergent et je continue la plongee avec une banane jusqu'aux oreilles. Le divemaster me dira a posteriori qu'il est extremement rare de pouvoir approcher ces dauphins dans leur milieu sauvage et qu'en general il ne faut pas trop les toucher car on ne sait pas quelle reaction pourrait avoir les males qui rodent autour...

Retour en avion a Papeete. A l'aeroport, je croise un consultant en voyage de noce avec qui j'ai bosse sur une mission... Humpf ca fait drole! C'est si loin tout d'un coup!
Sarah m'accueille et nous partons directement voir des ballets de danses tahitiennes. J'en profite pour me faire tirer le portrait avec une vahinee charmante...

Samedi, je prepare mes affaires pour repartir vers la Nouvelle-Zelande. A tahiti mon budget en a pris un serieux coup mais je suis aux anges d'avoir pu faire autant de choses dans cet endroit qui sonnait a mes oreilles de metropolitain comme une detination de reve si inaccessible. Je ne suis pas decu. Et je sais que je n'aurai jamais vecu la polynesie francaise si pleinement sans l'accueil si simple, si parfait et si naturel de Sarah. Merci madame.


Dimanche 01/03/09

Le jour le plus court de ma vie. Decollage a 7h30. Je passe la ligne de changement de date dans l'avion et arrive a Auckland le Lundi 02/03 a 12h apres 6 petites heures de vol.


Lundi 02/03 - Samedi 07/03

Je me balade dans le nord de la Nouvelle Zelande.

J'abbrege car ce soir, c'est samedi soir et demain je vais chercher Gab et Antoine a l'aeroport d'Auckland... Depuis le temps que je les attends ces 2 la!
Il est prevu de se faire 2 semaines de "Road trip" du sud au nord du pays...

Pas d'inquietude donc si vous n'obtenez que des nouvelles "sporadiques" sur cette periode de temps. Je leur passerai peut etre la plume, tiens, pour voir...

jeudi 12 février 2009

Rapid'Chili & Rapa Nui



Oulaaa! je me suis fais severement redresser les bretelles par un paquet d'entre vous pour cause de pas de nouvelles pendant un petit bout de temps...
Alors, sachez que :
- Je suis tres flatte que vous soyez si ferus de mes nouvelles
- Internet, dans les iles, c'est rapide comme un corail Limoges-Perigueux
- Trop de choses a voir en trop peu de temps: Je profite un max.
- Trop de merveilles et peu de mots pour les exprimer

Allez, je m'y essaye quand meme maintenant que j'ai 2 minutes...


Vendredi 6/02 - Lundi 9/02

Iquique : Ville de peu d'intérêt touristique si ce n'est sa plage grouillante de monde. Ce lieu doit être sympa à vivre car, a partir de 18h, sortie de boulot, tout le monde se rejoint sur le sable pour s'amuser dans les rouleaux, se bronzer les fesses au soleil et déguster une glace vendue par les innombrables vendeurs ambulants .
On est loin du périph' et de l'heure et demi de bouchons pour revenir après 10 heures de clavier AZERTY... A bon entendeur, salut.

Je prends quelques heures de cours de surf avec, entre autre, des gamins de moins de 10 ans qui se démerdent mieux que moi (les p'tits cons). Je bois quelques tasses aromatisées a la méduse (elles pullulent ici) mais je pige assez vite et arrive a grimper sur le "longboard" en peu de temps. J'adore, je pourrai rester des heures a me faire brasser par les rouleaux, ca me rappelle mon enfance a Saint Malo!


Mardi 10/02 - Vendredi 13/02

Je m'envole pour Santiago ou je retrouve Ségo, une voisine de beautiful Saint Nom la Breteche qui habite la bas avec son mari, Tuca, et ses 3 superbes enfants. Ils sont en plein cartons car ils retournent en bloc pour de vrai dans 2 semaines au pays des grèves de taxi, du saucisson a l'ail et de Mireille Mathieu. Ils m'accueillent comme un prince avec un "asado" (barbecue) garguantuesque dont Tuca est amoureux. Il m'apprend la recette trés élaborée du "Pisco Sour", un cocktail qui se boit comme du petit lait (Pisco, glace, jus de citron, blanc d'oeuf, sucre) mais qui vous fait danser les dervich-tourneurs des que vous commandez sa petite soeur... D'emblée, Santiago et Tuca me plaisent donc.

Je visite rapidos le centre de Santiago et pars sur la cote découvrir Valparaiso pour la journée du lendemain. Rien de bien excitant selon mon sentiment a part les célebres ascenseurs d'époque (fin 19eme) qui vous permettent encore d'arpenter sans tendinite les monts escarpés de la ville. Retour a Santiago, soirée avec Ségo et Tuca chez certains de leurs amis adorables: Asado, Pisco, Vino, 3h dodo et 6h tacos pour l'aéroport.

C'est un jour tres spécial ce 14 février 2009 : Je m'envole pour l'Ile de Paques. J'y crois a peine...


Samedi 14/02 - Mercredi 18/02

Sur mon petit moniteur personnel, la carte du monde indique en temps reel la position de l'avion qui se dirige lentement vers cette tache minuscule au milieu du grand bleu : "Easter Island", rien que son nom semble plus grand que sa superficie.

Rapa Nui, c'est le vrai nom d'origine de l'Ile de Paques car "decouverte" un jour de Paques 1722 par un Hollandais. Bon, ca vous pouvez l'apprendre en regardant Thalassa... il faut vraiment venir ici un jour si vous pouvez car c'est un endroit UNIQUE: les gens, l'atmosphere, les paysages, la mer, les animaux, la biere, tout.

Ca y et, j'ai quitte l'amerique Latine, le continent en tout cas, car l'ile de Paques appartient toujours au Chili... mais quel changement! A l'aeroport, on ressent instantanement l'influence Polynesienne : colliers de fleurs de bienvenue, les facies ont changes. Tout le monde est beau ici : Femmes, hommes, enfants. Incroyable quand on sait qu'ils sont a peine 4000 a repeupler, de generation en generation ce bout du monde depuis plus de 1000 ans! Pas un degenere, pas un estropie, tout le monde il a des biscotots a faire palir le plus costaud de la salle de muscu du 15eme, tout le monde elle a des silhouettes a faire passer l'election de miss France pour une foire a l'andouillette.

