samedi 27 décembre 2008

Santa Claus aux Galapagos!





Mardi 23/12 - Mercredi 24

Retour au boulot : Bottes, mosquito net, gants, machette : Je me crois dans Apocalypse Now au milieu des bananiers, des ruisseaux boueux et des sempiternels moustiques... On va bousiller de la mure toute la journée. Un carnage. C'est ma guerre.
Ironie de la chose, de retour au port Mercredi midi (on a notre demi journée de break pour cause de Navidad), je m offre une glace a la mure.

Avant de quitter la station pour les fêtes de Noel, nous avons pour mission de bousiller les 3 coqs qui rodent dans le coin. Sauvages, ils vivent ici avec leurs harems respectifs et se nourissent du compost que nous produisons. Problème : De graves lacunes quand a l'éducation morale de ces galinacés couplé au peu de diversité de partenaires féminines mène ces coquins à honorer régulièrement jusqu'à leurs propres génitrices... On a vu mieux pour l'evolution de l'espèce sur les terres mêmes ou Darwin a mis au point sa célèbre théorie...
L'objectif est donc de renouveller la race en achetant un nouveau coq et de festoyer Noel autour de la dépouille des 3 autres pervers...

Comique, le trio. Miguel mets au point une strategie pour rabbatre les males avec Mathieu, le Franco-Suisse du groupe. Moi, je dois etre en embuscade plus en aval avec un carton pour chopper le fuyard... Un desastre. Malgré mes tentatives rugbystiques de placage les 3 coqs s'evanouissent dans la panique et dans les hautes herbes ... En aurait-il ete differemment avec une poule? Sans doute.
Pas grave, Miguel a un nouveau plan : De nuit, nous prenons son lance pierre de fabrication artisanale et nous rendons dans les arbres ou les emplumés roupillent. Agile, il dégomme un coq en plein bec qui s'écroule, KO. Nous n'aurons pas les autres qui, poules mouillées, se font la malle dans un bordel sans nom qui réveille tout le monde.


Jeudi 25/12 - Dimanche 28/12

De retour au port, plage. 30ºC.

Nous nous organisons pour le dîner du soir. Miguel nous a invité, Mathieu et moi pour cuisiner le Coq chez lui avec sa femme et son fils. Je prévois les courses après avoir vérifié sur le net le nécessaire pour un bon coq au vin... Le "supermarché" me ramène les pieds sur terre : Sur 3 étagères se cotoient le thon en boite, le PQ organique et les Pringles Crème et Oignon (ha ouais!, Pas de pinard mais des Pringles! nonded'! j'ai failli me mettre en colère...) Je révise mes ambitions royales et m'équipe d'origan, oignons, piments, ail et de quelques packs de bière.

Dans la modeste maison/cuisine de Miguel (une pièce), j'improvise donc un coq à la bière qui, ma foi, est loin d'être à remettre en liberté.
Le reste de la soirée se passera a discutter en regardant les étoiles et en sirottant nos cannettes dans les hamacs qui pendouillent dehors.

J'ai du mal à m'imaginer que vous etes tous en train de vous envoyer une tartine de foie gras - dinde farcie - buche au marrons - Veuve Clicquot. Il sont loin les "quand tu descendrrrrra du ciel" de Tino, le feu de bois humide, la traditionnelle scéance d'ouvrage d'huitre, l'apéro champagne ou l'on fini bourré et la messe de 2h tout endimanché! Heureux, je pense quand même bien a vous.

Le lendemain 25 décembre, re-plage et un soleil qui m'oblige a remettre de la crème. La vie est une chienne.

Pour Noel et mon anniversaire, je me fais un petit plaisir : un chouette tatouage sur l'avant bras et un percing dans l'oreille. Les gens me disent que ca me va pas mal...
Nan, je déconne pour le piercing.

Nous restons au port entre snorkeling, balade, baignade et buvage de coups jusqu'a dimanche ou mes ex collègues doivent repartir au turbin. Pour moi, c'était la dernière semaine et je m'en vais demain passer le nouvel an sur une autre ile : Santa Cruz.

mercredi 24 décembre 2008

Galapagos : Nature et Découverte




Je vous récupère après une trève d'internet pour cause d'envie de passer plus de temps avec les merveilles locales qu'avec un clavier QWERTY... Vous me pardonnerez j'espère cet élan d'égoisme. Mais n'ayez crainte, je ne vous épargnerai pas pour autant mes récentes élucubrations. Ou en étais-je ? Ah oui...


Lundi 15/12

Journée décisive dans ma vie de plongeur pour obtenir mon certificat "Advanced Open Water" : Plongée en eaux profondes et plongée sur épave. Notre instructeur nous donne toutes les précautions d'usage sur le bateau. Il chronomètre en outre le temps que nous mettons a résoudre une opération mathématique complexe a la surface. Nous devrons reproduire l'opération sous l'eau sur un panneau spécial. Cet exercice afin de nous prouver que notre cerveau fonctionne au ralenti a 40m de profondeur et qu'il faut donc redoubler de vigilance.
Une addition de 5 numéros a 10 chiffres. Puis le résultat doit être multiplié par 9. Arrrgl! La table de 9... Mon calvaire! (entre autres, avec la 6 et la 8). Je suis en vacances boudu! Bon, je m'en tire pas trop mal : 1 min 50. Sous l'eau je ne mettrai qu'1 min 26. Va comprendre? Serais-je Einstein a 40m de fond? Ca va pas être bien pratique de rédiger mes propales au fond de la piscine de l'Aquaboulevard.... En fait, de retour au bureau pour vérifier les résultats, je me rendrais compte que j'ai en quelque sorte... "adapté" la table de 9 a ma sauce une fois sous l'eau... pour économiser de l'air sans doute.

D'ailleurs on consomme beaucoup plus d'air en profondeur. Je m'en rends compte car je suis sur la réserve d'air de ma bouteille au bout de 30 minutes de plongée. Je dois donc changer de bouteille sous l'eau. Procédure normale mais un peu impressionnante car c'est la première fois que je la fais "pour de vrai". Pas de problème, je continue la plongée sur une autre bouteille.

Remonté sur le bateau nous nous dirigeons sur le site de notre deuxième plongée : L'épave d'un cargo qui date des années 50. Beaucoup de courant. Des otaries, curieuses, nous surprennent sous l'eau et s'amusent avec nos bulles d'air. J'adore ces bestioles. De retour a la surface, Jimbo, notre instructeur, nous officialise en tant qu'Advanced Divers! Yesss!

Dîner au port d'un homard que nous avons certainement croisé la veille sous l'eau. Je quitte le coeur lourd Bec & Chris mais je sais que le monde est petit et que nous nous reverons. La ou il y a de la volonté, il y a un chemin (fisolofe le mec!... 17 au bac les cocos, ca sert).

Je grimpe dans un taxi que je réveille chez lui afin qu'il me ramène a Jatun Sacha. Seulement certains taxis se déplacent aussi loin et nous les connaissons maintenant car ils dinent souvent avec nous a la station. J'adore discutter avec eux car ils ont toujours pleins d'histoires a raconter: leur embarquement sur les navires de l'armée lors de la guerre Equateur-Perou, l´histoire des iles, les fantômes du coin...

En effet la majeure partie des Equatoriens croient dur comme fer aux fantômes et passent leur temps a se protéger des mauvais esprits. Vous connaissez mon caractère un tantinet taquin et je me suis amusé a prendre une photo de nuit, exposition longue, d'une des volontaires en train de s'amuser avec le feu... Le résultat donne une photo assez surprenante que l'on peut facilement vendre a qui veux y croire comme un véritable fantome... Et je peux vous dire qu'il y a du chaland par ici... J'ai instantanément eu mon petit succès auprès des equatoriens du staff et la nouvelle a rapidement fait le tour si bien que j'ai du l'autre jour faire un détour en taxi pour montrer la photo a la patronne d'un bar qui en avait entendu parler... Succès garanti ponctué de gesticulations, cris, émeutes et exhaltations en tous genres. Je me garde bien de révéler le secret en espérant que ca leur fera des jolies histoires a raconter à leurs petits enfants...

Retour a la station, je mets sa patée au chef cuistot sur la table de ping-pong (pas gentil car il m'a gardé une part de son succulent gateau au citron) et vais me coucher, du nitrogène plein les poumons et des poissons plein la tête.


Mardi 16/12 - Jeudi 18/12

Il faut d'urgence construire un "vivier" pour plantes endémiques car les graines que nous avons récolté sont sur le point de germer. Nous nous mettons au boulot avec Miguel, l'homme a tout faire de la station. Ce type est un phénomène : Il vous décroche un régime de banane a 5m de haut, débouche les chiottes, construit des pièges pour les cochons sauvages, plomberie, maconnerie, electricité, jardinage et touche sa bille en biologie locale.

Aujourd'hui, il chausse sa casquette "bucheron", abat un arbre en 20 sec(d'une espèce introduite, bien sur) et va me couper a même l'arbre des planches parfaitement rectilignes de 3m de long avec la tronconneuse sans fil a plomb, mètre mesureur, niveau ou crayon ni rien du tout. Paf! Tout a l'oeil le mec. J'en reste sur le postérieur.

