vendredi 30 janvier 2009

Dinosaures & Dynamite...




Samedi 24/01 - Lundi 26/01

10 centimètres. Qu'est ce que 10 centimètres? La distance d'un pouce a un auriculaire? La taille d'un stylo Bic? de la bistouquette de Sarko?
10cm, c'est l'espace qui me manque pour pouvoir dormir dans ce p... de bus de La Paz a Sucre. Les semi-lits du bus sont de nouveau pensés pour les 7 nains et le chauffeur n'a vraiment rien de blanche neige. Rien a faire, j'ai beau me tourner dans tous les sens, il me manque toujours ces foutus 10cm. Une vraie torture a laquelle devraient penser les administrateurs de Guantanamo!

Arrivé a Sucre la tête dans le fût. Trouvage d'hotel (2.5€) et sieste.
J'ai croisé a nouveau un couple de francais au sortir du bus, Noemie et Pierre-Alexandre (PA) avec qui je vais faire un bout de route.

Sucre, capitale constitutionnelle de la Bolivie et patrimoine de l'Unesco, est surnomée la ville "Blanche" car construite du calcaire blanc extrait de la région. Nous découvrons une ville déserte : 48 heures avant le référendum, tout ou presque est fermé. Horreur suprème, nous aprenons que bars et restaurants n'ont pas le droit de vendre d'alcool... Même pas une petite binouze... Dur dur, c'est nos apéros qui s'envolent.

Lundi, visite de "Cal Orko" pour observer les traces de dinos découvertes au hasard de l'exploitation d'une carrière. Tourisme oblige, les autorités ont développé un musée/parc, le "Park Crétario" (Tantannnnn!) avec reproductions de dinos grandeur nature. Wouahou dingue! Je n'ai malheureusement pas de petit frére pour prétendre que je l'accompagne mais je m'éclate au plus grand amusement de Noemie et PA...


Mardi 27/01 - Jeudi 29/01

Départ pour Potosi, à 3 heures de bus au sud. Ville la plus haute du monde a 4060m d'altitude, j'en ressens les effets et j'ai du mal à respirer. Très agréable avec ses routes piétonnes mais ca caille sévère. Le but ici est de visiter une des mines d'argent toujours en exploitation.
Une agence recommandée par le Lonely nous prendra en charge pour la demi journée de visite. On nous fourni un véritable équipement de mineur avec pantalon/veste imperméables, casque et frontale. Nous passons dans un marché pour acheter des cadeaux aux mineurs pour les remercier de nous accepter dans leur mine. J'apprécie le principe car ca me retire un peu du sentiment désagréable d'aller au spectacle ou au zoo...
Dans notre panier :
- Feuilles de Coca que les mineurs machouillent à longueur de journée en guise de coupe-faim et d'"énergisant",
- Sodas pour leur rafraichir la gorge asséchée de poussière
- Dynamite pour leur permettre d'extraire le précieux métal
- et Alcool à 96º (!!!!) pour leur faire oublier leurs conditions de travail. Sur la bouteille blanche en plastique est inscrit "Buen Gusto". J'en goute un bouchon... Vindiousse... Ca vous déboucherai un chiotte!

Nous arrivons a l'entrée de la mine. Dehors, des mineurs complètement bourrés (cf ci-dessus) dansent au son d'une flûte de pan.
Nous allumons nos lampes et rentrons dans un trou noir s'enfonce 2 rails. Comme dans les films. Nous avancons les uns derrières les autres. "Ne touchez pas les cables a droite" nous dis le guide, c'est du 220V et l'apport en oxygène. A fur et a mesure de notre évolution dans les profondeurs de la mine, plusieurs fuites nous font nous interroger sur les conditions de sécurité du lieu. Clairement, on est très loin du ISO 9002

Ca fait 10 minutes que nous nous enfoncons, notre tête cogne maintenant systématiquement aux troncs de bois qui maintiennent les gravas, je suis courbé en 2 car nous évoluons dans des couloirs de 1.50m de haut environ. 2 personnes ne pourraient se croiser qu'en se collant a la paroie.
Nous rencontrons des mineurs de 15 a 70 ans, la joue déformée par la boule de feuilles de coca. Ils travaillent pour une misère 8 heures par jour, 6 jours sur 7 dans des ces conditions incroyablement difficiles. Le vendredi, ils triment 16 heures d'affilée pour ne pas avoir a travailler le dimanche. Il fait très chaud, la gorge est enflammée par le souffre et la poussière, on peux a peine se retourner. Je penserai a eux quand je ralerai parce qu'il n'y aura plus de café dans la machine à Neuilly...

