vendredi 16 janvier 2009

Mannnnchu Picchu !




Dimanche 11/01 - Jeudi 15/01

Bus de nuit pour Cusco. Je dors mal. Arrivé a 6h a l'auberge de jeunesse, j'ai reservé une place en dortoir. J'aurai du choisir une option un peu plus luxe après une nuit dans le bus : ca caille dans la chambre et j'apprends que cette auberge est réputée pour ses "fiestas de folie". Moyen moyen pour préparer le trek du lendemain.
Je me balade dans Cusco ou il fait considèrablement frisquet.

J'ai reservé mon trek sur l "Inka Trail" un peu a l'arrache et a l'aveugle sur Internet. Ce trek mythique de 4 jours n'est en effet pas accessible a tout péquenot qui débarque a Cusco avec ses Patogas, sa b... et son couteau Suisse. Le parc national doit donner son autorisation en fonction de quotas serrés. Il est donc nécessaire de réserver en général 3 mois a l'avance. Janvier étant la saison basse (saison des pluies) j'ai pu m'en tirer pas trop mal et trouver une place 1 mois avant a distance depuis les Galapagos.
Après échanges de mails, l'un des guides vient me faire un briefing a l'auberge de jeunesse: Prévoir 3 T-shirts manche longue, polaires, bonnet, poncho imperméable, pantalon K-way, protection anti-pluie pour les chaussures... Ok ok ok, c'est bon, j'ai compris qu'on allait se faire saucer!

Lendemain, 6h30, je découvre dans le bus qui vient me chercher les 22 autres randonneurs qui m'accompagnerons pour 4 jours : 2 anglois (pouah!), 2 espagnols, 2 estadounidos (pouah ôssi)... et tout le reste argentins! Moyenne d'age 25-30 ans... Je dois être l'ancêtre du groupe (première fois, ca fait drôle!)
Trajet en bus jusqu'au "Km 82": 2650m d'altitude, point de départ du trek.

Petit historique de l'inka trail : Il s'agit de l'un des quelques 4000 chemins empruntés quotidiennement par les messagers inkas pour porter les nouvelles aux 4 coins de l'empire qui s'étendait du Nord de Quito (Equateur) au sud de Santiago de Chile (Chili) et couvrait toute la Bolivie. J'en vois a qui ca ne ferai pas de mal de revoir un peu leur géographie d'amerique du sud mmm?!
Spécifique car secret, l'Inka trail reliait Cusco, la capitale de l'empire Inka au Machu Picchu, site de villégiature des prêtres et nobles de l'époque. C'est son caractère secret qui a protégé le site de Machu Picchu de la destruction par le méchant conquistador Pizzaro... (et Esteban, Zia et Tao dans tout ca me direz vous?... Et ben les Cités d'Or c'est le Mexique et les Mayas. Tout est a refaire. Je suis désespéré...)

En terme de parcours : 15 a 20 heures de marche sur 3 jours avant de rejoindre les ruines le 4ème jour, 40 km a parcourir, 5000m de dénivelé (2200m positifs), 3 cols a 4250m, 3950m et 3700m. Record du trajet : 3h20 par un porteur lors d'une course en 2001. L'un de nos guides nous dira à la fin qu'il était second... Respect quand on voit le trajet, la tronche des dénivelés et les marches qu'il faut parfois escalader...

Premier jour, nous apprenons a nous connaitre. Toujours une étude sociologique en soit. L'ambiance est bonne car les argentins font honneur à leur réputation de bons vivants, joviaux, bruyants et bordéliques (leurs influences Italiennes certainememt). Nous marchons 5 heures sous quelques averses mais arrivons au 1er campement secs. Comme dans toute bonne montagne qui se respecte, le temps est changeant et il faut pouvoir sortir son poncho, mettre ou retirer sa polaire a tout moment. L'eau est la denrée la plus importante et nous apprendrons à la gérer au gré des vendeuses péruviennes qui ont bien comprit le filon et vendent des bouteilles et autres barres energétiques tout le long du parcours (ca veux dire qu'elles doivent se les coltiner elles aussi jusqu'en haut!).

Nous découvrons nos tentes et notre quotidien de dîner pour les 3 jours a venir. Les porteurs (environ une vingtaine rien que pour notre groupe) sont arrivés depuis belle lurette, ont monté les tentes et dressé la table ou nous dinerons abrités sous une grande tente. Au menu ce soir, repas chaud avec soupe, poisson (frais!) et riz. Pas mal et chapeau au chef qui reussi a envoyer 30 assiettes pas trop froides en même temps a 2900m d'altitude sous une tente-cuisine...
Je suis maintenant copain avec les anglois (et oui, j'ai changé...), Simon et Kyla qui ne panent pas un mot d'espagnol et a qui je sers parfois d'interprète. Simon a joué et aime le rugby alors ca aide. Son frère joue cette année dans l'équipe d'angleterre... Malgré notre amitié naissante, je ne lui cache pas que je risque de sportivement et courageusement l'insulter en février prochain via le petit écran lors du tournoi des 6 nations... Faut pas pousser quand même.