De mon côté, je dessine un plan du futur vivier : Nous disposons d'une surface de la taille d'une moitié de terrain de football. Il y aura une partie couverte pour les volontaires puissent travailler et pour que certaines plantes arides soient protégées des pluies abondantes de la région. Une dizaine de "lits" de bois de 3x1m remplis de terre doivent accueillir les graines. Une vingtaines d'autres doivent servir d'entrepot pour les pousses prêtes a être replantées dans les zones de reforestation définies. Je mesure et dessine les plans d'irrigation et prévoit les lieux de stockage de terre, sable et compost.
Nous discuttons du plan avec le directeur de la station et, une fois validé, nous nous mettons au boulot pour construire les fondations du toit. Les arbres tombent comme des allumettes sous les assauts précis de la tronconneuse et des machettes. Tous les volontaires se mettent a pied d'oeuvre pour terrasser le terrain, creuser de profonds trous, planter les pilones de bois, récolter le bambou pour le toit, dégager la terre pour les canaux d'irrigation, construire les "lits" de bois qui accueillerons les graines... C'est très gratifiant de voir tout avancer peu a peu et de se dire qu'au final nous n'avons utilisé, en plus des arbres des environs, qu'une cinquantaine de clous et un long tuyau d'arrosage.

Le vivier prend forme et peut déja accueillir le mélange savant de sable, compost et terre fertile, puis les premières graines qu'une seconde équipe a préparé entre temps.

5 volontaires et moi partons jeudi soir pour le port car nous avons réservé auprès d'une agence de voyage locale un tour de 4 jours pour découvrir quelques unes des autres iles des Galapagos.


Vendredi 19/12 - Lundi 22/12

Le programme ne s'annonce pas trop mal. L'objectif est de visiter 3 autres iles de l'archipel des Galapagos : Fernandina, Isabella et Santa Cruz. Toutes ces iles sont a environ 2 ou 3 heures de bateau tape-cul les unes les autres.

Impossible de vous détailler par le menu l'immensité des beautés que nous avons découvertes. Il faut venir voir par soi même. Mes photos ne vous donnerons qu'un pale apercu de l'incroyable densité de vie animale qui cohabite sur ces iles. En l'espace de 2 jours, nous aurons croisé :
- sur l'eau: pélicans, frégates, tortues terrestres géantes, iguanes marins, lézards des laves, otaries, pinguoins, blue footed boobies, crabes rouges, flamands roses...

- sous l'eau: requins a pointe blanche, raies aigles, otaries, raies pastenagues, poissons sergents, poissons perroquets, tortues de mer... et tant d'autres!

Je souffle mes 33èmes bougies sur Isabella, ce paradis. Ya pire. Le groupe a eu vent de mon anniversaire et m'offre un T-shirt "I love Boobies". Rigolo et touchant car complètement inattendu.

Retour a San Cristobal Lundi soir pour engager ma dernière semaine de boulot a Jatun Sacha...


Messages a caractères informatifs:
- Seb, ravi pour ta dem'. Te voila patron! Je te vendrai une ou deux missions a prix d'ami dès mon retour...
- Bilout', j'ai exporté avec panache aux Galapagos la "Chicken dance" qui remporte un franc succès sur l'ensemble des dance floors (merengue, salsa ou regetton)... Je ne peux m'expliquer pourquoi les locaux me regardent avec parfois quelques points d'interrogations dans les yeux...
- Martchine, dis a Laurent qu'il faut qu'il aille chez le coiffeur. C'est toujours vrai.
- Anne Lise, tu viens quand? T'es plus a un an sabbatique près non?

samedi 13 décembre 2008

Galapagos : Arbeit y diving



Lundi 8/12 - Jeudi 11/12

Coucou!

De retour a la civilisation après une semaine dans la jungle et sous la pluie. Il existe un réel microclimat ici qui procure de la pluie sur les hauteurs de l'ile (ou je travaille) et du grand soleil sur la côte. C'est une des raisons qui font que la flore et la faune sont si diversifiées sur une petite ile comme San Cristobal.

La vie au campement se passe toujours très bien et je pratique mon espagnol avec les locaux. On mange très bien et copieusement même si c'est un peu répétitif. Le chef cuistot qui était en vacances jusque la revient ce week end et j'espère qu'il va nous procurer des bons petits plats pour Noel... Je pense que le foie gras n'est cependant pas eu programme... J'en prendrai double ration a mon retour!

L'ambiance entre volontaires est toujours au top même s'il y a toujours quelques brebies galeuses. Cet isolement multiculturel en constant renouvellement (départ et arrivée de volontaires toutes les semaines) est très intéressant sur l’aspect sociologique (certainement très chèr!). On peut observer comment les personnes s'intègrent plus ou moins et quels sous-groupes se forment naturellement. Les affinités se font clairement au début entre personnes de la même langue. 2 personnes qui ne se seraient pas adressees la parole dans leur pays (différences sociales, styles vestimentaires, religion…) sont ici liées par le lien de la communication et attirés par le confort de “comprendre”.
On constate aussi que certains stéréotypes dont on affuble souvent les ressortissants de tel ou tel pays se vérifient: Par exemple, Les allemands sont rigides comme des mules et les ecuatoriens sont bordéliques comme jamais... Du bon gros cliché que je constate au quotidien... Il n’y a pas de fumée sans feu!
Dans la famille cliché on dit aussi que les francais sont sexy et ca m’arrange pas mal car je suis le seul mangeur d’escargot a bord… Je me fais donc un devoir de préserver notre réputation du mieux possible. La patrie avant tout!

Je n'ai quand a moi pas trop de problème d'adaptation et je sers souvent d'interprète francais-anglais-espagnol entre les différentes parties présentes.

Pour vous éviter les récits chronologiques de cette semaine de travail, je vais plutôt dresser la liste des 10 choses que je fais ici et que je ne ferai pas a Paris:

1 - Je croise des phoques en allant petit déjeuner
2 - Il n'y a aucune vitre dans tous les batiments ou je vis
3 - Je fais la vaisselle
4 - Je vais au bistrot en bottes en caoutchouc
5 - Je mange les fruits que je cueille sur des arbres (oui, c'est de la qu'ils viennent en fait, et pas de la porte du fond du Monop')
6 - Je vérifie qu'il n'y a pas de bestioles dans mes chaussures avant de les mettre.
7 - Une araignée de 15cm partage ma chambre et je m'en fout.
8 - Je porte des tongs
9 - Aux toilettes, je mets le papier dans la poubelle et pas dans le bol
10 - Je parle a des anglais et a des végétariens


Vendredi 12/12 - Lundi 15/12

Vendredi, jour de marche, nous partons pour 4 heures de marche a la "Galapera", un site de reproduction de Tortues sur la côte. La soirée de départ de quelques volontaires la veille a été arrosée et j'en bave pas mal. Arrivé sur les lieux, nous découvrons ces monstres préhistoriques a la tête d'E.T. Ces tortues de terre ne peuvent pas nager, par opposition aux tortues de mer que l'on croise très souvent dans les eaux environnantes et qui, elles, ne viennent sur terre que pour la ponte.

Nous enchainons ensuite par un petit plongeons sur une plage paradisiaque digne du film "The Beach" et nous partons ensuite pour aller au sommet du volcan de San Cristobal. Les changements climatiques soudains aidant, je choppe une petite crève pas bien grave.

Je reste jusqu'a lundi au port ce week end car j'ai décidé de passer mon niveau 2 de plongée sur l'ile et cela va prendre 3 jours. Bec et Chris, un couple d'Australiens m'accompagnent. Au programme : plongée de nuit, plongée sur épave, orientation sous marine avec une boussole, recherche sous-marine et plongée profonde entre 20 et 40m de profondeur.
J'ai fait la plongée de nuit hier (Dimanche) : Incroyable et terrifiant. La faune apparait soudain devant les faisceaux de nos lampes et on s'attend a chaque instant a encontrer un requin marteau a 1 mètre de nos masques... Je n'aurai pas cette chance(?) cette fois ci. On découvre en revanche des merveilles comme un serpent de mer, de poissons lunes, murènes, anémones et des coquillages phosphorescents...

Cette après-midi, plongée profonde et plongée sur épave. Je vous raconterai plus tard bicoz je dois repartir directement après au campement...


Bon courage a tous pour cette dernière ligne droite avant Truffes, Dindes, Buches et Crises de foie!

samedi 6 décembre 2008

Galapagos : enfer et paradis


Dimanche 30/11 - Jeudi 4/12

Embarquement matinal pour les Galapagos. Nous apprenons que l'avion a une avarie et devons débarquer lors de notre escale a Guayaquil, la plus grande ville cotière du pays. Je voyage accompagné d'une danoise et d'une hollandaise qui étaient aussi a l'Académie et vont (aussi) passer un mois comme volontaires aux Galapagos pour la même organisation que moi : Jatun Sacha Foundacion.

Cette association a été créée en 1985 par 8 biologistes américains et equatoriens dont le principal objectif est de préserver la flore et la biodiversité de plusieurs sites considérés en danger en Equateur, dont celui des Galapagos. Le but de la station des Galapagos est, entre autres, d'erradiquer les espèces introduites invasives et reforester avec des espèces endémiques (qui n'existent qu'aux Galapagos) ou natives (qui existent a l'origine aux Galapagos et ailleurs). Voila, ca c'est fait. Ya des questions?

Nous changeons d'avion (ho chouette, un qui marche!) et décollons après 4 heures d'attente a Guayaquil. Nous sommes accueillis par Lidia et Suzanna, les responsables de la station en l'absence du chef, Cesar, qui est en vacances cette semaine.
Un 4x4 nous conduit sur les pistes cahotiques vers les hauteurs de San Cristobal, l'ile des Galapagos sur laquelle est basée la station : 8000 personnes vivent sur cette ile, une des seules qui a l'avantage de posséder de l'eau douce (pas besoin de déssalinisateur pour cultiver donc plus de population).