Le guide nous informe que nous allons descendre au 2ème, puis au 3ème niveau à -50 mètres. Nous rampons maintenant dans des conduits ou je peux a peine passer les fesses. Ca glisse, c'est instable, il fait chaud, on voit rien, la gorge pique... Sale temps pour les claustros.
Au 3ème niveau, d'autres mineurs tirent a dos d'homme un chariot de métal qui sera extrait a l'air libre dans de gros sacs par un système de treuils. C'est l'âge de pierre. INCROYABLE et terriblement choquant. Nous leur offrons respectueusement et avec une inévitable pitié le fruit de nos achats sur le marché.

Nous remontons a l'air libre par les mêmes boyaux glissants. Pas mécontents de retrouver l'air libre. Tranquile, notre guide allume un baton de dynamite et nous le fais passer de main en main (cf la photo ci-dessus). 3 minutes de mèche (ENVIRON!). L'explosion est super forte. On hallucine.

Remis de nos émotions autour d'une Huari, la bière locale, nous décidons avec Noemie et PA de partir ensemble le lendemain vers Uyuni et son fameux salar.


Messages a caractère personnel :
- 'Toine & Anne-So, avez vous récupéré le guide que je vous ai envoyé d'Equateur?
- Anne-Lise, profite. T'as raison.
- Tom, j'ai essayé d'expliquer "Pyramide" à des argentins, on les aurait impressionné si tu avais été là!
- Maman, tout va bien. No stress.

vendredi 23 janvier 2009

Un Titicaca et hop à la Paz!




Lundi 19/01 - mardi 20/01

Trajet de nuit en bus depuis Cusco. 10 heures. Traversée du poste-frontière Bolivien. Tampon. Mini-bus jusqu'à "Copacabana", Bolivie, rien a voir avec son homonyme brésilienne puisqu'au bord du Lac Titicaca. Donc pas de string ficelle a 4000m d'altitude (dam!).

Je choppe un hotel pas mal. La vie n'est pas chère en Bolivie, je paye 6 Euros pour l'équivalent d'un 2 étoiles français (Eau chaude 24/24, toilettes privées). A la réception, je rencontre 3 francais (les premiers depuis mon départ!): Claire, Seb et Blaise avec qui je partagerai les quelques jours qui suivent.

Copacabana est une ville bien roots avec son lot de cheveux gras, dreadlocks et barbes de 15 jours qui vendent sur le trottoir le fruit de leur art. Les échoppes boliviennes quand a elles, bigarrées de ponchos, écharpes et autres tissus artisanaux se disputent aussi les portefeuilles des passants...
On n'échappe pas a Bob ou Manu Chao dans chaque resto ou bistrot.

Je pars le lendemain avec Blaise pour l'Isla del Sol, île mythique située au milieu du Lac Titicaca ou serait né le soleil d'après les Incas. Ca tombe bien, il pleut des cordes quand on embarque dans cette sorte de boatpeople trainé poussivement par un moteur 75CV... 2h de trajet houleux et gerbique et nous arrivons enfin au nord de l'Ile. Le soleil nous y attend, ca marche!

Grimpette sur l'ile montagneuse sous le cagnard après s'être repus d'un burger vendu sur le trottoir. Je surprendrais à la dernière bouchée la gentille vendeuse rattraper un des steaks a même le sol et le recoller ni vu ni connu sur le grill. Ah c'était ca le petit goût...
Les points de vue sur l'ile sont partout. Le Lac Titicaca est une vrai mer intérieure dans laquelle viennent se refléter les gros cumulus blancs d'altitude. Très photogénique.
Sur la route,nous échangeons avec Blaise nos adresses de restos parisiens. Incorrigibles français à toujours parler bouffe, je suis satisfait de croiser quelqu'un qui, comme moi, pense que la Mozzarella et le Toffu sont a la gastronomie ce qu'Arielle Dombasle est au cinema: Ca sert à rien. Révoltez vous, amoureux du lait de Bufflonne et emmenez moi pour voir dans un resto qui me fera changer d'avis!

Sur le trajet du retour, le pilote du boatpeople nous propose d'aller a TitiHurta, des îles flottantes faites de paille sur lesquelles vivent encore quelques indigènes. En guise d'île flottante, nous découvrons Disneyland: "Welcome to Titi-Hurta". Il faut payer 5 Bol pour fouler du pied une pauvre ile où les gamins déguisés posent pour la photo moyennant pourboire. C'te blague. Nous demandons au pilote de gentiment s'asseoir sur ses 5 Bols et de nous ramener au port.
Resto et pinard (ca faisait longtemps!) avec les francais... La spécialité ici est la "Trucha", truite du Lac. Un délice.