Comme d'habitude, je n'ai rien reserve et j'arrive a l'aeroport un peu a l'arrache. Martin, de la pension "Martin et Tina" me propose une chambre chez lui. Apres quelques negociations, me voila dans sa voiture avec Charlotte, une Franco-Suisse qui loge dans le meme endroit. Nous sympathisons et passerons les 4 prochains jours ensemble.

Tres vite, je pose mes affaires et ne resiste pas a la tentation d'aller rencontrer mon premier Moai, une des fameuses statues au serieux facies representant (pour la majorite) les ancetres des "rapa nui". Il se dresse la, devant moi, dos a la mer, fixant des ses yeux blancs un vague horizon (j'apprendrais par la suite qu'ils regardent le village d'ou ils sont originaires). En toile de fond, des athletes surfent d'enormes vagues qui deferlent sur cette cote dechiquetee de "cailloux" (comme on dit dans ma famille bretonne pour dire que l'horizon n'est pas chiant comme une plage de la Costa Brava).

Si vous n'arrivez pas a voir de moaie sur cette ile, c'est pas des lunettes qu'il vous faut, c'est un chien.
Ils se conjugent en effet a tous les temps : Moaies debouts, moaies couches, moaies avec ou sans chapeau, moaie avec ou sans yeux, grandes oreilles a l'est, petites oreilles a l'ouest (ou l'inverse), moaie sur fond d'ocean, sur fond de volcan, a flanc de colline,... sans parler des moaie au Naise ou des moaie au Debain (Bigard, sors de ce corps).

Tous les moyens de transport sont bons pour visiter les 176km2 de l'ile : Cheval, VTT, quad, voiture. Avec Charlotte, nous opterons pour les 3 derniers. J'avoue que je regretterai un peu par la suite de ne pas avoir tente le bourrin: C'est l'inconvenient de ne rien avoir reserve a l'avance... Je reviendrais de toute facon!

VTT le 1er jour pour monter sur un volcan et dominer une vue somptueuse sur un cratere tachete de petites iles de bambous. Au second plan, la mer d'un bleu d'une intensite a guerir un daltonien.

Quad le 2eme jour. Rrraa Bilout'! J'ai tellement pense a toi mon coco quand, les cheveux au vent (expression idiomatique valant pour nous deux - no comment), j'arpente les pistes poussiereuses le long de la cote, odeur d'iode, quelques cumulus pour la photo et des lumieres de carte postale. Quel pied!

Pic Nic entre une statue et la mer qui se dechaine sur les rochers... Charlotte et moi flashons en fin de journee sur l'allignement de 15 moaies colossaux, dos a la mer... Assis en face, nous sirottons une biere que nous avons achete un peu plus tot dans une cabane (Bon vivant rime avec prevoyant!)... les couleurs rougeoyantes du soir en font un endroit profondement mystique... et nous sommes absolument seuls! Quel plaisir d'arpenter ces lieux mondialement connus comme si nous etions les premiers a les decouvrir...
Retour de nuit sur notre quad dont les faibles phares surprennent au detour de chaque virage, une vache, une poule, un cheval sauvage... cuidado Mateo!
Diner succulent de poisson cru et de Pisco Sour en bord de mer.

Les locations courent sur 24h. Du coup, ca nous laisse le temps de se faire le coucher ET le lever de soleil ou on veux sur l'ile. Nous decidons de revenir au petit matin sur les 15 Moaies. Plein est, le soleil va se lever juste derriere eux. Re-40 minutes de route de la cote dans la nuit du petit matin cette fois... Re-ciel du pre-leve aux lueurs emouvantes de beaute... Re-pied integral sur la route...
Re-couleurs de malade sur les moaies...

Voiture le 3eme jour. Qui a dit qu'on s'embettait a Rapa Nui? J'ai entendu ca quelques fois. Nous arpentons les pistes de l'ile en 4x4 pour aller jeter un oeil a tous les coins que nous n'avons pas encore "fait". Grottes, plages et moaies (ha bon, yen a?) nous comblent l'apres midi et la matinee du lendemain.

Je garderai vraiment un souvenir unique de ces 4 jours sur cette ile si reculee.
Une beaute tellement intense et preservee.


Mercredi soir, nous prenons l'avion les yeux remplis d'images inoubliables... direction Tahiti! Ca va, ya pas trop de quoi deprimer!

mercredi 4 février 2009

POUR l'augmentation des Salars!



Vendredi 30/01 - Mardi 3/02

Put... Umberto Eco il faut se le taper quand même... Ca fait un baille que je suis sur le Pendule de Foucault et ca n'en finit pas... Ah ca Micki, tu me la recopiras ta balade!... Et puis c'est tellement rude que ce ne me pousse en plus pas à l'ouvrir ce satané bouquin... Et comme, chez les Morivaux, JAMAIS on n'abandonne un bouquin (c'est comme ca de père en fils depuis des générations), et ben il faut que je me le tape jusqu'à la dernière ligne... 10 pages pour décrire une pauvre pièce de musée, des théories théologiques par paquet de 200, roses-croix et templiers en veux tu, tiens c'est gratos...
Un extrait? : Les pauliciens sont ici. Celui la plane au milieu des coraux, longs battements d'ailes de lépidoptère, cent contre un qu'il a remarqué son foetus d'homonculus abandonné au fond d'un athanor désormais percé... et puis un poisson templier, tout loriqué de noir, il cherche Noffo Dei. Il effleure l'hésychaste asthmatique, qui navigue, absorbé et courroucé, vers l'Indicible... Tiens, vas y, fume! c'est du belge...

Je souffre donc sur ce "classique" dans le bus qui nous mène de Potosi a Uyuni. Pas trop quand mème car les paysages sont magnifiques.

Uyuni est une ville-étape créée au bord du Salar du même nom, au milieu d'un désert désertique ou ya rien de rien. Elle est cependant abreuvée chaque jour par des flots de touristes qui viennent élire l'une des 60 agences pour gouter aux joies d'un tour organisé dans la merveille naturelle à proximité.

Nous, avec Noemie et PA, on a le temps. Alors on s'organise la totale : un tour de 4 jours auprès d'une minette qui nous vend bien son affaire ("la voiture est une Toyota landcruiser neuve"). Nous serons 6 passagers dans le 4x4 avec une autre française, Laetitia et 2 Argentins très cools Natalia et Alexandro. Nous accompagnent le chauffeur et un cuisinier.