Après 45 minutes de piste et 2 vertèbres tassées, nous arrivons a la station en pleine jungle. 3 Batiments constituent le campement : La "casa vieja" - veille maison -, la "casa nueva" - nouvelle maison, et "el comedor" - le refectoire.
Suzanna m'indique ma chambre dans la Casa Vieja : Une cabane en bois, toit en tôle et cloisons de bambous. Dans ma chambre: un lit avec moustiquaire, une mini etagère et 2 araignées absolument monstrueuses. La casa vieja peut accueillir environ 15 personnes mais actuellement seulement 8 volontaires y habitent. En tout, le campement peut loger jusqu'a 45 personnes mais seulement 17 pensionnaires sont actuellement dans les murs: On est en basse saison pour le volontariat car beaucoup rentrent a la maison pour les fêtes de fin d'année.

Nous sommes les 5 "nouveaux" de la semaine, une danoise, une hollandaise, une norvégienne, un suisse-francais et moi-même. Nous rejoignons un groupe multiculturel de 12 volontaires ou Suede, USA, Canada, Allemagne, Angleterre sont représentés... Je me rend compte que ca ne parle pas beaucoup Espagnol et ca m'embete un peu. Le staff, lui ne parle qu'espagnol et j'ai bien l'intention de pratiquer avec eux.

Aussitôt, les volontaires et le staff nous mettent au parfum des "règles" du campement. Je pige instantanément que les préoccupations d'ici sont bien loin de celles d'une population "citadine-civilisée" : Les mots qui reviennent le plus souvent dans les bouches des "anciens" sont "carmelitas et bouffe". Je vais vite comprendre pourquoi...


Lundi, nous commencont le travail : J'ai acheté tout le matériel recommandé par Jatun Sacha a Quito : "Face-net" (une moustiquaire-chapeau), gants de jardinage bien costauds et bottes en caoutchouc. On comprend vite l'utilité de tout l'attirail en voyant les anciens arriver au briefing matinal dans leur tenue de travail tous boueux et dechirés. On est très loin de la fashion week... On nous fournis des machettes et nous apprendrons rapidement a nous en servir, a les chérir, les entretenir, et les aiguiser car elles sont notre partenaire de travail quotidien.

Le rythme des journées de la semaine est bien défini : Petit dej a 7h, début du travail a 8h, pause a 10h, reprise a 10h30, dej a 12h, reprise a 14h et fin des travaux a 16h. Douche (froide, pas d'eau chaude ici), hamac, lecture, guitare, repos. Dîner 6h. Repos, jeux, musique, dodo. L'ambiance est excellente entre les volontaires et avec le staff.

Les moustiques sont partout mais ce ne sont pas les pires. La faune de cette partie de l'Ile est bien achalandée en réjouissance du même type. Les "carmelitas" sont plus petits et plus féroces encore que les moustiques. Ils se faufilent partout et font des ravages. Les démangaisons sont, elles aussi, bien plus intenses. Il faut expulser un peu de sang de la piqure afin de couper l'effet "grattage". Je suis couvert de piqures et mon cou surtout ressemble aux photos médicales qu'on peut voir quand on ouvre l'Universalis a la page "Dermatologie". Les "Fire ants", traduisez "fourmies de feu" tombent sur vous quand vous touchez, coupez ou secouez un arbre et vous brulent le cou, dos, bras, jambe... Viennent ensuite les immondes araignées qui se faufilent dans vos poches pendant que vous prenez votre douche ou les milles pates que vous retrouvez dans vos bottes le matin. Sans parler des rats qui viennent gratter les cloisons la nuit...

Nous revenons au réféctoire pour chaque repas, esquintés, egratignés, coubaturés, transpirants et couverts de boue après avoir joué de la machette dans la jungle. La plus grande plaie des galapagos est bizarement la mûre. Ce petit arbustre épineux dont nous tirons en europe les meilleures confitures se propage comme une gangrène ici et empeche les espèces endémiques de survivre.

Nous mangeons comme des ogres les bons plats confectionnés par Suzanna, la cuisinière du campement : Riz, poulet, citrons et haricots doivent se conjuguer quasi quotidiennement... Ca fait une semaine. Je vais chopper des recettes ce week end sur internet pour varier un peu les plaisirs avec ces aliments de base car je sens que ca risque d'etre un peu répétitif... Toute proposition est bien sur la bienvenue!


Vendredi 5/12 - Dimanche 7/12

C'est le weekend!!! Les vendredis matins sont consacrés a la découverte de l'ile, de la faune et de la flore en se baladant. Nous partons ce matin vers une cascade récemment decouverte vers laquelle nous construisons un chemin a coup de machette.

Retour au campement pour partir "en ville" pour le weekend. 4 taxis 4x4 nous attendent pour passer 2 jours a Puerto Baquerizo Moreno. 1 Heure de route et nous sommes au Paradis: Le soleil nous ébloui, les phoques ("lobos del mar") sont partout jusque sur les porches des maisons et se contrefoutent de notre présence... Magique. Nous allons a la plage l'après midi ou des dizaines de phoques se prélassent avec nous. Coucher de soleil magnifique en sirotant une Pilsener avec les autres volontaires...

Le lendemain, nous partons avec 4 autres volontaires pour faire un tour de Snorkeling (Palmes-masque-tuba) aux alentours de San Cristobal. Le premier site ou nous entrons dans l'eau est simplement divin : "Sting raies", crabes rouges, iguanes,... Le bouquet: je passe 40 minutes a jouer sous l'eau avec un phoque avec qui j'ai simpatisé... Indescriptible comme ces animaux sont fascinants. On dirait un chien, agile, il me cherche, tourne autour de moi, m'observe droit dans le masque, j'ai meme l'impression qu'il cherche a m'imiter... Je rigole comme un con dans mon tuba, ca doit le faire marrer aussi.

Le prochain site est Kika Rock, un monticule rocheux au large de l'ile connu pour ses requins des galapagos et requins marteaux. Nous en apercevons 2 ou 3 de loin mais il faut que je revienne équipé de bouteilles. Sur le retour, nous croisons une baleine bleue... Hop!

Fiesta le soir dans la famille d'un de nos chauffeurs de taxi qui nous a invité pour le baptème de sa fille. Incroyable comme les gens sont gentils et accueillants. Le fait que l'on travaille pour Jatun Sacha aide un peu aussi. Au début un peu coincés, nous finissons finalement tous par danser le salsa avec les locaux qui se foutent de nous et nous observent un peu comme des bêtes de foire.

Aujourd'hui dimanche, je prend quelques heures pour vous écrire car je n'aurai plus accès a internet avant le weekend prochain. Retour ce soir au campemement et reprise du boulot demain... Back to hell!


Messages a caractères informatifs :
- Gab et Tom, dites m'en plus sur la fiesta-Vexin! Qui a fait Jésus? et l'Ane? Par contre, en terme d'innocence, coller Dieu a Laetitia c'est un peu blasphématoire...
- Un très bon anniversaire a ma Môman en avance car je n'aurai pas l'opportunité de le souhaiter le jour J!!! Que du bonheur jusqu'a mon retour et au delà!

samedi 29 novembre 2008

Quitter Quito si tot!


Lundi 24 - Samedi 29

Reprise des cours sur le meme rythme que la semaine passée. Meme prof avec qui j'ai demandé de continuer car elle est vraiment bien. Je ne suis plus cette semaine qu'avec une seule élève Suisse : d'environ 45 ans, ca fait 20 ans qu'elle bosse pour la Croix Rouge internationale. Elle prend des cours d'Espagnol pour aller bosser un an dans les favelas de Colombie. Soudan, Somalie, Afghanistan, Pakistan... Elle a pas mal d'histoires a raconter mais garde cependant sa modestie toute Helvetique. Je suis en admiration devant ce genre de personnes : des vocations bien lointaines de mes preoccupations de (chef) consultant.

Preterito simple, Imperfecto, Futuro, Pluscumimperfecto, Conditional : Je mange sévère. Les progrès sont cependant au rendez-vous et je pense que je comprends et m'exprime un peu mieux. Il me faudra en revanche beaucoup de pratique dans les mois qui viennent.

La visite d'un marché du sud de Quito fait office de cours le Jeudi. Marché aux bestiaux, artisanat local, puces, fruits et légumes qui m'étaient inconnus jusqu'alors... C'est immense et je manque de perdre le groupe. Heureusement mon sens inné de l'orientation et ma grande taille (relativement a celle des autochtones) me permet rapidement de retrouver les "Guereos" (peaux blanches) de l'ecole. Bien qu'évoluant dans cet endroit que l'on pourrait qualifier de "typique", j'ai le sentiment d'etre au zoo. Je ne suis pas trop a l'aise et immagine des bus de photographes Japonais compulsifs (pléonasme), debarquant au marché de Noisy-le-Roi en volant des gros plans de ma Môman préférée qui vient m'acheter mon paté de campagne (celui dans la barquette en alu avec un peu de gelée au madère au dessus)...

Fiesta le Jeudi soir avec Priscilla après un repas d'anniversaire a l'appartement avec plusieurs membres de la famille.
Reveil un peu dans le(dis) paté vendredi. Cours et dejeuner d'adieu avec les professeurs. Refiesta le vendredi soir pour reféter ca.