Seb, Claire et Blaise qui ont déjà passé quelques semaines en Bolivie m'informent qu'il ne vaux mieux pas trop trainer dans les grandes villes Boliviennes bicoz Evo Morales a lancé un référendum pour faire valider sa nouvelle constitution. Le vote a lieu le dimanche 25/01 et ca pourrait être un peu chaud car les "riches" sont farouchement opposés au texte qui est clairement a l'avantage des Indigènes (qui représentent au passage quand mème 70% de la population). Je vous en dirai un peu plus plus tard si vous êtes gentils.
Je dois donc m'organiser pour éviter La Paz dimanche 25. J'irai donc jeudi et vendredi puis je partirai a Sucre qui devrait être plus calme. Ca tombe bien, les français partent eux aussi pour La Paz mercredi avant de repartir vers l'argentine.


Mercredi 21/01 - Vendredi 23/01

4h de bus pour La Paz. Le premier hotel est le bon. Balade dans les marchés environnants, notamment le marché aux sorcières ou les petites vieilles vendent poudres de chance, elixirs d'amour, crapauds séchés et foetus de lama. Je demande a l'une d'elle si par hasard elle aurait pas un truc contre la chute des cheveux: "Un bon coiffeur" me dit elle! Amusé, je suis à 2 doigts de lui casser sa petite gueule ridée de Bolivienne de m...

Lendemain, nous nous baladons sur les hauteurs de La Paz. C'est une ville surprenante, grouillante de marchés et de vendeurs ambulants de toute sorte de merdasses. Construite au fond d'une faille de l'altiplano, elle bénéficie des sources d'eau qui ravinnent des collines mais patie sévèrement de la pollution stagnante qu'elle dégage. Voitures, taxis, bus et combis se faufilent dans un bordel indescriptible. Priorité au plus culotté, on se demande comment il n'y a pas plus de tôle froissée. Tout en première pour grimper les côtes, épaisse fumée bleue issus de pots épuisés, on s'en prend plein les narines. Je te claxonne pour t'avertir que je double, pour t'appeler, pour te saluer, pour t'insulter, il faut un Doctorat en claxofonie pour ne pas commettre d'impair.

Au hasard d'un coin de rue, nous tombons sur une place ou se sont réunis le tout indigène de La Paz et des environs... Nous apprenons qu'Evo Morales doit s'exprimer ce soir dans un de ses derniers discours de campagne avant le référendum. On ne peux pas louper ca!
De retour sur la place le soir même, nous nous mélons à la foule compacte, tous partisants du "SI" et bien décidés a plébisciter leur héro de président. En fait, 70% de La Paz est a priori partisant de la nouvelle constitution. C'est plus tendu dans les provinces riches de Santa Cruz.

Je vais maintenant parler 2 secondes de la constitution Bolivienne. Pour ceux qui n'en ont rien a foutre, circulez, merci de retourner à vos tableaux Excel ou slides Powerpoints.

Evo Morales, après 3 ans au gouvernement et une lutte acharnée contre l'analphabétisme (14% en 2001), a fait de cette nouvelle constitution son bébé et cheval de bataille pour défendre les intérêts des indigènes. A priori un grand pas en avant pour ces peuples laissés de côté par les quelques 400 ans d'autocraties successives.

En résumé et entre autres:
- Attribution de droits et des statuts particuliers à 36 nations indigènes exclues depuis toujours
- Taille maximale pour les propriétés agricoles (Pas plus de 5000 hectares).
- Pour un meilleur contrôle, le gouvernement nationalise la plupart des ressources énergétiques
- Séparation de l'État et de l'Église catholique, en éliminant tout statut particulier pour toute religion
- Pas de reconnaissances des homosexuels
- Pas de droit a l'avortement
- Reconnaissance de la feuille de Coca comme un patrimoine national.

Voila, c'était la page politique pour ne pas mourrir trop con, que nous allons vite refermer parce qu'il y a plus drôle.

Je quitte donc mes 3 compères ephémères (yo!) et choppe un bus de nuit pour Sucre. 12 heures de bonheur insomniaque...