Impossible de décrire les paysages que nous croiserons pendant ces 4 jours. "Irréel", "incroyable", "lunaire", "fou", "magique" sont les mots qui reviennent le plus souvent à notre bouche...
Après un cimetière d'anciennes locomotives, nous arrivons sur l'immensité du désert de sel, puis escaladons un volcan sanctuaire de momies, passons des forets de cactus perdues au milieu du salar, arrivons dans un désert saharien, et puis hop! on s'envoie des lagons multicolores peuplés de flamands roses par centaines, des geysers, des arbres de pierre,... On absorbe comme des éponges en s'inventant la recette pour profiter pleinement de chaque seconde.
Il faut vraiment venir ici.

On m'appelle maintenant "Yann Arthus" dans le 4x4 car mon Nikon ne sait plus ou donner de l'objectif... Le blanc immaculé du désert permet de faire des prises de vues avec perspectives assez rigolotes...

Nous dormons dans des hotels de sel où tout, des murs aux lits en passant pas le bar sont construits de sel. Nous mangeons comme des ogres car le cuistot est bon. Dites moi si vous voulez partir, je vous recommanderai cette agence.

4ème jour : Nous arrivons vers 10 heures a la frontière Chilienne, Noemie et PA ont décidé de m'accompagner a San Pedro de Atacama au Chili, à une heure en bus. Les autres retournent a Uyuni.


Mercredi 4/02 - Vendredi 7/02

Que des Français! Nous entendons la langue de Molière à chaque coin de rue de San Pedro de Atacama. Je me renseigne pourquoi, et on me dit que c'est une destination "à la mode". ah. bon.
C'est vrai que c'est une petite ville agréable, au milieu du désert mais tout équipée d'hotels et restos plus ou moins chicos. Nous sommes d'ailleurs choqués de la différence si soudaine avec la Bolivie. A 1 heure de la frontière, les voitures sont ici rutilantes (oh une Twingo!), les toilettes sont propres, les gens ont effectivement des dents et sont habillés à l'"US-européenne".

Nous louons jeudi des VTT pour aller faire un tour dans le coin. 2 heures de piste défoncées sous le cagnard ou les selles nous meurtrissent l'arrière-cul. Nous rejoignons un le "lago Ceija", un petit lagon saturé de sel qui propose donc les mêmes vertues de flottabilité que la Mer Morte. Nous nous baignons en faisant naturellement les cons (Gab, tu m'as manqué pour faire la nat synchro). Retour via un "raccourci" qui nous remeurtri ce qui nous reste de post-train pendant 2h30...

La nuit nous allons découvrir les étoiles avec un français qui organise des conférences depuis plusieurs années au Chili. Super intéressant. Je connais maintenant tout sur Orion, le grand chien, le petit chien et la crotte du petit chien... "Tu vois petite... là... cette étoile?...Elle n'a pas de nom... Désormais ce sera la notre..." Ca va chopper je vous dis.

Vendredi, je dis à très bientôt a Paris a Noemi et PA qui s'en vont vers l'Argentine. Moi, j'attrape un bus pour Iquique, dans le nord du Chili.

vendredi 30 janvier 2009

Dinosaures & Dynamite...




Samedi 24/01 - Lundi 26/01

10 centimètres. Qu'est ce que 10 centimètres? La distance d'un pouce a un auriculaire? La taille d'un stylo Bic? de la bistouquette de Sarko?
10cm, c'est l'espace qui me manque pour pouvoir dormir dans ce p... de bus de La Paz a Sucre. Les semi-lits du bus sont de nouveau pensés pour les 7 nains et le chauffeur n'a vraiment rien de blanche neige. Rien a faire, j'ai beau me tourner dans tous les sens, il me manque toujours ces foutus 10cm. Une vraie torture a laquelle devraient penser les administrateurs de Guantanamo!

Arrivé a Sucre la tête dans le fût. Trouvage d'hotel (2.5€) et sieste.
J'ai croisé a nouveau un couple de francais au sortir du bus, Noemie et Pierre-Alexandre (PA) avec qui je vais faire un bout de route.

Sucre, capitale constitutionnelle de la Bolivie et patrimoine de l'Unesco, est surnomée la ville "Blanche" car construite du calcaire blanc extrait de la région. Nous découvrons une ville déserte : 48 heures avant le référendum, tout ou presque est fermé. Horreur suprème, nous aprenons que bars et restaurants n'ont pas le droit de vendre d'alcool... Même pas une petite binouze... Dur dur, c'est nos apéros qui s'envolent.

Lundi, visite de "Cal Orko" pour observer les traces de dinos découvertes au hasard de l'exploitation d'une carrière. Tourisme oblige, les autorités ont développé un musée/parc, le "Park Crétario" (Tantannnnn!) avec reproductions de dinos grandeur nature. Wouahou dingue! Je n'ai malheureusement pas de petit frére pour prétendre que je l'accompagne mais je m'éclate au plus grand amusement de Noemie et PA...


Mardi 27/01 - Jeudi 29/01

Départ pour Potosi, à 3 heures de bus au sud. Ville la plus haute du monde a 4060m d'altitude, j'en ressens les effets et j'ai du mal à respirer. Très agréable avec ses routes piétonnes mais ca caille sévère. Le but ici est de visiter une des mines d'argent toujours en exploitation.
Une agence recommandée par le Lonely nous prendra en charge pour la demi journée de visite. On nous fourni un véritable équipement de mineur avec pantalon/veste imperméables, casque et frontale. Nous passons dans un marché pour acheter des cadeaux aux mineurs pour les remercier de nous accepter dans leur mine. J'apprécie le principe car ca me retire un peu du sentiment désagréable d'aller au spectacle ou au zoo...
Dans notre panier :
- Feuilles de Coca que les mineurs machouillent à longueur de journée en guise de coupe-faim et d'"énergisant",
- Sodas pour leur rafraichir la gorge asséchée de poussière
- Dynamite pour leur permettre d'extraire le précieux métal
- et Alcool à 96º (!!!!) pour leur faire oublier leurs conditions de travail. Sur la bouteille blanche en plastique est inscrit "Buen Gusto". J'en goute un bouchon... Vindiousse... Ca vous déboucherai un chiotte!

