vendredi 23 janvier 2009

Un Titicaca et hop à la Paz!




Lundi 19/01 - mardi 20/01

Trajet de nuit en bus depuis Cusco. 10 heures. Traversée du poste-frontière Bolivien. Tampon. Mini-bus jusqu'à "Copacabana", Bolivie, rien a voir avec son homonyme brésilienne puisqu'au bord du Lac Titicaca. Donc pas de string ficelle a 4000m d'altitude (dam!).

Je choppe un hotel pas mal. La vie n'est pas chère en Bolivie, je paye 6 Euros pour l'équivalent d'un 2 étoiles français (Eau chaude 24/24, toilettes privées). A la réception, je rencontre 3 francais (les premiers depuis mon départ!): Claire, Seb et Blaise avec qui je partagerai les quelques jours qui suivent.

Copacabana est une ville bien roots avec son lot de cheveux gras, dreadlocks et barbes de 15 jours qui vendent sur le trottoir le fruit de leur art. Les échoppes boliviennes quand a elles, bigarrées de ponchos, écharpes et autres tissus artisanaux se disputent aussi les portefeuilles des passants...
On n'échappe pas a Bob ou Manu Chao dans chaque resto ou bistrot.

Je pars le lendemain avec Blaise pour l'Isla del Sol, île mythique située au milieu du Lac Titicaca ou serait né le soleil d'après les Incas. Ca tombe bien, il pleut des cordes quand on embarque dans cette sorte de boatpeople trainé poussivement par un moteur 75CV... 2h de trajet houleux et gerbique et nous arrivons enfin au nord de l'Ile. Le soleil nous y attend, ca marche!

Grimpette sur l'ile montagneuse sous le cagnard après s'être repus d'un burger vendu sur le trottoir. Je surprendrais à la dernière bouchée la gentille vendeuse rattraper un des steaks a même le sol et le recoller ni vu ni connu sur le grill. Ah c'était ca le petit goût...
Les points de vue sur l'ile sont partout. Le Lac Titicaca est une vrai mer intérieure dans laquelle viennent se refléter les gros cumulus blancs d'altitude. Très photogénique.
Sur la route,nous échangeons avec Blaise nos adresses de restos parisiens. Incorrigibles français à toujours parler bouffe, je suis satisfait de croiser quelqu'un qui, comme moi, pense que la Mozzarella et le Toffu sont a la gastronomie ce qu'Arielle Dombasle est au cinema: Ca sert à rien. Révoltez vous, amoureux du lait de Bufflonne et emmenez moi pour voir dans un resto qui me fera changer d'avis!

Sur le trajet du retour, le pilote du boatpeople nous propose d'aller a TitiHurta, des îles flottantes faites de paille sur lesquelles vivent encore quelques indigènes. En guise d'île flottante, nous découvrons Disneyland: "Welcome to Titi-Hurta". Il faut payer 5 Bol pour fouler du pied une pauvre ile où les gamins déguisés posent pour la photo moyennant pourboire. C'te blague. Nous demandons au pilote de gentiment s'asseoir sur ses 5 Bols et de nous ramener au port.
Resto et pinard (ca faisait longtemps!) avec les francais... La spécialité ici est la "Trucha", truite du Lac. Un délice.

Seb, Claire et Blaise qui ont déjà passé quelques semaines en Bolivie m'informent qu'il ne vaux mieux pas trop trainer dans les grandes villes Boliviennes bicoz Evo Morales a lancé un référendum pour faire valider sa nouvelle constitution. Le vote a lieu le dimanche 25/01 et ca pourrait être un peu chaud car les "riches" sont farouchement opposés au texte qui est clairement a l'avantage des Indigènes (qui représentent au passage quand mème 70% de la population). Je vous en dirai un peu plus plus tard si vous êtes gentils.
Je dois donc m'organiser pour éviter La Paz dimanche 25. J'irai donc jeudi et vendredi puis je partirai a Sucre qui devrait être plus calme. Ca tombe bien, les français partent eux aussi pour La Paz mercredi avant de repartir vers l'argentine.


Mercredi 21/01 - Vendredi 23/01

4h de bus pour La Paz. Le premier hotel est le bon. Balade dans les marchés environnants, notamment le marché aux sorcières ou les petites vieilles vendent poudres de chance, elixirs d'amour, crapauds séchés et foetus de lama. Je demande a l'une d'elle si par hasard elle aurait pas un truc contre la chute des cheveux: "Un bon coiffeur" me dit elle! Amusé, je suis à 2 doigts de lui casser sa petite gueule ridée de Bolivienne de m...