Messages à caractères personnels :

- ERRATUM : Un de nos érudits lecteurs nous a fait, lors du dernier numéro, une remarque forte a propos sur laquelle notre rédaction se devait d'apporter toute la lumière: Après de plus amples recherches, il s'avère que, oui, Esteban, Zia et Tao ont bien commencé leurs aventures aux pays Incas et s'envolent ensuite vers le Mexique et les Mayas grâce au Grand Condor piloté de main de velour par Esteban. La rédaction tient cependant a émettre toutes ses réserves quand à la véracité chronologique de certains faits, notamment quand a la présence des Olmèques (disparus en 700 av JC) en contemporains des Mayas... Elle remercie cependant son lecteur fidèle pour sa sagacité et pour avoir pris afin d'éclairer nos esprits confus un peu de son temps ô combien précieux.

- Môsieur Pinpin, quant au style de mes écris: J'ai pensée qu'une petite envolée lyrique ne faisait jamais de mal... En parfait limier du verbe français, vous avez du reconnaître une "énallage"; figure de style qui consiste à employer une forme autre que celle qu’on attendait. Il peut d'ailleurs s’agir d’un échange de mode, de temps ou d’un genre à la faveur d’un autre.
Mais j'ai bien senti à votre ton un poil taquin que pour satisfaire votre récréation j'aurais du me cantonner au lexique Caca-Prout qui semble mieux correspondre a votre niveau de lecture quotidien. Il est vrai que dans l'Equipe on fait rarement dans le Bau-delaire. :)
Bises mon grand. J'étais mort de rire à la lecture de tes commentaires.

vendredi 16 janvier 2009

Mannnnchu Picchu !




Dimanche 11/01 - Jeudi 15/01

Bus de nuit pour Cusco. Je dors mal. Arrivé a 6h a l'auberge de jeunesse, j'ai reservé une place en dortoir. J'aurai du choisir une option un peu plus luxe après une nuit dans le bus : ca caille dans la chambre et j'apprends que cette auberge est réputée pour ses "fiestas de folie". Moyen moyen pour préparer le trek du lendemain.
Je me balade dans Cusco ou il fait considèrablement frisquet.

J'ai reservé mon trek sur l "Inka Trail" un peu a l'arrache et a l'aveugle sur Internet. Ce trek mythique de 4 jours n'est en effet pas accessible a tout péquenot qui débarque a Cusco avec ses Patogas, sa b... et son couteau Suisse. Le parc national doit donner son autorisation en fonction de quotas serrés. Il est donc nécessaire de réserver en général 3 mois a l'avance. Janvier étant la saison basse (saison des pluies) j'ai pu m'en tirer pas trop mal et trouver une place 1 mois avant a distance depuis les Galapagos.
Après échanges de mails, l'un des guides vient me faire un briefing a l'auberge de jeunesse: Prévoir 3 T-shirts manche longue, polaires, bonnet, poncho imperméable, pantalon K-way, protection anti-pluie pour les chaussures... Ok ok ok, c'est bon, j'ai compris qu'on allait se faire saucer!

Lendemain, 6h30, je découvre dans le bus qui vient me chercher les 22 autres randonneurs qui m'accompagnerons pour 4 jours : 2 anglois (pouah!), 2 espagnols, 2 estadounidos (pouah ôssi)... et tout le reste argentins! Moyenne d'age 25-30 ans... Je dois être l'ancêtre du groupe (première fois, ca fait drôle!)
Trajet en bus jusqu'au "Km 82": 2650m d'altitude, point de départ du trek.

Petit historique de l'inka trail : Il s'agit de l'un des quelques 4000 chemins empruntés quotidiennement par les messagers inkas pour porter les nouvelles aux 4 coins de l'empire qui s'étendait du Nord de Quito (Equateur) au sud de Santiago de Chile (Chili) et couvrait toute la Bolivie. J'en vois a qui ca ne ferai pas de mal de revoir un peu leur géographie d'amerique du sud mmm?!
Spécifique car secret, l'Inka trail reliait Cusco, la capitale de l'empire Inka au Machu Picchu, site de villégiature des prêtres et nobles de l'époque. C'est son caractère secret qui a protégé le site de Machu Picchu de la destruction par le méchant conquistador Pizzaro... (et Esteban, Zia et Tao dans tout ca me direz vous?... Et ben les Cités d'Or c'est le Mexique et les Mayas. Tout est a refaire. Je suis désespéré...)