Nous arrivons a l'entrée de la mine. Dehors, des mineurs complètement bourrés (cf ci-dessus) dansent au son d'une flûte de pan.
Nous allumons nos lampes et rentrons dans un trou noir s'enfonce 2 rails. Comme dans les films. Nous avancons les uns derrières les autres. "Ne touchez pas les cables a droite" nous dis le guide, c'est du 220V et l'apport en oxygène. A fur et a mesure de notre évolution dans les profondeurs de la mine, plusieurs fuites nous font nous interroger sur les conditions de sécurité du lieu. Clairement, on est très loin du ISO 9002

Ca fait 10 minutes que nous nous enfoncons, notre tête cogne maintenant systématiquement aux troncs de bois qui maintiennent les gravas, je suis courbé en 2 car nous évoluons dans des couloirs de 1.50m de haut environ. 2 personnes ne pourraient se croiser qu'en se collant a la paroie.
Nous rencontrons des mineurs de 15 a 70 ans, la joue déformée par la boule de feuilles de coca. Ils travaillent pour une misère 8 heures par jour, 6 jours sur 7 dans des ces conditions incroyablement difficiles. Le vendredi, ils triment 16 heures d'affilée pour ne pas avoir a travailler le dimanche. Il fait très chaud, la gorge est enflammée par le souffre et la poussière, on peux a peine se retourner. Je penserai a eux quand je ralerai parce qu'il n'y aura plus de café dans la machine à Neuilly...

Le guide nous informe que nous allons descendre au 2ème, puis au 3ème niveau à -50 mètres. Nous rampons maintenant dans des conduits ou je peux a peine passer les fesses. Ca glisse, c'est instable, il fait chaud, on voit rien, la gorge pique... Sale temps pour les claustros.
Au 3ème niveau, d'autres mineurs tirent a dos d'homme un chariot de métal qui sera extrait a l'air libre dans de gros sacs par un système de treuils. C'est l'âge de pierre. INCROYABLE et terriblement choquant. Nous leur offrons respectueusement et avec une inévitable pitié le fruit de nos achats sur le marché.

Nous remontons a l'air libre par les mêmes boyaux glissants. Pas mécontents de retrouver l'air libre. Tranquile, notre guide allume un baton de dynamite et nous le fais passer de main en main (cf la photo ci-dessus). 3 minutes de mèche (ENVIRON!). L'explosion est super forte. On hallucine.

Remis de nos émotions autour d'une Huari, la bière locale, nous décidons avec Noemie et PA de partir ensemble le lendemain vers Uyuni et son fameux salar.


Messages a caractère personnel :
- 'Toine & Anne-So, avez vous récupéré le guide que je vous ai envoyé d'Equateur?
- Anne-Lise, profite. T'as raison.
- Tom, j'ai essayé d'expliquer "Pyramide" à des argentins, on les aurait impressionné si tu avais été là!
- Maman, tout va bien. No stress.

vendredi 23 janvier 2009

Un Titicaca et hop à la Paz!




Lundi 19/01 - mardi 20/01

Trajet de nuit en bus depuis Cusco. 10 heures. Traversée du poste-frontière Bolivien. Tampon. Mini-bus jusqu'à "Copacabana", Bolivie, rien a voir avec son homonyme brésilienne puisqu'au bord du Lac Titicaca. Donc pas de string ficelle a 4000m d'altitude (dam!).

Je choppe un hotel pas mal. La vie n'est pas chère en Bolivie, je paye 6 Euros pour l'équivalent d'un 2 étoiles français (Eau chaude 24/24, toilettes privées). A la réception, je rencontre 3 francais (les premiers depuis mon départ!): Claire, Seb et Blaise avec qui je partagerai les quelques jours qui suivent.

Copacabana est une ville bien roots avec son lot de cheveux gras, dreadlocks et barbes de 15 jours qui vendent sur le trottoir le fruit de leur art. Les échoppes boliviennes quand a elles, bigarrées de ponchos, écharpes et autres tissus artisanaux se disputent aussi les portefeuilles des passants...
On n'échappe pas a Bob ou Manu Chao dans chaque resto ou bistrot.

Je pars le lendemain avec Blaise pour l'Isla del Sol, île mythique située au milieu du Lac Titicaca ou serait né le soleil d'après les Incas. Ca tombe bien, il pleut des cordes quand on embarque dans cette sorte de boatpeople trainé poussivement par un moteur 75CV... 2h de trajet houleux et gerbique et nous arrivons enfin au nord de l'Ile. Le soleil nous y attend, ca marche!

Grimpette sur l'ile montagneuse sous le cagnard après s'être repus d'un burger vendu sur le trottoir. Je surprendrais à la dernière bouchée la gentille vendeuse rattraper un des steaks a même le sol et le recoller ni vu ni connu sur le grill. Ah c'était ca le petit goût...
Les points de vue sur l'ile sont partout. Le Lac Titicaca est une vrai mer intérieure dans laquelle viennent se refléter les gros cumulus blancs d'altitude. Très photogénique.
Sur la route,nous échangeons avec Blaise nos adresses de restos parisiens. Incorrigibles français à toujours parler bouffe, je suis satisfait de croiser quelqu'un qui, comme moi, pense que la Mozzarella et le Toffu sont a la gastronomie ce qu'Arielle Dombasle est au cinema: Ca sert à rien. Révoltez vous, amoureux du lait de Bufflonne et emmenez moi pour voir dans un resto qui me fera changer d'avis!

Sur le trajet du retour, le pilote du boatpeople nous propose d'aller a TitiHurta, des îles flottantes faites de paille sur lesquelles vivent encore quelques indigènes. En guise d'île flottante, nous découvrons Disneyland: "Welcome to Titi-Hurta". Il faut payer 5 Bol pour fouler du pied une pauvre ile où les gamins déguisés posent pour la photo moyennant pourboire. C'te blague. Nous demandons au pilote de gentiment s'asseoir sur ses 5 Bols et de nous ramener au port.
Resto et pinard (ca faisait longtemps!) avec les francais... La spécialité ici est la "Trucha", truite du Lac. Un délice.

Seb, Claire et Blaise qui ont déjà passé quelques semaines en Bolivie m'informent qu'il ne vaux mieux pas trop trainer dans les grandes villes Boliviennes bicoz Evo Morales a lancé un référendum pour faire valider sa nouvelle constitution. Le vote a lieu le dimanche 25/01 et ca pourrait être un peu chaud car les "riches" sont farouchement opposés au texte qui est clairement a l'avantage des Indigènes (qui représentent au passage quand mème 70% de la population). Je vous en dirai un peu plus plus tard si vous êtes gentils.
Je dois donc m'organiser pour éviter La Paz dimanche 25. J'irai donc jeudi et vendredi puis je partirai a Sucre qui devrait être plus calme. Ca tombe bien, les français partent eux aussi pour La Paz mercredi avant de repartir vers l'argentine.