Samedi, je vais a la Feria de QUITO qui, coup de chance, commence cette semaine : 9 jours de corridas et de fêtes dans les rues de Quito. J'achète une place au marché noir avec l'aide des Equatoriens et -riennes que j'ai rencontré la veille et qui m'ont proposé de venir avec eux.

Ma première corrida... Petit a priori au début car pas vraiment sur d'aimer : Assister a l'agonie et la mise a mort d'un taureau ne me fait pas forcément fantasmer mais bon, il ne faut pas mourrir idiot.
L'ambiance est vraiment particulière et on sent que, même si intégralement importé, les Ecuadoriens ont intimement adopté cette tradition hispanique. Ca crie, ca gesticule, ca boit, ca s'empiffre, ca se bagarre, ca rigole... En fait j'adore. Les "olé!" ne sont pas une légende et le matador rivalise de hardiesse et souplesse pour obtenir les exclamations les plus vivaces, les plus sincères.

Parfois le cheval ou le matador se fait renverser et c'est la panique dans l'arène.. Tout le monde se lève et s'exclaffe... Moi, j'essaye de saisir les subtilités de l'art dans le viseur de mon objectif et grace aux explications de mes accompagnateurs.
Un picador (a cheval) rate son coup et arrache litéralement la peau du dos de la pauvre bête. Il se fait huer comme jamais et se prend quelques bouteilles bien méritées sur le museau : Parce que selon les aficionados, la corrida est un combat, non une torture... On pourrait discutter du sujet des heures mais je n'ai pas que ca a faire ('scuzez, c'est l'heure de l'apero).

Allez, au dodo après un dernier verre avec mes nouveaux amis de Quito.
Demain, je pars pour les Galapagos!!!

lundi 24 novembre 2008

Quito : Mince, faut bosser alors ?


Lundi 17/11 - Vendredi 21/11

Protège-cahier bleu pour histoire, jaune pour geographie, Bic 4 couleurs, Colle Cleopatra, Ardoise et craie,... Je me souviens de tous ces préparatifs de rentrée en faisant mon sac pour le premier jour de cours a l'Academia Latino-Americana de Quito.
En fait je n'ai dans mon sac que mon dico Franco-Espagnol et un criterium machouillé (oui, je sais, c'est pas bien).
Premier jour d'accueil avec les autres "nouveaux" étudiants de la semaine : Un couple d'australiens, une Japonaise, une Suisse, Priscilla et moi-meme.
Toutes les semaines arrivent de nouveaux étudiants, la structure des cours est très bien faite et permet a l'étudiant d'intégrer facilement tel ou tel cours en fonction de son niveau.

Premier jour d'intégration avec au programme test d'espagnol, visite de la vieille ville guidée par un des professeurs et demarches administratives. Retour de test : Je suis flatté d'être classé en "Intermediate". Je vais rejoindre un groupe de 3 minettes : 2 Americaines et une Suisse.
La gente féminine est extrèmement bien représentée a l'Académie : Le sexe fort ne doit représenter qu'environ 20% des étudiants seulement. Trop duuuur.

Les cours commencent le lendemain de 8h30 a 13h avec pause vers 10h30. Beaucoup de discussions et un peu de grammaire : Exactement ce qu'il me fallait, la prof est adorable, patiente et professionnelle. Devoirs le soir... Humpf! Ca fait tout drôle!
Les après-midi(s?) s'organisent entre mangeage avec les autres élèves, promenage dans le parc voisin, surfage sur internet, buvage de cafés (et/ou Coronas) ou activités du genre visite de musées, cours de danse (Salsa - Yeuark!), cours de cuisine (intéressant!). Rentrage a la maison, devoirs (!!!), dîner avec Thelma et Priscilla. Discussions intéressantes, souvent interrompues de "Pore favore, no ainntiendo, pouedez oustaid répaitir?". L'ambiance est sympa.

Ce petit rythme représente mon quotidien pour cette semaine jusqu'a vendredi ou je décide de passer le weekend a Baños, une ville intéressante m'a-t-on dit, a 4h de route au sud de Quito.


Samedi 22/11 - Dimanche 23/11

Je choppe le bus vendredi après midi avec une belge et une suisse de l'académie qui vont la bas aussi pour le Weekend (Hophop, on ne s'emballe pas: moches). On fait gaffe a nos affaires dans le bus car, en l'espace d'une semaine, 4 personnes de l'académie se sont fait dépouillées, dont une dans un bus de nuit avec flingue sur la tempe...
Nous arrivons au crépuscule avec une superbe vue sur le volcan qui domine la ville de Baños. Le volcan est encore en activitée (dernière grosse irruption destructrice en 2006) et il n'est pas rare de pouvoir observer quelques coulées. Je n'aurai malheureusement pas cette chance ce weekend.

La ville est très touristique car elle propose de nombreuses activitées : Bains de souffre, rafting, canyoning, trek, VTT, Quad (Bilout', un paradis!) et toutes les festivités nocturnes qui tournent autour...

J'opte pour le rafting et pars le samedi matin en compagnie d'une bande d'Americains pré-pubères dont le QI cumulé doit avoisiner celui d'un bouquet de bégonias. Pas grave, on ne leur demande que de pagayer. Le "rio Paraya" est l'un des principaux bras qui se jette dans l'Amazone. La section que nous allons naviguer est de catégorie IV+ pour les initiés, ce qui représente dèja de jolies vagues.
Je me pose d'ailleurs des questions en voyant le pilote-guide faire sa prière avant d'embarquer et après nous avoir donné toutes les précautions d'usage...
La descente se passe comme un charme avec hurlements, adrénaline et ingestion de paquets de flotte. J'en avais déja fait mais jamais de cette catégorie et je ne suis pas décu.

Le lendemain, visite guidée des cascades du coin dont certaines sont impresionnantes et passage d'une Tyrolienne du coin assez impressionnante avec 300m de vide sous les pieds et juste un petit cable sur la tete... Rigolo.

Retour a Quito dans le bus de l'après midi pour éviter de voyager de nuit. J'apprend a l'arrivée a l'appartement que Priscilla s'est aussi fait(e) dérobé des affaires lors de son excursion du WE alors qu'il avait les pieds sur son sac!... Décidément, il faut faire gaffe : je me mets désormais en mode parano quand je prends les transports ici.

Demain, youpi!, j'entamme ma deuxième semaine de cours...

mardi 18 novembre 2008

Equateur : Une famille en or...


Jeudi 13/11 - Dimanche 16/11

Vol jusqu'a Miami. Attente de 5h a l'aeroport : Pipi, Double Whooper w/cheese au Burger King (yesssss!), lecture : "Le pendule de Foucault" d'Umberto Eco.

Vol Miami-Quito. Petite fouille pour la forme de la douane de Quito. Une jeune fille et sa grand-mère m'attendent a la sortie avec une pancarte "Matieu Morival". Vif comme l'eclair et ne faisant confiance qu'a mon esprit de déduction infaillible, je pense que ca doit être pour moi...
La dame d'une 70aine d'année s'appelle Thelma et je vais habiter chez elle. Sa petite fille de 27 ans, Sophia, l'accompagne mais ne vit pas sous le même toit... dommage.

Je débarque dans un appartement d'environ 90m2 ou vivent Thelma, une de ses filles Lorena (40 ans et un bon exemple de Tanguy-attitude) et Maya... une chienne-rat ; pour les plus cultivés d'entre vous, du même accabi que le chien de la pub "TacoBell" (Yo quiero TacoBell!). Je comprends trés vite que c'est lui le patron et qu'il vaux mieux être pote avec lui si je veux être bien vu dans le milieu... Pas de problème, ca je sais faire. Je me fends donc regulièrement d'un "rrroooooquilestmignonletoutouasamémère" qui passe plutot pas mal... Maya porte de très jolis petits pullovers que sa maitresse lui change régulièrement dans de grandes effusions, couinements de joie et léchouilles de toutes sortes. J'observe bien sur l'ensemble avec mon meilleur air attendri...

Toutes ces filles sont cependant adorables et très accueillantes. On taille un peu le bout de gras avec Thelma. Sa fille Lorena est Hotesse de l'air et rarement dans le coin. Thelma est extrèmement bavarde et patiente, ce qui est parfait pour mon espagnol.

Vendredi et Samedi je vais visiter la vieille ville et la nouvelle ville de Quito en prenant soin de respecter les consignes de sécurité prodigués par ma famille d'accueil : Ne pas prendre le bus après 6h, pas de carte de crédit sur soi, pas plus de 20 dollars (l'USD est la monnaie locale depuis 2000 suite a une devaluation destructice pour le pays), garder son sac a dos devant soi, ne pas traverser les parcs, ne pas accepter des bonbons d'un étranger... A priori il y a pas mal de vols et aggressions dans Quito. Je n'ai pas eu a me plaindre a ce jour.

Dimanche, je vais a "Mitad del Mundo", le point physique ou se situe la ligne Equatoriale, a une heure au nord de Quito. Un musée bien foutu explique tous les phénomènes physiques spécifiques a ce lieu : On est plus léger du fait d'une plus faible gravité a ce point précis du globe, expérience sur la force de corriolis avec une bac d'eau qui tourne dans un sens puis dans l'autre a un mètre d'ecart, un oeuf tient tout droit...
Dehors, des danses folkloriques superbes régalent les visiteurs.