En terme de parcours : 15 a 20 heures de marche sur 3 jours avant de rejoindre les ruines le 4ème jour, 40 km a parcourir, 5000m de dénivelé (2200m positifs), 3 cols a 4250m, 3950m et 3700m. Record du trajet : 3h20 par un porteur lors d'une course en 2001. L'un de nos guides nous dira à la fin qu'il était second... Respect quand on voit le trajet, la tronche des dénivelés et les marches qu'il faut parfois escalader...

Premier jour, nous apprenons a nous connaitre. Toujours une étude sociologique en soit. L'ambiance est bonne car les argentins font honneur à leur réputation de bons vivants, joviaux, bruyants et bordéliques (leurs influences Italiennes certainememt). Nous marchons 5 heures sous quelques averses mais arrivons au 1er campement secs. Comme dans toute bonne montagne qui se respecte, le temps est changeant et il faut pouvoir sortir son poncho, mettre ou retirer sa polaire a tout moment. L'eau est la denrée la plus importante et nous apprendrons à la gérer au gré des vendeuses péruviennes qui ont bien comprit le filon et vendent des bouteilles et autres barres energétiques tout le long du parcours (ca veux dire qu'elles doivent se les coltiner elles aussi jusqu'en haut!).

Nous découvrons nos tentes et notre quotidien de dîner pour les 3 jours a venir. Les porteurs (environ une vingtaine rien que pour notre groupe) sont arrivés depuis belle lurette, ont monté les tentes et dressé la table ou nous dinerons abrités sous une grande tente. Au menu ce soir, repas chaud avec soupe, poisson (frais!) et riz. Pas mal et chapeau au chef qui reussi a envoyer 30 assiettes pas trop froides en même temps a 2900m d'altitude sous une tente-cuisine...
Je suis maintenant copain avec les anglois (et oui, j'ai changé...), Simon et Kyla qui ne panent pas un mot d'espagnol et a qui je sers parfois d'interprète. Simon a joué et aime le rugby alors ca aide. Son frère joue cette année dans l'équipe d'angleterre... Malgré notre amitié naissante, je ne lui cache pas que je risque de sportivement et courageusement l'insulter en février prochain via le petit écran lors du tournoi des 6 nations... Faut pas pousser quand même.

Nous nous couchons tôt sous un ciel étoilé comme jamais...

Deuxième jour. Levé 5h pour la journée la plus difficile du trek. 1300m de dénivelé positif d'une traite. Il fait beau dans les premières heures, nous avons de la chance et chacun marche a son propre rythme... Dans les 200 derniers mètres de dénivelé, je ressens manifestement le manque d'oxygène. Chaque pas est poussif, plus court, moins ambitieux...
Tout ancètre que je sois, j'arrive cependant dans les premiers au sommet a 4200m avec mon petit rythme pépère mais régulier.
Les porteurs nous dépassent comme des locos : en sandalettes, ils portent des charges de + de 20 kilos, bombonnes de gaz, tentes, tabourets, bouffe...

La pluie/grèle commence a tomber au sommet et nous devons redescendre sur des marches glissantes un peu casse-gueule. Arrivé au campement trempé malgré mon super-poncho rouge qui me fait ressembler a un M&M's géant, nous nous réchauffons au thé de coca avec les 2 espagnols en attendant les autres.
Sieste. Bouffe. Dodo.

Troisième jour: Levé 5h pour une journée pas aussi dure que la veille mais plus longue. 15 km de marche et 2 cols a passer. Le temps est mitigé. Nous nous arrètons sur plusieurs sites archéologiques ou nos guides nous expliquent l'histoire des lieux. L'ambiance est toujours au top et je discutte maintenant pas mal avec les argentins pourvu que j'arrive a déchiffrer leur accent... "chhhe" quand les espagnols font "yyye" et "vos" quand les espagnols font "tu"... Bref, ils font rien pour le tourisme.
Le soir, nous devons organiser la traditionnelle cérémonie de remerciement des porteurs. Collecte de pourboires au sein du groupe en espérant qu'ils puissent panser leurs courbatures et autres scolioses. Les porteurs se réunissent en cercle et nous les applaudissons hystériquement a l'appel de leurs noms. Gros gros respect.