Mercredi 21/01 - Vendredi 23/01

4h de bus pour La Paz. Le premier hotel est le bon. Balade dans les marchés environnants, notamment le marché aux sorcières ou les petites vieilles vendent poudres de chance, elixirs d'amour, crapauds séchés et foetus de lama. Je demande a l'une d'elle si par hasard elle aurait pas un truc contre la chute des cheveux: "Un bon coiffeur" me dit elle! Amusé, je suis à 2 doigts de lui casser sa petite gueule ridée de Bolivienne de m...

Lendemain, nous nous baladons sur les hauteurs de La Paz. C'est une ville surprenante, grouillante de marchés et de vendeurs ambulants de toute sorte de merdasses. Construite au fond d'une faille de l'altiplano, elle bénéficie des sources d'eau qui ravinnent des collines mais patie sévèrement de la pollution stagnante qu'elle dégage. Voitures, taxis, bus et combis se faufilent dans un bordel indescriptible. Priorité au plus culotté, on se demande comment il n'y a pas plus de tôle froissée. Tout en première pour grimper les côtes, épaisse fumée bleue issus de pots épuisés, on s'en prend plein les narines. Je te claxonne pour t'avertir que je double, pour t'appeler, pour te saluer, pour t'insulter, il faut un Doctorat en claxofonie pour ne pas commettre d'impair.

Au hasard d'un coin de rue, nous tombons sur une place ou se sont réunis le tout indigène de La Paz et des environs... Nous apprenons qu'Evo Morales doit s'exprimer ce soir dans un de ses derniers discours de campagne avant le référendum. On ne peux pas louper ca!
De retour sur la place le soir même, nous nous mélons à la foule compacte, tous partisants du "SI" et bien décidés a plébisciter leur héro de président. En fait, 70% de La Paz est a priori partisant de la nouvelle constitution. C'est plus tendu dans les provinces riches de Santa Cruz.

Je vais maintenant parler 2 secondes de la constitution Bolivienne. Pour ceux qui n'en ont rien a foutre, circulez, merci de retourner à vos tableaux Excel ou slides Powerpoints.

Evo Morales, après 3 ans au gouvernement et une lutte acharnée contre l'analphabétisme (14% en 2001), a fait de cette nouvelle constitution son bébé et cheval de bataille pour défendre les intérêts des indigènes. A priori un grand pas en avant pour ces peuples laissés de côté par les quelques 400 ans d'autocraties successives.

En résumé et entre autres:
- Attribution de droits et des statuts particuliers à 36 nations indigènes exclues depuis toujours
- Taille maximale pour les propriétés agricoles (Pas plus de 5000 hectares).
- Pour un meilleur contrôle, le gouvernement nationalise la plupart des ressources énergétiques
- Séparation de l'État et de l'Église catholique, en éliminant tout statut particulier pour toute religion
- Pas de reconnaissances des homosexuels
- Pas de droit a l'avortement
- Reconnaissance de la feuille de Coca comme un patrimoine national.

Voila, c'était la page politique pour ne pas mourrir trop con, que nous allons vite refermer parce qu'il y a plus drôle.

Je quitte donc mes 3 compères ephémères (yo!) et choppe un bus de nuit pour Sucre. 12 heures de bonheur insomniaque...



Messages à caractères personnels :

- ERRATUM : Un de nos érudits lecteurs nous a fait, lors du dernier numéro, une remarque forte a propos sur laquelle notre rédaction se devait d'apporter toute la lumière: Après de plus amples recherches, il s'avère que, oui, Esteban, Zia et Tao ont bien commencé leurs aventures aux pays Incas et s'envolent ensuite vers le Mexique et les Mayas grâce au Grand Condor piloté de main de velour par Esteban. La rédaction tient cependant a émettre toutes ses réserves quand à la véracité chronologique de certains faits, notamment quand a la présence des Olmèques (disparus en 700 av JC) en contemporains des Mayas... Elle remercie cependant son lecteur fidèle pour sa sagacité et pour avoir pris afin d'éclairer nos esprits confus un peu de son temps ô combien précieux.

- Môsieur Pinpin, quant au style de mes écris: J'ai pensée qu'une petite envolée lyrique ne faisait jamais de mal... En parfait limier du verbe français, vous avez du reconnaître une "énallage"; figure de style qui consiste à employer une forme autre que celle qu’on attendait. Il peut d'ailleurs s’agir d’un échange de mode, de temps ou d’un genre à la faveur d’un autre.
Mais j'ai bien senti à votre ton un poil taquin que pour satisfaire votre récréation j'aurais du me cantonner au lexique Caca-Prout qui semble mieux correspondre a votre niveau de lecture quotidien. Il est vrai que dans l'Equipe on fait rarement dans le Bau-delaire. :)
Bises mon grand. J'étais mort de rire à la lecture de tes commentaires.

vendredi 16 janvier 2009

Mannnnchu Picchu !




Dimanche 11/01 - Jeudi 15/01

Bus de nuit pour Cusco. Je dors mal. Arrivé a 6h a l'auberge de jeunesse, j'ai reservé une place en dortoir. J'aurai du choisir une option un peu plus luxe après une nuit dans le bus : ca caille dans la chambre et j'apprends que cette auberge est réputée pour ses "fiestas de folie". Moyen moyen pour préparer le trek du lendemain.
Je me balade dans Cusco ou il fait considèrablement frisquet.

J'ai reservé mon trek sur l "Inka Trail" un peu a l'arrache et a l'aveugle sur Internet. Ce trek mythique de 4 jours n'est en effet pas accessible a tout péquenot qui débarque a Cusco avec ses Patogas, sa b... et son couteau Suisse. Le parc national doit donner son autorisation en fonction de quotas serrés. Il est donc nécessaire de réserver en général 3 mois a l'avance. Janvier étant la saison basse (saison des pluies) j'ai pu m'en tirer pas trop mal et trouver une place 1 mois avant a distance depuis les Galapagos.
Après échanges de mails, l'un des guides vient me faire un briefing a l'auberge de jeunesse: Prévoir 3 T-shirts manche longue, polaires, bonnet, poncho imperméable, pantalon K-way, protection anti-pluie pour les chaussures... Ok ok ok, c'est bon, j'ai compris qu'on allait se faire saucer!