De retour le soir, je rencontre un autre étudiant qui va habiter dans une autre chambre de l'appartement : Steve, un Australien de Melbourne.
A sa facon de rouler les yeux et de balayer l'atmosphère de ses grandes paluches manucurées je comprend vite qu'au Louvre il s'attarderait plus volontier devant le David de Michel Ange que devant la Venus de Millo... J´hésite donc a le surnommer "Priscilla" ou "Ozzy-ris" (z'avez compris? Désopilant) car c'est vraiment une "Queen of the desert". J'opte pour Priscilla.

Je vais me coucher après un dîner copieux préparé par Thelma. Demain ya école.

Message a caractère informatif :
- Elozanne, j'adore tes commentaires facebook sur tes déboires digestifs. Bises a toda la familia.
- Capitaine Fracasse de la Forestière : Mon Itinéraire des prochains mois arrive sur le blog. Toute personne de bonne compagnie est bien sur la bienvenue pour faire un bout de route ensemble!

samedi 15 novembre 2008

Hasta Luego Mexico... Ola Guatemala!


Dimanche 9/11 - Lundi 10/11

Un mini-bus vient me récuperer dans le campement Lacandon. Heureusement qu'ils ont pensé a moi car je suis un peu paumé au milieu de nulle part. On recupere un groupe de voyageurs qui traversent eux aussi la frontière. Nous traversons en "lencha" remplie a ras bord de nos sacs le fleuve Ucumacinta qui delimite la frontière avec la Guatemala.

De l'autre coté, un bus nous recupère et nous emmène au poste frontière. Instantanement, on ressent une grande différence avec le Mexique : Les premiers Guatemalteques que nous croisons sont souriants, aimables et nous expliquent les évènements a venir. Au Mexique (plus particulièrement au Chiapas), on fait office de portes monnaie ou de sac de viande a trimballer d'un endroit a l'autre. Autre changement : Le niveau de vie est clairement inférieur. Tout asphalté au Mexique, nous circulons ici sur des pistes défoncées. Le bus est une vieille carriole tape-cul et nous crevons sur la route. De bonne famille, bien élevé et serviable que je suis, je propose ma contribution pour changer la roue... Je me pete un peu le dos en déboulonnant les ecrous (ca m'apprendra a ouvrir ma gueule) et nous repartons avec une roue "neuve".

Arrivée a Flores, une ville du nord du Guatemala située au bord d'un lac magnifique, et le point de départ des visites du fameux site de Tikal, une des 7 nouvelles merveilles du monde (et ouais mon pote).
Les français m'ont indiqué un lieu ou dormir sur leur Routard, a El Remate, un endroit un peu reculé et plus cool a 40 min de Flores. J'y vais en Taxi avec 2 irlandaises qui se rendent la bas aussi. A l'adresse indiquée, il reste une place dans un dortoir. Quelques chauves-souris m'accueillent dans cette grande hutte, très propre cependant. J'apprendrais plus tard qu'une cliente a des scorpions dans sa douche et qu'une autre a eu une tarentule sur le bras alors qu'elle prenait peinard son petit dej. Je déteste ces bestioles.

Levé 5H le lendemain pour visiter les ruines de Tikal. Le patron de l'hotel m'a conseillé de prendre un guide car le site est extrèmement dense. J'intègre donc un groupe d'une 10aine de personnes et nous partons avec un guide en anglais. Premières lueurs du jour au sommet du Temple V (le plus haut), au dessus de la jungle embrumée... MAGIQUE. Le guide est génial et nous explique pendant 5 heures l´histoire, les légendes, la faune et la flore des lieux. En terme de faune, nous avons au menu singes-hurleurs (/T-Rex), singes-araignées, toucans, tarentule, fourmis soldats, crocodile et touriste français (très dangereux, il est malheureusement assez répandu dans la région). Mes photos sont pourries, je suis dégouté de n'avoir pu saisir la beauté du lieu.

Retour a l´hotel, douche, sieste, et retour a Flores ou je prend le bus de nuit pour Guatemala City.


Mardi 11/11 - Mercredi 12/11

Le trajet en bus est un cauchemard. Les Guatemalteques font en moyenne tous 1m20 et, probablement par gain de place, ils ont ajusté l'espace des sièges en fonction. Je lutte donc pour dormir les pieds dans l'allée avec un guatemalteque a mes côté qui s'étale comme un camembert trop fait.

L'arrivée a Guatemala City se fait de nuit alors que tous les feux sont clignotants : C'est la solution trouvée car il est trop dangereux de s'arreter au feu rouge la nuit. Effectivement, on sent un peu un climat d'insécurité et je ne veux pas trainer a Guatemala City.
Je me renseigne sitôt arrivé et décide de partir a Antigua, une ville a 1h de mini-bus qui, parait il, vaux vraiment le détour.

Antigua est effectivement très jolie, située en bordure d'un volcan en activité... Je ressens d'ailleurs pour la première fois des secousses légères qui font trembler mon siège alors que je regarde mes mails. Certains d'entre vous l'ont vécu en direct.
Je me repose ici toute la journée et flane dans les rues. J'en profite même pour me faire couper (raser) les cheveux. Le coiffeur, ici, c'est pareil qu'en France sauf que tu évites les commentaires philosophiques du genre "Rooo vous avez le cheveux fin môssieur, t'as vu Jean-Luc comme il a les cheveux fin le môssieur?...".
Ils mettent même un peu de mousse a raser pour te faire les pattes et de la poudre dans le cou après... Je sais que vous vous en foutez mais c'est mon blog et je fais ce que je veux.

Le lendemain, je reprend un Mini-bus pour rejoindre un hotel cher et sans interet a côté de l'aeroport car nous sommes bientôt le 13 Novembre, date de mon vol pour l'Equateur!

vendredi 14 novembre 2008

Jean-Claude de la jungle

Pfiou, je suis a la bourre... J'ai pas mal bougé ces derniers jours et j'ai du retard dans le suivi.

Mercredi 5/11 - Jeudi 6/11

J'essaye de négocier tant bien que mal une "cabaña" sur la plage de Tulum mais le réceptionniste est aimable comme un guichetier de la RATP et m'envoie gentiment me faire foutre. Pas grave, j'irai a cóté! Pas de bol, a coté c'est plein. Il fait nuit et on est un peu au milieu de pas grand chose. Je reviens donc voir l'autre la queue entre les jambes et accepte sa cabane de mauvais coeur (Grrrr. Gros effort sur moi meme...). Je chasse 2 enormes cafards mais la moustiquaire m'en protegera pendant la nuit.
La nuit est claire, superbe lune, le vent agite les palmiers, le ressac bruisse au loin et je sirotte une Margarita les pieds dans le sable en ecoutant les doux accords de Bob ou autres "Hotels Costes" dont nous regale le barman. Chienne de vie. Je rencontre un couple d'allemands, Chris et Suzanne et nous rigolons ensemble en profitant du Happy Hour dont je me souviendrai le lendemain.

Et oui, fidele a mon habitude, je me leve le lendemain a 6h pour decouvrir le site de Tulum aux aurores. Les ruines sont en bord de mer ce qui lui donne un charme particulier. On peut meme descendre du site sur une plage de sable blanc ou des americaines s'entassent a moitie nues. C'est les mayas qui doivent se retourner dans leurs sarcophages en voyant casquettes SoX, strings et coca-cola sur leurs sites jadis sacrés.

Je passe l'apres midi a la plage avec Chris et Suzy. L'eau est chaude et la plage deserte. Je reviens tard a la cabane et le petit roquet de receptionniste me fait payer une 2eme nuit car je n'ai pas fait le checkout avant 11h. Je me sens obligé d'optemperer car soudain 4 mecs m'entourent comme s'ils avaient peur que je m'enfuie.

Je recupere le bus de nuit Tulum - Palenque : Retour au Chiapas pour passer ensuite la frontiere Guatemalteque.


Vendredi 7/11 - Samedi 8/11

Trajet confortable. Pas de goret.
Le Lonely m'indique un lieu pour voyageurs a l'écart de la ville au milieu de la jungle : El Panchan. Effectivement, le "Jungle Palace" est en pleine jungle. En guise de "palace", une cabane en bois de 2mx2m , attention luxe : Sol en béton.
Je pose mon sac et pars en Collectivo pour visiter les ruines de Palenque. Un guide offre ses services et je partage ses explications passionnantes en espagnol avec un autre Mexicain. Je traine dans le site une bonne partie de la journée et reviens tard apres avoir fait un tour sur le net dans la ville de Palenque. J'en ai profité aussi pour me renseigner comment passer la frontiere du Guatemala et rejoindre le site de Tikkal. J'ai donc pris un tour sur 2 jours pour visiter 2 sites, Yachixlan et Bonampak puis rejoindre Tikkal au Guatemala.

Samedi, mon réveil sonne a 5H (ca devient la routine). Il fait noir comme dans le fondement de Barack O. 5h10 : Un bruit horrible déchire la jungle, a 10 metres du fétu de bois qu'on m'a vendu comme une cabane. C'est un grognement/hurlement ENORME, et a répétition... C'est pas possible : on m'a refilé une cabane au milieu de Jurrasik Park! Cet abominable cri est un subtil mélange entre des grognements de truie, un barissement d'elephant et le rugissement d'un félin.
Bon. La frontale sur la tete, je prepare mon sac et me prepare mentalement pour affronter le monstre qui doit bien faire 5 metres et 750Kg vu la puissance de son organe. De toute facon il faut que je sorte. Armé de ma frontale, je sors et les cris cessent d'un coup. L'aboiement d'un chien me rassure et je trace vers le point de rendez-vous pour le mini-bus du tour.
Je retrouve d'autres voyageurs et leur parle de mon experience Jurrasik Park : Il s'agit en fait de singes-hurleurs. Je me sens comme un con et ca me fait bien rire. Joe la Jungle.