Quatrième jour: Le tant attendu. 3h45, réveil pour départ a 4h30. Des étoiles dans le ciel. Cool, il va faire beau. Frontales sur la tête, nous nous dirigeons vers le point de contrôle qui doit nous donner accès a l'heure de marche pour arriver a la "Puerta del Sol", premier point de vue des ruines de haut. J'enrage car le point de contrôle n'ouvre qu'a 5 heures et nous allons louper le lever de soleil sur le site. Résultat, on courre presque sur le chemin.
Après de derniers escaliers assassins (humpf humpf!), enfin j'arrive en vue du Machu Picchu. REGAL. Le pastel des premiers rayons du soleil révèle la brume matinale et projette l'ombre des monts du premier plan sur leurs confrères au second plan... Je canarde avec mon copain Nikon.
Re-marche d'une heure pour arriver sur le site ou notre guide nous abbreuve de son savoir. Nous redescendons à la civilisation pour chopper notre train alors que les feignants de touristes arrivent en baskets et hauts talons en bus par grappe de 100 (Dédain).

Surprise! Pas de train aujourd'hui. C'est la grève. P... je suis en France là ou bien? Fourbus et sales, nous rêvions d'une douche chaude de retour a Cusco dans l'après midi. Bon, tranquile, on patiente en prenant l'apéro avec les quelques 1000 autres touristes qui attendent depuis 7h du mat. Pour finir on partira vers 10h du soir encastrés sur des bancs de bois comme les contorsionnistes de Pinder.

3h à Cusco. Je n'ai pas d'hotel et tout est complet. Et merde. Bon, allez, je m'envoie le Novotel. 3h30 dans un bain brulant. Raaaaa bonheur!


Vendredi 16/01 - Dimanche 18/01

Je passe 3 jours a Cusco a roupiller, visiter, roupiller et essayer de faire passer une Inca-crève que j'ai du chopper en haut.

Dimanche soir, en route pour la Bolivie!

mercredi 7 janvier 2009

Boaaa, c'est pas le Perou!... hé ben si.




Jeudi 01/01 - Lundi 05/01

Je débarque les yeux tous collés dans ma famille d'accueil de Quito (Thelma et Loreina) alors qu'ils sont en plein déjeuner de famille. Je suis un peu géné mais ils m'accueillent comme le fils prodige et me gavent de gateaux...

Je passe le mardi a régler tout un tas de merdouilles et de mails dans le centre de Quito avant de partir chopper mon avion le soir direction Lima, Perou.

Un nouveau coup de tampon sur mon passport et me voila au pays des Incas, des lamas et du Condor qui passe! C'est reparti pour un peu plus d'un mois itinérant entre Perou et Bolivie...

Je me fais arnaquer par un taxi a l'aeroport qui me prend une fortune et m'emmene dans un hotel de mierda... Au passage je crois mourrir 10 fois car ce con se prend pour la reincarnation d'Ayrton Senna: Pied au plancher, l'aiguille dans la boite a gants, les feux rouges c'est pour les touristes.

Lima n'a rien de bien sexy en soit. Une surprise cependant, c'est une ville côtière construite a partir de rien en plein milieu d'un désert aride comme la petite culotte de soeur Thérésa (Seigneur Jésus!). Je me balade pendant quelques jours et visite la ville avec certains volontaires des Galapagos que je croise par hasard. Je retrouve aussi Bérengère, une amie d'amis qui est devenue mon amie (ouais, elle a confirmé sur fessebouc alors donc ca vaux). Elle est volontaire a Lima pour 10 mois afin d'aider les enfants de la rue : drogue, prostitution... Je suis admiratif car il a plus rigolo, en guise d'apéro, que d'aller rencontrer tous les soirs des gamins shootés a la colle dans des quartiers super craignos.


Mardi 06/01 - Mercredi 07/01

Une américaine que j'ai croisé m'as conseillé d'aller faire un tour a Huacachina, une petite oasis au milieu d'un désert de dunes, a 5h de bus au sud de la capitale.
Non mécontent de quitter la ville, j'arrive donc avec peine a Huacachina : 3 heures de retard bicoz mon bus tombe en rade au milieu du chemin. Le chauffeur, tétu et sans doute doublé de très con, envoie des grands coups d'accélerateurs a vide qui finissent donc, gagné, d'achever le pauvre engin dans une fumée épaisse. Un volvo pourtant! Tout fout le camp mon pôv' monsieur... avec cette crise... Un autre bus viendra nous chercher. Ca gueule un peu, moi je m'en fout, je suis en vacances... Zen qu'il est vot' Matt!

Je me réveille entouré de dunes de sables, au bord d'un petit lac et de ses palmiers. Je me crois en plein Maroc, dans les paysages de "Cent mille dollars au soleil".
"Dans les endroits déserts, il faut mieux toujours être aimable, Plouc. Ca coûte rien, et ça économise des cartouches."