Lendemain, 6h30, je découvre dans le bus qui vient me chercher les 22 autres randonneurs qui m'accompagnerons pour 4 jours : 2 anglois (pouah!), 2 espagnols, 2 estadounidos (pouah ôssi)... et tout le reste argentins! Moyenne d'age 25-30 ans... Je dois être l'ancêtre du groupe (première fois, ca fait drôle!)
Trajet en bus jusqu'au "Km 82": 2650m d'altitude, point de départ du trek.

Petit historique de l'inka trail : Il s'agit de l'un des quelques 4000 chemins empruntés quotidiennement par les messagers inkas pour porter les nouvelles aux 4 coins de l'empire qui s'étendait du Nord de Quito (Equateur) au sud de Santiago de Chile (Chili) et couvrait toute la Bolivie. J'en vois a qui ca ne ferai pas de mal de revoir un peu leur géographie d'amerique du sud mmm?!
Spécifique car secret, l'Inka trail reliait Cusco, la capitale de l'empire Inka au Machu Picchu, site de villégiature des prêtres et nobles de l'époque. C'est son caractère secret qui a protégé le site de Machu Picchu de la destruction par le méchant conquistador Pizzaro... (et Esteban, Zia et Tao dans tout ca me direz vous?... Et ben les Cités d'Or c'est le Mexique et les Mayas. Tout est a refaire. Je suis désespéré...)

En terme de parcours : 15 a 20 heures de marche sur 3 jours avant de rejoindre les ruines le 4ème jour, 40 km a parcourir, 5000m de dénivelé (2200m positifs), 3 cols a 4250m, 3950m et 3700m. Record du trajet : 3h20 par un porteur lors d'une course en 2001. L'un de nos guides nous dira à la fin qu'il était second... Respect quand on voit le trajet, la tronche des dénivelés et les marches qu'il faut parfois escalader...

Premier jour, nous apprenons a nous connaitre. Toujours une étude sociologique en soit. L'ambiance est bonne car les argentins font honneur à leur réputation de bons vivants, joviaux, bruyants et bordéliques (leurs influences Italiennes certainememt). Nous marchons 5 heures sous quelques averses mais arrivons au 1er campement secs. Comme dans toute bonne montagne qui se respecte, le temps est changeant et il faut pouvoir sortir son poncho, mettre ou retirer sa polaire a tout moment. L'eau est la denrée la plus importante et nous apprendrons à la gérer au gré des vendeuses péruviennes qui ont bien comprit le filon et vendent des bouteilles et autres barres energétiques tout le long du parcours (ca veux dire qu'elles doivent se les coltiner elles aussi jusqu'en haut!).

Nous découvrons nos tentes et notre quotidien de dîner pour les 3 jours a venir. Les porteurs (environ une vingtaine rien que pour notre groupe) sont arrivés depuis belle lurette, ont monté les tentes et dressé la table ou nous dinerons abrités sous une grande tente. Au menu ce soir, repas chaud avec soupe, poisson (frais!) et riz. Pas mal et chapeau au chef qui reussi a envoyer 30 assiettes pas trop froides en même temps a 2900m d'altitude sous une tente-cuisine...
Je suis maintenant copain avec les anglois (et oui, j'ai changé...), Simon et Kyla qui ne panent pas un mot d'espagnol et a qui je sers parfois d'interprète. Simon a joué et aime le rugby alors ca aide. Son frère joue cette année dans l'équipe d'angleterre... Malgré notre amitié naissante, je ne lui cache pas que je risque de sportivement et courageusement l'insulter en février prochain via le petit écran lors du tournoi des 6 nations... Faut pas pousser quand même.

Nous nous couchons tôt sous un ciel étoilé comme jamais...

Deuxième jour. Levé 5h pour la journée la plus difficile du trek. 1300m de dénivelé positif d'une traite. Il fait beau dans les premières heures, nous avons de la chance et chacun marche a son propre rythme... Dans les 200 derniers mètres de dénivelé, je ressens manifestement le manque d'oxygène. Chaque pas est poussif, plus court, moins ambitieux...
Tout ancètre que je sois, j'arrive cependant dans les premiers au sommet a 4200m avec mon petit rythme pépère mais régulier.
Les porteurs nous dépassent comme des locos : en sandalettes, ils portent des charges de + de 20 kilos, bombonnes de gaz, tentes, tabourets, bouffe...

La pluie/grèle commence a tomber au sommet et nous devons redescendre sur des marches glissantes un peu casse-gueule. Arrivé au campement trempé malgré mon super-poncho rouge qui me fait ressembler a un M&M's géant, nous nous réchauffons au thé de coca avec les 2 espagnols en attendant les autres.
Sieste. Bouffe. Dodo.

Troisième jour: Levé 5h pour une journée pas aussi dure que la veille mais plus longue. 15 km de marche et 2 cols a passer. Le temps est mitigé. Nous nous arrètons sur plusieurs sites archéologiques ou nos guides nous expliquent l'histoire des lieux. L'ambiance est toujours au top et je discutte maintenant pas mal avec les argentins pourvu que j'arrive a déchiffrer leur accent... "chhhe" quand les espagnols font "yyye" et "vos" quand les espagnols font "tu"... Bref, ils font rien pour le tourisme.
Le soir, nous devons organiser la traditionnelle cérémonie de remerciement des porteurs. Collecte de pourboires au sein du groupe en espérant qu'ils puissent panser leurs courbatures et autres scolioses. Les porteurs se réunissent en cercle et nous les applaudissons hystériquement a l'appel de leurs noms. Gros gros respect.

Quatrième jour: Le tant attendu. 3h45, réveil pour départ a 4h30. Des étoiles dans le ciel. Cool, il va faire beau. Frontales sur la tête, nous nous dirigeons vers le point de contrôle qui doit nous donner accès a l'heure de marche pour arriver a la "Puerta del Sol", premier point de vue des ruines de haut. J'enrage car le point de contrôle n'ouvre qu'a 5 heures et nous allons louper le lever de soleil sur le site. Résultat, on courre presque sur le chemin.
Après de derniers escaliers assassins (humpf humpf!), enfin j'arrive en vue du Machu Picchu. REGAL. Le pastel des premiers rayons du soleil révèle la brume matinale et projette l'ombre des monts du premier plan sur leurs confrères au second plan... Je canarde avec mon copain Nikon.
Re-marche d'une heure pour arriver sur le site ou notre guide nous abbreuve de son savoir. Nous redescendons à la civilisation pour chopper notre train alors que les feignants de touristes arrivent en baskets et hauts talons en bus par grappe de 100 (Dédain).