6h: heure du rendez vous. Saperlipopette! (j'ai en fait utilisé un lointain cousin un poil plus familier) Je me rends compte que j'ai laissé des fringues a laver a une minette et je ne les ai pas récupérés. Je retourne la moitié du camp pour trouver son adresse et je vais réveiller la pauvre dans sa cahutte. Elle me file les clefs du local tout en me gratifiant, sans doute, de quelques doux sobriquets en Tzotzil.

J'embarque en mini-bus et je rencontre un couple de francais, Fab et Flo, qui va faire le meme trip que moi + 1 jour de jungle.
Le site de Yachixlan se visite apres 45 min de "Lencha", une sorte de pirogue a moteur d'ici. Tres beau site vraiment perdu dans la jungle ce qui lui donne tout son charme et permet de conserver un peu de son mystere. Bonampak est, lui, particulier car construit sur les flans d'une colline, tout en hauteur. En fin d'apres midi, le chauffeur nous conduit tous 3 vers un campement "Lacandon" pour passer la nuit. Il s'agit d'une ethnie de la région qui vit effectivement dans des conditions assez simples (ils ont quand meme la Télé - Ahhh bon, j'ai eu peur) et qui profite des touristes qui visitent les sites archeologiques proches pour gagner un peu d'argent.
Arrogants et méfiants comme tout bon francais qui se respecte, nous nous demandons au début si leurs tuniques blanches, long cheveux et coiffure a la Coluche ne sont pas des trucs pour touristes et s'ils ne vont pas se faire une bonne partie de Playstation des qu'on a le dos tourné. A priori non. Fab et Flo ont passé 2 nuits la bas et ont pu se rendre un peu mieux compte de leur quotidien authentique.

Nous dormons dans des box individuels dans un batiment en bois tres propre et confortable. Les poules et coqs nous reveillent. Je pense a Laetitia (Stauff) qui, effectivement, imite le coq a la perfection... Je me suis d'ailleurs demandé si elle n'était pas dans le coin.
Aujourd'hui, alors que Fab et Flo vont dans la jungle, je passe au Guatemala.


Message a caractere informatif :
- Tom, ya du boulot pour toi ici : Tu verrais les interrupteurs, c'est pas du tout aux normes NF C15-100.
- Camille, dis toi que c'est grace a ton formidable taux de fecondite que tes enfants pourront nous payer une belle retraite sous les cocotiers... faut pas compter sur moi pour l'instant!
- Valentine, Ca s'arrange tes histoires? Donnes moi de niouzes par mail.

lundi 10 novembre 2008

Chichen Itza - Playa del Carmen... Allez hop!


Dimanche 2/11 Mercredi 5/11 - Chichen Itza et Playa del Carmen

Je m'eveille dimanche a 5H avec difficulte pour prendre le premier bus pour les fameuses ruines de Chichen Itza afin de profiter de la lumiere, de la fraicheur, et de la solitude du matin (il y a parfois 10000 visiteurs par jour!). 3 heures plus tard je suis l'un des premiers aux portes de la billeterie et m'aventure dans le parc au milieu de ruines tres bien restaurees. Je serai cependant decu plus tard en apprenant par un guide que certains temples, bien que patrimoine de l'Unesco, ont ete, moyennant sponsoring du gouvernement Mexicain, renoves en ne respectant pas exactement les plans d'origine, ceci afin de drainer un maximum de touristes... Les temples sont cependant majestueux et l'ingenuosite des Mayas m'impressionne (et ouais).
Je prend ensuite un bus direction "Playa del Carmen", sur la cóte Est du Yucatan, entre la fameuse Cancun et le site de Tulum. Je me pose dans un hotel propre et pas cher et je sors pour me balader. Je me demande ce que Cancun peut donner si c'est encore plus americanise que Playa del Carmen... Je tombe coup sur coup nez a nez avec Burger King, Mac Do, Wal Mart et Blockbusters... Les mariachis sont clairement la pour faire du pognons aupres des Gringos entasses dans la rue principale truffee de bars ou le foot americain est retransmis sans vergogne. Je suis venu pour plonger et je sens que je ne vais pas trainer. Je vais donc diner un peu a l'ecart dans un petit restau recommande par la receptioniste ou ils me servent une viande succulente avec un salade de cactus (moyen moyen) et une salsa qui arrache de puta madre (pardon mais si). Les larmes aux yeux et la gorge en feu, je sirotte donc quelques Coronas.

Apres investigation au sein de plusieurs Dive-Centers, j'ai opte pour 4 plongees au sein d'un club tenu par un Francais qui me fait un bon prix.
Le lendemain matin mon materiel m'attend pour les 2 premieres plongees au large de Playa. Malgre le bateau qui semble survoler l'eau tres claire, je suis un peu decu par la visibilite une fois sous l'eau... Je fais un peu ma fille car je croise quand meme quelques grosses tortues, des barracudas et 2 enormes murenes vertes (ou marron). Apres midi plage a rien foutre: 30°, ca c'est un mois de novembre comme je les aime... Vengeance : j'envoie un MMS a Pinpin de mes orteils en face de l'eau car je crois que c'est un des rares jours ou il n'est pas en vacances (nb : il est banquier).

Lendemain matin, 2 plongees dans les "Cenotes" : Unique au monde, il s'agit d'anciennes grottes autrefois immergees qui se sont remplies d'une couche superficielle d'eau douce d'une couche inférieure d'eau de mer. On evolue donc en eau peu profonde (5 a 15m) dans une eau cristaline au milieu des stalagtites/mites (Tom, une histoire?). Claustros s'abstenir car on ne voit pas systematiquement le jour et les passages sont parfois limite speleo. La limpidite de l'eau me donne l'impression de voler. Une experience inoubliable. Apres midi lecture a la plage: je suis dans "Oro" de Cizia Zykë. Pas de la grande literature mais ca se passe dans le coin.

Mercredi soir, je pars pour Tulum, a une heure de route.


Messages a caractere informatif :
- Ma soeur! Geeezzz! Alors tu as l'electricite dans ton nouveau palace ou ils plantent encore les poteaux? J'attend de tes niouzes en beaucoup plus long ma cherie! Bisous
- Seb, je t'attend mon grand... Tu vas aimer, il ne fait que 30° en moyenne.
- Olivia! Hyper heureux de te lire. Mises a part les femmes de tes freres (ouf!), il faut avouer que les mexicaines sont plus proche du ballon de basket que de Claudia Schiffer. Mais bon, on n'est pas a l'abris d'un coup de bol...
- Raisin, ca te vas comme un gant mon mignon. Je garde et j'incite tous mes lecteurs a reprendre en coeur... Je te rappelle que tu es quelque part a l'origine de "Playmo". :)

lundi 3 novembre 2008

Merida - Dia de los Muertos


Vendredi 31/10 - Samedi 1/11

Trajet en bus intéressant pour arriver a Merida... Je grimpe donc dans le bus de nuit pour aller dans le Yucatan : Il est 18h30, j'ai 12h de bus en vue. Le bus est bondé et je m'installe a côté d'une jeune femme qui est du coup obligée de prendre son boutchou sur les genoux. Celui ci ne manquera pas de me le rappeler en me gratifiant d'aimables coup de pieds pendant l'heure qui suit. Heureusement les postes de television diffusent, volume a fond, un documentaire sur les crocodiles qui le captive et il arrete de m'emmerder... Au bout du 62eme crocodile capturé (c'est long!), le bus marque son premier stop et la jeune femme emporte son gesticuleur. Cool! enfin seul! Tu parles, ils rentabilisent les bus a fond ici et j'écoppe d'un jeune qui pue. Bon. Alors que je m'habitue doucement aux effluves de mon voisin, celui de derriere en profite pour se mettre a ronfler comme une loco(ca devrait etre interdit!). Ca va durer 3 heures, animées par quelques étranglements qui me font espérer qu'il va enfin crever. Mais non, avec ses 150Kg, il est costaud l'animal.
Finalement, mon putois et mon goret me quittent au deuxieme stop. Je verse une larme. Il est environ minuit et j'espere pouvoir m'endormir car personne ne s'asseoit a cote de moi. En revanche, un jeune couple d'Americains en grande forme s'installe a la place du goret. Je profite en premieres loges de leurs recits nazillards tous plus incroyablement plats de lieux communs sur tout et n'importe quoi aggrementés de "like... you know" toutes les 2 syllabes. Enfin ils se taisent et je m'endors... il doit etre 1h30.