Je rencontre Carlos, l'amour de ma vie que vous pourrez découvrir sur mes photos. Passablement bourré a 10h du mat, Carlos sort telle une naiade du lac et viens échouer son corps de rêve sur mes tongs alors que je ronque pépère a l'ombre. Le sable qui colle a son joli slip de bain apporte une touche furieusement érotique à son déhanchement éthylique ô déjà combien irrésistible... Forcément, le jeu de séduction opère immédiatement et nous engageons un dialogue riche d'une profondeur philosophique peu égalée depuis le Discours sur la Méthode.
"Soy Carlos, quieres una ceervezzzza?" "euh.. No gracias Carlos". Puissant.
Ensuite, il insiste pour que je prenne une photo de lui, ce que je m'empresse de faire avant d'aller faire fondre mes tongues ailleurs.

L'après midi, remis de mes émotions romantiques, j'embarque avec une 10aine d'autres personnes à bord d'un de ces buggy des sables pour faire un tour sur les dunes. Le puissant bolide pétaradant nous permet de franchir a fond les dunes façon Paris-Dakkar. Génial!.. Au dépis de se faire escouiller par le harnais de sécurité pas vraiment adapté a l'anatonie masculine, les sensations sont dignes des meilleures montagnes russes dans des paysages magnifiques.
Nous nous arrêtons en route pour nous essayer au "SandBoard", sorte de surf sur sable. D'abord petites, nous glissons ensuite, sur des dunes impressionnantes de plusieurs dizaines de mètres. Vous observerez dans la photo ci-jointe la grâce et l'élégance palpable et naturelle qui émane de mon style indéfinissable
Les sensations de vitesse sont encore plus pures la tête la première...

Allez hop! Je vide les 2 sacs de sable de mes poches et je filoche le soir même pour chopper un bus de nuit qui m'emmènera à Arequipa dans 12 heures.


Jeudi 08/01 - Vendredi 09/01

Pas bien dormi dans le bus. Je suis a Arequipa a 8h. Je n'ai pas trop de temps a perdre si je veux voir tout ce que je veux car j'ai réservé mon trek au Machu Picchu a compter du 12 janvier. Timing serré.
Je discutte avec un taxi qui va m'aider a trouver directement un moyen d'aller voir voler les Condors au fond du Cañon del Colca.
A 8h30, je suis donc avec 23 autres péquins a bord d'un mini bus direction le Cañon pour 2 jours de tour guidé.

Je me rends très vite compte que je me suis embarqué dans un de ces tours "Chrono-photo-pipi" quand le guide nous annonce le programme avec horaires de chaque pause, de chaque arrêt photo et de chaque endroit ou nous aurons le chance de pouvoir acheter des merdasses... Pas grave, mon but est d'aller observer les Condors et je ne serai pas déçu...

Nous observons donc pendant 2 jours le programme serré de César, notre guide au demeurant très intéressant. Paysages de dingue indescriptibles. Z'avez qu'à venir.

Le mal d'altitude se fait sentir chez plusieurs de mes copains touristes. Nous oscillons en effet entre 3500m et 4900m d'altitude. Un combiné de vomissements, cacamous et mal de tête pour réjouissances... Moi ca va, je crois que mon corps (beau et athlétique) se souvient de mon passage a Quito. En plus, je machouille des feuilles de Coca ou des bonbons issus de ces mêmes feuilles. Ca vaux pas une tartine de Bordeaux-Chesnel mais ca aide plus.

Clou des 2 jours, nous rejoignons l'impressionnant Cañon (le plus profond du monde avec 3400 m - vindiousse!) et, sous un soleil de plomb, attendons la parade des Condors qui profitent des thermiques pour planer a flanc de montagne... Bon, ca reste des piafs, mais avec leur 3.5m d'envergure ca fait dròle quand ils vous survolent la tonsure...

Retour et visite d'Arequipa avant de partir pour Cusco et le Machu Picchu! hophop!


Messages a caractère personnels :
- Mon Raisin! J'ai bien reçu les voeux de D2zizi. M'est avis qu'il va y avoir du nettoyage pas très socio-responsable dans les mois qui viennent au sein des boites françaises... Tu crois vraiment qu'il faut revenir? J'ai entendu dire que t'avais fait un festin délicieux pour le 1er de l'an. Je suis libre le 16 avril si tu veux remettre ca...

vendredi 2 janvier 2009

Año nuevo con tiburones...



Lundi 28/12 - Mercredi 30/12

Je pars tôt Lundi matin par le bateau-relais qui pars 2 fois par semaine pour rejoindre l'Ile de Santa Cruz, à 2 heures de tape-cul.