Surprise! Pas de train aujourd'hui. C'est la grève. P... je suis en France là ou bien? Fourbus et sales, nous rêvions d'une douche chaude de retour a Cusco dans l'après midi. Bon, tranquile, on patiente en prenant l'apéro avec les quelques 1000 autres touristes qui attendent depuis 7h du mat. Pour finir on partira vers 10h du soir encastrés sur des bancs de bois comme les contorsionnistes de Pinder.

3h à Cusco. Je n'ai pas d'hotel et tout est complet. Et merde. Bon, allez, je m'envoie le Novotel. 3h30 dans un bain brulant. Raaaaa bonheur!


Vendredi 16/01 - Dimanche 18/01

Je passe 3 jours a Cusco a roupiller, visiter, roupiller et essayer de faire passer une Inca-crève que j'ai du chopper en haut.

Dimanche soir, en route pour la Bolivie!

mercredi 7 janvier 2009

Boaaa, c'est pas le Perou!... hé ben si.




Jeudi 01/01 - Lundi 05/01

Je débarque les yeux tous collés dans ma famille d'accueil de Quito (Thelma et Loreina) alors qu'ils sont en plein déjeuner de famille. Je suis un peu géné mais ils m'accueillent comme le fils prodige et me gavent de gateaux...

Je passe le mardi a régler tout un tas de merdouilles et de mails dans le centre de Quito avant de partir chopper mon avion le soir direction Lima, Perou.

Un nouveau coup de tampon sur mon passport et me voila au pays des Incas, des lamas et du Condor qui passe! C'est reparti pour un peu plus d'un mois itinérant entre Perou et Bolivie...

Je me fais arnaquer par un taxi a l'aeroport qui me prend une fortune et m'emmene dans un hotel de mierda... Au passage je crois mourrir 10 fois car ce con se prend pour la reincarnation d'Ayrton Senna: Pied au plancher, l'aiguille dans la boite a gants, les feux rouges c'est pour les touristes.

Lima n'a rien de bien sexy en soit. Une surprise cependant, c'est une ville côtière construite a partir de rien en plein milieu d'un désert aride comme la petite culotte de soeur Thérésa (Seigneur Jésus!). Je me balade pendant quelques jours et visite la ville avec certains volontaires des Galapagos que je croise par hasard. Je retrouve aussi Bérengère, une amie d'amis qui est devenue mon amie (ouais, elle a confirmé sur fessebouc alors donc ca vaux). Elle est volontaire a Lima pour 10 mois afin d'aider les enfants de la rue : drogue, prostitution... Je suis admiratif car il a plus rigolo, en guise d'apéro, que d'aller rencontrer tous les soirs des gamins shootés a la colle dans des quartiers super craignos.


Mardi 06/01 - Mercredi 07/01

Une américaine que j'ai croisé m'as conseillé d'aller faire un tour a Huacachina, une petite oasis au milieu d'un désert de dunes, a 5h de bus au sud de la capitale.
Non mécontent de quitter la ville, j'arrive donc avec peine a Huacachina : 3 heures de retard bicoz mon bus tombe en rade au milieu du chemin. Le chauffeur, tétu et sans doute doublé de très con, envoie des grands coups d'accélerateurs a vide qui finissent donc, gagné, d'achever le pauvre engin dans une fumée épaisse. Un volvo pourtant! Tout fout le camp mon pôv' monsieur... avec cette crise... Un autre bus viendra nous chercher. Ca gueule un peu, moi je m'en fout, je suis en vacances... Zen qu'il est vot' Matt!

Je me réveille entouré de dunes de sables, au bord d'un petit lac et de ses palmiers. Je me crois en plein Maroc, dans les paysages de "Cent mille dollars au soleil".
"Dans les endroits déserts, il faut mieux toujours être aimable, Plouc. Ca coûte rien, et ça économise des cartouches."

Je rencontre Carlos, l'amour de ma vie que vous pourrez découvrir sur mes photos. Passablement bourré a 10h du mat, Carlos sort telle une naiade du lac et viens échouer son corps de rêve sur mes tongs alors que je ronque pépère a l'ombre. Le sable qui colle a son joli slip de bain apporte une touche furieusement érotique à son déhanchement éthylique ô déjà combien irrésistible... Forcément, le jeu de séduction opère immédiatement et nous engageons un dialogue riche d'une profondeur philosophique peu égalée depuis le Discours sur la Méthode.
"Soy Carlos, quieres una ceervezzzza?" "euh.. No gracias Carlos". Puissant.
Ensuite, il insiste pour que je prenne une photo de lui, ce que je m'empresse de faire avant d'aller faire fondre mes tongues ailleurs.

L'après midi, remis de mes émotions romantiques, j'embarque avec une 10aine d'autres personnes à bord d'un de ces buggy des sables pour faire un tour sur les dunes. Le puissant bolide pétaradant nous permet de franchir a fond les dunes façon Paris-Dakkar. Génial!.. Au dépis de se faire escouiller par le harnais de sécurité pas vraiment adapté a l'anatonie masculine, les sensations sont dignes des meilleures montagnes russes dans des paysages magnifiques.
Nous nous arrêtons en route pour nous essayer au "SandBoard", sorte de surf sur sable. D'abord petites, nous glissons ensuite, sur des dunes impressionnantes de plusieurs dizaines de mètres. Vous observerez dans la photo ci-jointe la grâce et l'élégance palpable et naturelle qui émane de mon style indéfinissable
Les sensations de vitesse sont encore plus pures la tête la première...

Allez hop! Je vide les 2 sacs de sable de mes poches et je filoche le soir même pour chopper un bus de nuit qui m'emmènera à Arequipa dans 12 heures.


Jeudi 08/01 - Vendredi 09/01

Pas bien dormi dans le bus. Je suis a Arequipa a 8h. Je n'ai pas trop de temps a perdre si je veux voir tout ce que je veux car j'ai réservé mon trek au Machu Picchu a compter du 12 janvier. Timing serré.
Je discutte avec un taxi qui va m'aider a trouver directement un moyen d'aller voir voler les Condors au fond du Cañon del Colca.
A 8h30, je suis donc avec 23 autres péquins a bord d'un mini bus direction le Cañon pour 2 jours de tour guidé.

Je me rends très vite compte que je me suis embarqué dans un de ces tours "Chrono-photo-pipi" quand le guide nous annonce le programme avec horaires de chaque pause, de chaque arrêt photo et de chaque endroit ou nous aurons le chance de pouvoir acheter des merdasses... Pas grave, mon but est d'aller observer les Condors et je ne serai pas déçu...