Je m'eveille d'un coup. Un militaire en arme viens de rentrer dans le bus et les lumieres s'allument. On doit etre a la frontiere Chiapas-Yacatan en pleine jungle et ils veulent faire un controle. Le militaire annonce des numeros de bagages qui font etre fouilles. Je verifie mon numero. BINGO. C'est le mien. Je descend du bus et me fait aussitot agresser par une horde de moustiques. Il doit etre 3h du mat et ils ne dorment pas. En face de moi, une demi-douzaine de militaires, mitraillette en bandouliere et mon sac deja disposé sur une table.
L'armée ca va. C'est la police qui craint ici : Ils sont corrompus comme de la vermine et il faut allonger de l'argent si on ne veux pas se faire emmerder trop longtemps (dixit les locaux avec qui j'ai pu discuter).
Le chef me demande si c'est mon sac "Si señor" et s'il peut le fouiller "Si señor". Il commence par les poches de cóte et tombe sur ma trousse a pharmacie. Il l'ouvre, voit les tablettes de Nivaquine, Imodium et autres Anticacamous, sans boite et il pense avoir trouve toute une cargaison de coke en gellules... Il me fait un signe du genre "on t'as eu mon petit gars, t'es dans la mierda". Tout endormi et tout cool, je lui baragouine et lui mime que ce sont des medicaments tout ce qu'il ya de plus legal et que d'ailleurs j'ai gardé l'ordonnance du medecin. L'emmerde c'est que le pharmacien m'a donné des generiques et que l'ordonnance indique les marques. Du coup, le soldat ne retrouve pas les noms de l'ordonnance sur les tablettes. Va expliquer ca en espagnol... Il en parle a son chef qui a l'air un peu moins con et lui explique.
Pour le geste, il continue la fouille et vide mon sac a fond. Il remet tout en vrac et on peux repartir. Il est 3h30 et je peux enfin dormir jusqu'a l'arrivée vers 7h.


A Merida, je me dis qu'apres 3 nuits de peu de sommeil (2 nuits en bus + une nuit en cave), j'ai merité un hotel pas trop pourri. Je me decide pour un hotel tres correct avec une chambre a 300 pesos (18euros). L'eau est chaude, il y a un jet, le matelat est bon et les cafards sont plus petits.
Apres une douche, je pars visiter le centre ville. J'aime instantanément car l'animation est partout. Nous sommes le 1er Novembre et c'est le Dia de Los Muertos (Jour des morts), une féte bien particuliere pour les descendants des Mayas, dans un mélange confus avec la féte catholique de la Toussaint. Des stands s'étendent un peu partout avec bougies, photos des ancetres, fleurs et en offrande, les plats préférés desdits ancetres. Pour moi, ce sera une tarte bourdaloue, un camembert affiné au calva et un paté de foie forestier bien sur, merci...
Je trainaille dans les rues de Merida tranquilement samedi.

Dimanche, j'irai a Chichen Itza.

jeudi 30 octobre 2008

Oaxaca - Paradis des daltoniens & San Cristobal - Yéman


Dimanche 26/10 - Mardi 28/10

Arnaud et Carla doivent aller a Puebla qui est sur la route de Oaxaca, a 6 heures au sud est de Mexico. Ils me déposent a la gare routière (ca y est, j'ai trouvé les accents sur ces p... de claviers!) et je saute dans un bus après des au-revoirs pour, je l'espère, moins de 10 ans...
En partant de Mexico city on s'apercoit de l'ampleur de la pollution de cette ville : une véritable chappe jaunatre très nette englobe la ville. Pas mécontent d'aller vers l'air un peu plus frais de Oaxaca (ca se dit "Oarrraca" avec la jota).

Arrivé la bas, je retrouve Sophie, la soeur d'un certain Tom Delasnerie (le bien nommé :)), un ami de Nantes. Nous nous abbreuvons de quelques tequilas sans lesquelles, dit elle, son voyage ne serait pas complet... Ne pouvant laisser une jeune fille seule devant le vice, je l'accompagne contraint et forcé...
Le lendemain, nous allons a Monte Alban, un site Zapothèque qui date de 500 ans av JC (Vindiousse! un site Zapotheque de 500 av JC? ben oui). L'endroit est impressionnant et surplombe toute la vallée. Dire que nos amis zapothèques n'avaient pas d'outil, d'animaux ou meme la roue pour construire le tout fait passer Kaufman&Broad pour des constructeurs de patés de sable.
Je poursuis la visite de Oaxaca en solo car Sophie a du repartir pour Mexico pour le boulot (haaa, ces femmes Barbara Goulde!). Cette ville est bigarrée de couleurs criardes (en tout cas de mon point de vue de daltonien) qui lui donnent un vrai charme. Je m'essaye a quelques photos de facades tellement la lumière est spéciale. J'en suis un peu décu mais j'apprend. Mon Nikon et mon Ipod ne me quittent jamais sachant que ce sont les seuls objets de "valeur" que j'ai emporté. Un peu parano au début après avoir lu les "mises en garde" un peu catastrophistes du Lonely, je me suis vite détendu car je ne me suis jamais senti en insécurité.


Mercredi 29/10 - Jeudi 30/10

Je prend un bus de nuit mardi soir a Oaxaca et j'arrive mercredi matin aux aurores a San Cristobal de las Casas, dans le Chiapas. Il fait beau, comme a Oaxaca, mais a 2200 m d'altitude on supporte une petite laine...
Sitot arrivé a la gare routière, une nuée de rabbateurs se jettent sur moi pour me refiler une chambre d'hôtel. La tête dans le postérieur, j'en prend un qui m'a l'air pas mal et pas chèr. J'arrive dans une famille qui loue quelques chambres avec douche pour arrondir leurs fin de mois. 75% d'humidité et 14ºC, j'aurai l'impression de dormir dans les meilleures conditions pour conserver un bon vieux Château Yquem, mais pas pour une bonne nuit.

San Cristobal de las Casas est une petite ville, perchée sur les hauteurs du Chiapas, qui est assez connue pour son Commandant Marcos, son artisanat et son ambiance babacool. Je marche beaucoup dans ces petites ruelles sympa et très "authentiques" si l'on peut dire. On sent quand même étrangement un certain ressentiment a l'égard des étrangers (source des soulèvements Zapatistes de Marcos) et il faut y aller discrétos pour prendre des photos de personnes.
Le soir, concert Tzigane génial dans un bar punk avec des gens qui ont des coiffures que je ne pourrai plus jamais avoir (certaines se rapprochaient étrangement de la coiffure de Bilout' avant qu'on l'ait aidé a cesser de ressembler a Giscard).

Je prends le bus de nuit direction Mérida, Yucatàn.

Message a caractère informatif :
- Quel bonheur de te lire madame Lejoille. Je pense bien a vous car je crois que vous avez été dans le coin aussi. Dis a ton homme qu'il a laissé un souvenir impérissable et que les filles de Oaxaca sont encore toutes émoustillées en pensant à son don pour la Salsa. Bisous a vous 3,5.
- Madame Elozanne: Je suis fièr de vous compter parmi mes admiratrices. Quand vous aurez enfin viré votre bon a rien de mari, passez moi un coup de fil, on prendra des photos et on lira des bouquins... Bises a vous 3 ôssi.

lundi 27 octobre 2008

Mexico City 2 - Le retour


Mercredi 22/10 - Samedi 25/10

Je reviens en bus vers Mexico city sans encombres. Arnaud m'attend avec Carla et des spaghettis carbonara a la truffe noire(c'est pas des amis Italiens a lui, c'est ce qu'il a fait a manger), rien que ca. Apres ce festin et une petite tequila digestive, au pieux car demain ya du boulot...

Jeudi, je decide de partir pour le fameux temple de Theotihuacan, a 50 bornes au Nord de Mexico, qui fut jadis la plus grande citee du Mexique et la capitale de l'empire precolombien. Des mariachis rentrent dans le bus a mi parcours a l'aller et nous mettent une sacree ambiance avec des "mi corrrazzzzon se mouerrrrre" a tout va.
Je visite ce parc de plusieurs kilometres avec "Air" dans les ecouteurs (Left Bank de Pocket Symphony en particulier): Un vrai bonheur. Le site est magnifique et je fais office de photographe professionnel pour tous les touristes qui veulent se faire prendre en photo au sommet des pyramides. Je me prend quelques coups de soleils bien merites. Rien de grave. Allez voir les photos sur le lien a cote, j'espere qu'il fonctionne.

Le soir, nous retrouvons dans un restau Mickaela (une amie -via Anne-So- qui a suivi son homme a Mexico et qui dechire tout la bas) avec Arnaud ("Pouchou" pour les intimes.... humfhumfhumf!) et Carla ("Carlita", une perle). On fini dans un bar branchouille a boire des "Banderitas" qui sont sensees representer le drapeau Mexicain : Le rouge avec un jus de tomate epice, le blanc avec une tequila bien tassee et le vert avec un jus de citron hyper amere: tout cela picotte severement.
On ramene Mickaela dans son appart de milliardaire. Elle a la gentillesse de me preter 3 bouquins qui animeront mes futurs longs voyages en bus (Oui, j'ai enfin fini "La cite des anges" que j'avais commence ya 2 mois - Pas de commentaires mademoiselle)


Vendredi, je pars aux aurores pour la visite du "Museo nacional de Antropologia" de Mexico, un must si on veux ne pas mourrir trop con sur la culture Maya, Azteque, Tolteque, Olmeque, Zapoteque, Yapudsteque... Arme de mon audioguide dont les explications sont un peu partielles, je complette mes connaissances en papillonnant d'un groupe de touriste a l'autre pour ecouter les explications de leur guide.
Le soir, Arnaud a prevu d'aller diner a la "Casa de Francia", le restaurant tenu par l'ecole Cordon Bleu (au sein de laquelle il est chef executif, voui Môssieur). Son boss a ramene de France toute une cargaison d'andouillette, rillette et pate. Autant vous dire que je me suis fait prier.
Tous les chefs de l'equipe Cordon Bleu de Mexico sont la et ils ne sont pas venu pour sucer des glacons... Dans l'ordre Caipirina(sss), vin blanc, vin rouge, digestif(sssss)... Doliprane 1000.