Je prends mes quartiers dans un petit hotel pas trop cher que j'ai pré-reservé. Globalement, la vie est chère sur les iles Galapagos. Le touriste est la vache a lait de l'archipel et le rendement est bon...

Je me mets immédiatement en quête d'un centre de plongée car je ne veux pas quitter les Galapagos sans avoir vu l'une des figures emblématiques des Galapagos: le fameux requin-marteau. Après avoir parlé avec plusieurs dive-masters, j'opte pour un centre qui m'a l'air professionnel. Je ne peux plonger Mercredi car je prend mon vol pour Quito Jeudi matin et il est obligatoire de respecter un délai de minimum 18 heures entre un vol et une plongée afin de ne pas avoir de variation subite de pression et des bulles d'air dans le sang. Nous irons demain sur un lieu mythique pour les plongeurs : Gordon Rock.

Mardi 30 décembre, rendez vous au club de plongée ou je rencontre 1 italien, 2 italiennes, et un francais qui espèrent aussi avoir la chance de voir le monstre sous-marin. Le Français a d'ailleurs déja plongé 2 fois sur ce même site sans voir l'ombre d'un requin par manque de visibilité. Mince.

Briefing des conditions de plongée puis c'est le grand plongeon. Les premières minutes sont animées, un fort courant nous balade et une otarie s'amuse a nous grignotter les bras, jambes et le masque, ce qui est moins rigolo sous l'eau...
Ca fait 20 minutes environ que nous sommes sous l'eau. Des tortues fendent des rideaux de poissons argents, la visibilité est bonne aujourd´hui et le soleil illumine le grand bleu de faisceaux divins.
Et puis soudain le guide cogne sur sa bouteille avec son mousqueton afin que tout le monde entende et rapplique... ting ting ting ting... Nous regardons, tout se passe par signe et nous devons connaitre les basiques : 2 poids sur la tête... c'est un requin marteau! Je palme comme un malade pour le rattraper.
D'abord une ombre lointaine, puis une masse grise argentée, puis j'appercois l'aileron, le museau applatit et les yeux aux extremités... et puis un deuxième, et puis 10,... puis d'autres plus proches encore... WOUAW...
Même pas peur. Ces mammifères sont tellement beau et élégant que j'oublie qu'une seule de ces sardines pourrait, d'un coup de machoire, m'embarquer le bras en guise de choco BN.

2ème plongée un peu plus loin après avoir changé de bouteille...
Là, c'est Marineland.
A 360º : une tortue géante s'envole tranquile tandis qu'une ecole de raies aigles en poursuit une autre de raies mantas... Un requin a pointe blanche traverse un banc de barracudas... Et puis revoila les marteaux qui nous observent alors qu'au loin, en surface, les otaries chahutent...
Le plus beau jour de ma vie depuis le Noel ou j'ai recu le bateau-pirate Playmobil.

Je reviens au port avec une banane énorme et je m'envoie avec les Italiens un thon cuit sur pierre de lave a se taper le fondement par terre.


31 décembre 2008
Debout cool. Il fait super beau. rraaa le pied! Je vais a Tortuga Bay, une plage de sable blanc blanc a 1h de marche ou les iguanes viennent vous grignotter les cors de pied pendant que vous faites bronzette...

Le soir, je retrouve des costa-ricains et une journaliste tasmanienne que j'ai rencontré la veille avec qui je célebrerai le nouvel an.
La tradition en Equateur pour célébrer convenablement le nouvel an est d'abord d'enterrer l'année passée : A cet effet, chaque famille doit construire des sortes de marionnettes grandeur nature faites de papier maché représentant les effigies des personnages marquants de l'année passée. En général satiriques, il peut s'agir de personnages politiques mais aussi de héros de films, de journalistes célèbres ou de quidams.
Cette ambiance "papier maché et marionnette" mes rappelle le Mardi Gras de la Nouvelle Orléans.

A minuit, après un très beau feux d'artifice (élections municipales en 2009), on brule joyeusement dans de la rue toutes les marionnettes et on doit avaler 12 raisins puis rouler une grosse galoche a la patronne du bar. Je soupconne cette dernière tradition d'être endémique du bistrot dans lequel je me trouve, mais tout ce qui est endémique etant sacré aux Galapagos, je dois m'y résoudre...

Houla il est tard, je prends mon avion dans 5 heures pour revenir a Quito...


Message a caractère informatif:
- Bonne année les cocos. Que du bonheur a tous mes lecteurs favoris.