Nous nous couchons tôt sous un ciel étoilé comme jamais...

Deuxième jour. Levé 5h pour la journée la plus difficile du trek. 1300m de dénivelé positif d'une traite. Il fait beau dans les premières heures, nous avons de la chance et chacun marche a son propre rythme... Dans les 200 derniers mètres de dénivelé, je ressens manifestement le manque d'oxygène. Chaque pas est poussif, plus court, moins ambitieux...
Tout ancètre que je sois, j'arrive cependant dans les premiers au sommet a 4200m avec mon petit rythme pépère mais régulier.
Les porteurs nous dépassent comme des locos : en sandalettes, ils portent des charges de + de 20 kilos, bombonnes de gaz, tentes, tabourets, bouffe...

La pluie/grèle commence a tomber au sommet et nous devons redescendre sur des marches glissantes un peu casse-gueule. Arrivé au campement trempé malgré mon super-poncho rouge qui me fait ressembler a un M&M's géant, nous nous réchauffons au thé de coca avec les 2 espagnols en attendant les autres.
Sieste. Bouffe. Dodo.

Troisième jour: Levé 5h pour une journée pas aussi dure que la veille mais plus longue. 15 km de marche et 2 cols a passer. Le temps est mitigé. Nous nous arrètons sur plusieurs sites archéologiques ou nos guides nous expliquent l'histoire des lieux. L'ambiance est toujours au top et je discutte maintenant pas mal avec les argentins pourvu que j'arrive a déchiffrer leur accent... "chhhe" quand les espagnols font "yyye" et "vos" quand les espagnols font "tu"... Bref, ils font rien pour le tourisme.
Le soir, nous devons organiser la traditionnelle cérémonie de remerciement des porteurs. Collecte de pourboires au sein du groupe en espérant qu'ils puissent panser leurs courbatures et autres scolioses. Les porteurs se réunissent en cercle et nous les applaudissons hystériquement a l'appel de leurs noms. Gros gros respect.

Quatrième jour: Le tant attendu. 3h45, réveil pour départ a 4h30. Des étoiles dans le ciel. Cool, il va faire beau. Frontales sur la tête, nous nous dirigeons vers le point de contrôle qui doit nous donner accès a l'heure de marche pour arriver a la "Puerta del Sol", premier point de vue des ruines de haut. J'enrage car le point de contrôle n'ouvre qu'a 5 heures et nous allons louper le lever de soleil sur le site. Résultat, on courre presque sur le chemin.
Après de derniers escaliers assassins (humpf humpf!), enfin j'arrive en vue du Machu Picchu. REGAL. Le pastel des premiers rayons du soleil révèle la brume matinale et projette l'ombre des monts du premier plan sur leurs confrères au second plan... Je canarde avec mon copain Nikon.
Re-marche d'une heure pour arriver sur le site ou notre guide nous abbreuve de son savoir. Nous redescendons à la civilisation pour chopper notre train alors que les feignants de touristes arrivent en baskets et hauts talons en bus par grappe de 100 (Dédain).

Surprise! Pas de train aujourd'hui. C'est la grève. P... je suis en France là ou bien? Fourbus et sales, nous rêvions d'une douche chaude de retour a Cusco dans l'après midi. Bon, tranquile, on patiente en prenant l'apéro avec les quelques 1000 autres touristes qui attendent depuis 7h du mat. Pour finir on partira vers 10h du soir encastrés sur des bancs de bois comme les contorsionnistes de Pinder.

3h à Cusco. Je n'ai pas d'hotel et tout est complet. Et merde. Bon, allez, je m'envoie le Novotel. 3h30 dans un bain brulant. Raaaaa bonheur!


Vendredi 16/01 - Dimanche 18/01

Je passe 3 jours a Cusco a roupiller, visiter, roupiller et essayer de faire passer une Inca-crève que j'ai du chopper en haut.

Dimanche soir, en route pour la Bolivie!

2 commentaires:

Anne-Lise a dit…

Bon effectivement j'avais omis de te dire que je n'arrivais qu'au moment du bain chaud et pas avant !!
J'ai beau être savoyarde, aucune chance de me voir grimper là-haut!
Quoique l'ivresse de l'altitude me tenterait bien!!
Biz et profite toujours autant!

Unknown a dit…

La paz...
La paz au canard?
La paz moi le sel?
La paz sans rire?
La paz taga?
La paz oire?
La paz ghettis bolognaise?
La paz ilique saint pierre....
etc etc...

je savais que j'aurai du y aller. en tout cas t'as plus qu'a traduire tout ca en espagnol pour faire rire tes amis et t'intégrer en toute tranquilité dans le tissu local bolivien, ce qui j'en concoit ne devrait pas etre si difficile. La bolivie a été élue pays du rire 2008 de fait tu devrais me remercier et ... fin bref je m'arrete la... on en reparle un plus tard...
Higgins.