Samedi assez tranquile ou nous allons tranquilement nous balader et tranquilement faire une course. Tranquile quoi.
Le soir, nous allons voir Matthieu, le frere d'Arnaud qui lui aussi est marie a une charmante Mexicaine dont c'est l'anniversaire. Apres une petite baisse de tension en debut de soiree, nous allons dans en boite onduler nos corps sur des rythmes latinos jusqu'a tard (moins une heure car c'est le changement d'heure aussi ici au Mexique).
Demain, je file a Oaxaca.


Message a caractere informatif :
- Laurent, je ne regarde pas les filles: je suis pur comme les premieres neiges d'automne... Et, ca se confirme, tu es vraiment un gros raisin, t'as failli m'avoir.

mercredi 22 octobre 2008

Puebla / Veracruz - Mes premiers pas


Samedi 18/10 - Dimanche 19/10

Apres un trajet tres confortable de 2 heures en bus premiere classe (au choix ya 2eme, premiere, luxe ou "ejecutivo"), je me retrouve au centre de Puebla, une ville de 1,5 millions d'habitants a l'est de Mexico city. Classee au patrimoine mondial de l'Unesco, cette ville comprend pas moins de 100 eglises!
Je couche dans un hotel categorie "petits budget" du Lonely, il n'y a pas d'auberges de jeunesse. Chambre aveugle, salle de bain vetuste mais lit confortable et pas trop de bruit. Je comprend que l'eau est chaude car c'est inscrit sur le robinet.

Visite de la ville qui est magnifique. Effectivement, il y a une eglise a chaque coin de rue mais je prefere les rues et leurs animations qui sont tres interessantes par elles memes.

Le soir, je m'installe dans un restaurant qui se transforme tres vite en salle de concert. A peine ai-je commande mon fameux "Molle" (Poulet cuisine dans une sauce a base de cacao, piment,et cent autres ingredients secrets...) que le concert commence : un clavier et une chanteuse. Belle voix pour des chansons a priori Mexicaines (j'en sais rien mais c'est en espagnol).
Et puis Isaac est apparu.
Apres quelques tentatives un peu desesperee pour ouvrir la conversation Isaac s'incruste a ma table alors que j'essaye de finir pepere de manger mon poulet (delicieux d'ailleurs). Aussitot, il me dit "Soy tu amigo", qui, pour les non inities lobotomises veux dire "Je suis ton ami". "OK, tres bien, ben je suis bien content d'etre ton amigo Isaac, je peux finir mon poulet?"
Non, vous me connaissez, je suis un peu plus ouvert que ca et je commence a essayer de baragouiner de mon espagnol de lycee... Ya du boulot : je comprend beaucoup mais pour parler c'est comme si j'etais anesthesie. On veux dire une chose, on sait qu'on a su le dire, mais ca sort pas.
Bon, de ce que je peux comprendre d'Isaac, a moitie couvert par les "mi corrrasssooooonnnnn!" de la chanteuse, il est fan de Jesus et du Pape Jean Paul II (Juan Pablo Dos), il desespere que "Benito Diesyseis" vienne au Mexique et il est mon amigo.
Sachant que mes connaissances teologiques sont limitees et que nos souvenirs de vieux amigos sont un peu legers, je prend conge rapidement...

Le lendemain, dimanche oblige, je vais a la messe a la cathedrale locale. Pfiou ca faisait longtemps. L'office n'est pas vraiment different d'un office en France sauf qu'ils disent "Alleluchia" et que la moyenne d'age est sensiblement plus basse.
Apres midi sur les hauteurs de Puebla pour visiter un Fort dans lequel les troupes francaises de Napoleon III se sont pris une deculottee en 1862 en voulant annexer le Mexique.


Lundi 20/10 - Mercredi 22/10

Je decide de partir retrouver le Golfe du Mexique que j'avais laisse il y a 10 ans sur la cote americaine de New Orleans. Depart en bus pour Veracruz, un port sur le golfe du Mexique a 4h de bus. Je trouve un hotel miteux dont je me contente. Veracruz n'a pas vraiment d'interet en tant que tel (et souffre directement de la comparaison avec Puebla).
Apres un rapide coup d'oeil a la carte, je decide de partir a pied pour la plage la moins moche a quelques kilometres du centre ville. Quelques heures de marche (3, en fait) sous le cagnard (j'ai mis de la creme, môman) et j'arrive enfin a une plage qui me fait penser a Paris-plage par sa proximite avec la route et la proprete de son eau. Le soleil y est cependant plutot agreable et le ballet des Pelicans qui pechent est divertissant. Les doigts de pied en eventail, je ne peux, a ce moment precis, m'empecher de penser a ceux qui prennent leur Metro a Chatelet... (hinhin, pas taper)
Je reviens en bus (pas fou) et me fait un bon "Huachinango Veracruzanada", un capitaine fraichement peche dans une sauce tomate/vinaigre/oignons/capres.
Mercredi, je repars pour Mexico City ou je vais cette fois profiter un peu plus d'Arnaud...


Messages personnels a caractere informatif (en reponses a vos commentaires) :
- "Laurent", en leve ton masque : J'ai un doute s'il s'agit de mon frere prefere ou du patron /informaticien /ecolo /gros raisin. D'apres le style, je pencherai plutot pour le raisin, mais on ne sait jamais... (mais non!, Scoubidou! car en fait c'etait le gardien du musee d'antropologie!) Les photos arrivent.
- Celine, effectivement, la musique locale moderne ressemble a s'y meprendre a ce genre de merveille mais en pire...
- Valentine, finies les responsabilites Europeennes?
- Elozanne, je deviendrais ecrivain quand ton mari sera ballerine a l'Opera Garnier. Je te remercie cependant...
- Gab, effectivement, j'ai reecoute Becaud sur mon tout nouvel Ipod gonfle a bloc en partie avec ta musicotheque... et c'est assez ressemblant, sauf sur la fin... Dis donc, t'as quelques merdouilles qui trainent aussi dans ta musique hein?

dimanche 19 octobre 2008

Mexico City (Mexique) - Ca y est! j'y suis!


Et oui, ca y est! Pfiou ca fait drole d'ecrire ma premiere page de ce bouiboui internet dans Puebla, une petite ville Mexicaine a l'est de Mexico City...

Le depart s'est plutot bien passe malgre des bouchons sur l'A86 (je suis content de la quitter celle la) qui m'ont un peu fait stresser de louper mon avion malgre la large avance que nous avions prise avec papa et maman... Electrique, l'atmosphere, dans la voiture.

Vol American Airlines. Hotesses et bouffe degueulasses. Pas de film a la demande. Une intense deception. Heureusement, pour mettre un peu d'ambiance, je me suis renverse la moitie de mon jus de tomate sur mon pantalon tout frais lave. Rien de grave a part quelques jurons qui n'auront pas echappe a nos hotesses.

Arrivee a Mexico apres une escale a Dallas et les multiples controles de securite. Ils font vraiment tout dans l'exces ces Americains. Pas d'Arnaud pour m'accueillir comme c'etait prevu. Bon. J'attend. Une heure passee, je pense, dans un eclair de genie (oui oui) a verifier mes mails et j'ai confirmation par un message de sa femme, Karla, qu'il est coince dans les bouchons mais qu'il est bien sur la route.
Je me rendrais compte par la suite de mes yeux que la circulation est effectivement incroyablement dense dans cette ville. Paris, a cote, c'est les steppes Mongoles.

On se fait une petite tequila et un bon poulet en se racontant avec Arnaud en accelere les 10 ans qui nous separent de notre derniere entrevue. Ca fait plaisir.
Le lendemain, apres une nuit bizarre suite au decallage horaire, je chausse mon petit sac a dos avec guide (merci AnneSo!), blouson (y pleut!) et appareil photo pour visiter "El centro Historico" de Mexico City. Je marche pendant des heures dans cette ville qui grouille. Je retrouve l'activite intense et un peu oppressante que j'avais vecue a Bangkok (comment j'me la pete!). Des vendeurs de tout et n'importe quoi le long de toutes les avenues, de la musique, salsa ou techno a fond chez les vendeurs de disques, des odeurs de fritures allechantes et des mecs qui gueulent pour attirer le chaland. Je me retient de manger les trucs gras et pas fins que me proposent les vendeurs de "pollo frito" ou autres : Arnaud me l'a deconseille et je ne vais pas me chopper la ch... des le premier jour.

Je visite la Catedral Metropolitana, le Palacio Nacional avec un guide qui m'explique tout (en espagnol!) sur les fresques de J Rivera, le mari et amant de Frida Kahlo. Puis je vais au Templo Mayor, un temple Azteque qu'ils viennent de mettre a jour dans le centre meme de Mexico city. Je me fait accoster par une guide municipale charmante, Beatriz, qui me propose de me faire visiter le temple (et pas "son" temple, je vous vois venir bande de degueulasses). Passionnant. Les 2 visites me permettent de degrossir ma connaissance plus qu'approximative de l'histoire Mexicaine pre et post-Colombienne. Si vous en voulez plus, vous n'avez qu'a lire des bouquins, ya pas marque "Universalis" la.
Retour chez Arnaud, bouffe avec Guacamole fait maison delicieux. Demain, me voy a "Puebla".

mardi 14 octobre 2008

Petit curieux va!



Je savais que tu n'allais pas résister à la tentation d'aller jeter un oeil à cette page!
Je demande indulgence et patience à J-1 du départ sur la qualité technique et la richesse scénographique de cet endroit.
J'ai bon espoir de gagner en compétence au fur et à mesure de mon périple.

J-1 donc. Départ demain jeudi 16 octobre 11h40 de Roissy 2D para Mexico!
Toudoum toudoum...