Nous observons donc pendant 2 jours le programme serré de César, notre guide au demeurant très intéressant. Paysages de dingue indescriptibles. Z'avez qu'à venir.

Le mal d'altitude se fait sentir chez plusieurs de mes copains touristes. Nous oscillons en effet entre 3500m et 4900m d'altitude. Un combiné de vomissements, cacamous et mal de tête pour réjouissances... Moi ca va, je crois que mon corps (beau et athlétique) se souvient de mon passage a Quito. En plus, je machouille des feuilles de Coca ou des bonbons issus de ces mêmes feuilles. Ca vaux pas une tartine de Bordeaux-Chesnel mais ca aide plus.

Clou des 2 jours, nous rejoignons l'impressionnant Cañon (le plus profond du monde avec 3400 m - vindiousse!) et, sous un soleil de plomb, attendons la parade des Condors qui profitent des thermiques pour planer a flanc de montagne... Bon, ca reste des piafs, mais avec leur 3.5m d'envergure ca fait dròle quand ils vous survolent la tonsure...

Retour et visite d'Arequipa avant de partir pour Cusco et le Machu Picchu! hophop!


Messages a caractère personnels :
- Mon Raisin! J'ai bien reçu les voeux de D2zizi. M'est avis qu'il va y avoir du nettoyage pas très socio-responsable dans les mois qui viennent au sein des boites françaises... Tu crois vraiment qu'il faut revenir? J'ai entendu dire que t'avais fait un festin délicieux pour le 1er de l'an. Je suis libre le 16 avril si tu veux remettre ca...

vendredi 2 janvier 2009

Año nuevo con tiburones...



Lundi 28/12 - Mercredi 30/12

Je pars tôt Lundi matin par le bateau-relais qui pars 2 fois par semaine pour rejoindre l'Ile de Santa Cruz, à 2 heures de tape-cul.

Je prends mes quartiers dans un petit hotel pas trop cher que j'ai pré-reservé. Globalement, la vie est chère sur les iles Galapagos. Le touriste est la vache a lait de l'archipel et le rendement est bon...

Je me mets immédiatement en quête d'un centre de plongée car je ne veux pas quitter les Galapagos sans avoir vu l'une des figures emblématiques des Galapagos: le fameux requin-marteau. Après avoir parlé avec plusieurs dive-masters, j'opte pour un centre qui m'a l'air professionnel. Je ne peux plonger Mercredi car je prend mon vol pour Quito Jeudi matin et il est obligatoire de respecter un délai de minimum 18 heures entre un vol et une plongée afin de ne pas avoir de variation subite de pression et des bulles d'air dans le sang. Nous irons demain sur un lieu mythique pour les plongeurs : Gordon Rock.

Mardi 30 décembre, rendez vous au club de plongée ou je rencontre 1 italien, 2 italiennes, et un francais qui espèrent aussi avoir la chance de voir le monstre sous-marin. Le Français a d'ailleurs déja plongé 2 fois sur ce même site sans voir l'ombre d'un requin par manque de visibilité. Mince.

Briefing des conditions de plongée puis c'est le grand plongeon. Les premières minutes sont animées, un fort courant nous balade et une otarie s'amuse a nous grignotter les bras, jambes et le masque, ce qui est moins rigolo sous l'eau...
Ca fait 20 minutes environ que nous sommes sous l'eau. Des tortues fendent des rideaux de poissons argents, la visibilité est bonne aujourd´hui et le soleil illumine le grand bleu de faisceaux divins.
Et puis soudain le guide cogne sur sa bouteille avec son mousqueton afin que tout le monde entende et rapplique... ting ting ting ting... Nous regardons, tout se passe par signe et nous devons connaitre les basiques : 2 poids sur la tête... c'est un requin marteau! Je palme comme un malade pour le rattraper.
D'abord une ombre lointaine, puis une masse grise argentée, puis j'appercois l'aileron, le museau applatit et les yeux aux extremités... et puis un deuxième, et puis 10,... puis d'autres plus proches encore... WOUAW...
Même pas peur. Ces mammifères sont tellement beau et élégant que j'oublie qu'une seule de ces sardines pourrait, d'un coup de machoire, m'embarquer le bras en guise de choco BN.

2ème plongée un peu plus loin après avoir changé de bouteille...
Là, c'est Marineland.
A 360º : une tortue géante s'envole tranquile tandis qu'une ecole de raies aigles en poursuit une autre de raies mantas... Un requin a pointe blanche traverse un banc de barracudas... Et puis revoila les marteaux qui nous observent alors qu'au loin, en surface, les otaries chahutent...
Le plus beau jour de ma vie depuis le Noel ou j'ai recu le bateau-pirate Playmobil.

Je reviens au port avec une banane énorme et je m'envoie avec les Italiens un thon cuit sur pierre de lave a se taper le fondement par terre.


31 décembre 2008
Debout cool. Il fait super beau. rraaa le pied! Je vais a Tortuga Bay, une plage de sable blanc blanc a 1h de marche ou les iguanes viennent vous grignotter les cors de pied pendant que vous faites bronzette...

Le soir, je retrouve des costa-ricains et une journaliste tasmanienne que j'ai rencontré la veille avec qui je célebrerai le nouvel an.
La tradition en Equateur pour célébrer convenablement le nouvel an est d'abord d'enterrer l'année passée : A cet effet, chaque famille doit construire des sortes de marionnettes grandeur nature faites de papier maché représentant les effigies des personnages marquants de l'année passée. En général satiriques, il peut s'agir de personnages politiques mais aussi de héros de films, de journalistes célèbres ou de quidams.
Cette ambiance "papier maché et marionnette" mes rappelle le Mardi Gras de la Nouvelle Orléans.

A minuit, après un très beau feux d'artifice (élections municipales en 2009), on brule joyeusement dans de la rue toutes les marionnettes et on doit avaler 12 raisins puis rouler une grosse galoche a la patronne du bar. Je soupconne cette dernière tradition d'être endémique du bistrot dans lequel je me trouve, mais tout ce qui est endémique etant sacré aux Galapagos, je dois m'y résoudre...

Houla il est tard, je prends mon avion dans 5 heures pour revenir a Quito...


Message a caractère informatif:
- Bonne année les cocos. Que du bonheur a tous mes lecteurs favoris.