Lendemain, nous nous baladons sur les hauteurs de La Paz. C'est une ville surprenante, grouillante de marchés et de vendeurs ambulants de toute sorte de merdasses. Construite au fond d'une faille de l'altiplano, elle bénéficie des sources d'eau qui ravinnent des collines mais patie sévèrement de la pollution stagnante qu'elle dégage. Voitures, taxis, bus et combis se faufilent dans un bordel indescriptible. Priorité au plus culotté, on se demande comment il n'y a pas plus de tôle froissée. Tout en première pour grimper les côtes, épaisse fumée bleue issus de pots épuisés, on s'en prend plein les narines. Je te claxonne pour t'avertir que je double, pour t'appeler, pour te saluer, pour t'insulter, il faut un Doctorat en claxofonie pour ne pas commettre d'impair.

Au hasard d'un coin de rue, nous tombons sur une place ou se sont réunis le tout indigène de La Paz et des environs... Nous apprenons qu'Evo Morales doit s'exprimer ce soir dans un de ses derniers discours de campagne avant le référendum. On ne peux pas louper ca!
De retour sur la place le soir même, nous nous mélons à la foule compacte, tous partisants du "SI" et bien décidés a plébisciter leur héro de président. En fait, 70% de La Paz est a priori partisant de la nouvelle constitution. C'est plus tendu dans les provinces riches de Santa Cruz.

Je vais maintenant parler 2 secondes de la constitution Bolivienne. Pour ceux qui n'en ont rien a foutre, circulez, merci de retourner à vos tableaux Excel ou slides Powerpoints.

Evo Morales, après 3 ans au gouvernement et une lutte acharnée contre l'analphabétisme (14% en 2001), a fait de cette nouvelle constitution son bébé et cheval de bataille pour défendre les intérêts des indigènes. A priori un grand pas en avant pour ces peuples laissés de côté par les quelques 400 ans d'autocraties successives.

En résumé et entre autres:
- Attribution de droits et des statuts particuliers à 36 nations indigènes exclues depuis toujours
- Taille maximale pour les propriétés agricoles (Pas plus de 5000 hectares).
- Pour un meilleur contrôle, le gouvernement nationalise la plupart des ressources énergétiques
- Séparation de l'État et de l'Église catholique, en éliminant tout statut particulier pour toute religion
- Pas de reconnaissances des homosexuels
- Pas de droit a l'avortement
- Reconnaissance de la feuille de Coca comme un patrimoine national.

Voila, c'était la page politique pour ne pas mourrir trop con, que nous allons vite refermer parce qu'il y a plus drôle.

Je quitte donc mes 3 compères ephémères (yo!) et choppe un bus de nuit pour Sucre. 12 heures de bonheur insomniaque...



Messages à caractères personnels :

- ERRATUM : Un de nos érudits lecteurs nous a fait, lors du dernier numéro, une remarque forte a propos sur laquelle notre rédaction se devait d'apporter toute la lumière: Après de plus amples recherches, il s'avère que, oui, Esteban, Zia et Tao ont bien commencé leurs aventures aux pays Incas et s'envolent ensuite vers le Mexique et les Mayas grâce au Grand Condor piloté de main de velour par Esteban. La rédaction tient cependant a émettre toutes ses réserves quand à la véracité chronologique de certains faits, notamment quand a la présence des Olmèques (disparus en 700 av JC) en contemporains des Mayas... Elle remercie cependant son lecteur fidèle pour sa sagacité et pour avoir pris afin d'éclairer nos esprits confus un peu de son temps ô combien précieux.

- Môsieur Pinpin, quant au style de mes écris: J'ai pensée qu'une petite envolée lyrique ne faisait jamais de mal... En parfait limier du verbe français, vous avez du reconnaître une "énallage"; figure de style qui consiste à employer une forme autre que celle qu’on attendait. Il peut d'ailleurs s’agir d’un échange de mode, de temps ou d’un genre à la faveur d’un autre.
Mais j'ai bien senti à votre ton un poil taquin que pour satisfaire votre récréation j'aurais du me cantonner au lexique Caca-Prout qui semble mieux correspondre a votre niveau de lecture quotidien. Il est vrai que dans l'Equipe on fait rarement dans le Bau-delaire. :)
Bises mon grand. J'étais mort de rire à la lecture de tes commentaires.

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